Un char neuf c’est pour les pauvres

À la lecture du titre, je vois déjà certains gars se préparer à se foutre de ma gueule devant une telle affirmation éhontée. Il faut vraiment détester les voitures pour affirmer une telle chose et il faut vraiment manquer de testostérone… Grrrr…

Je vais l’avouer dès le départ, je ne suis pas le genre de gars qui aime les moteurs. Je suis plutôt du genre plate qui pense que son auto lui sert à l’amener du point A au point B. Il faut dire aussi que je fais plus de 65 000 kilomètres par année pour rencontrer mes clients partout en province. J’aime rouler, mais je suis aussi conscient que le chiffre 100 écrit sur les panneaux de l’autoroute vient enlever beaucoup de plaisir à la conduite.

Mais lâchons un peu mes préférences personnelles. Le but de cet article est de vous amener à réfléchir sur une décision financière trop souvent prise sur le coup de l’émotion, surtout au printemps. Les filles sortent leur jupe, les gars leurs chiffons pour faire reluire la voiture. Après 3 ou 4 printemps, bon nombre d’entre nous commencent à rêver à leur prochaine conquête (je parle de l’auto en passant). Quand on a un bon salaire, stable, on veut se payer une voiture neuve. Après tout, on est riche à 30 ans.

Équipe

Pour plusieurs, la définition de la richesse est basée sur le revenu ou les actifs. De mon côté, je la base plutôt sur le comportement. En fait, ma définition de la richesse est la suivante : « Peu importe le revenu, tant qu’une personne dépense moins d’argent qu’elle n’en gagne de façon récurrente, elle peut se considérer riche ». Cette définition fait en sorte que je connais des médecins pauvres et des coiffeuses riches! C’est probablement pour cela que je l’aime.

Dans ce contexte, je suis persuadé que bons nombres d’acheteurs de voitures neuves peuvent être qualifiés de pauvres et que bons nombres d’acheteurs de voitures usagées peuvent être qualifiés de riches. Je sais, je lance ça sans preuve, en toute généralité et vous me direz que je juge sans connaître la situation particulière de chacun de ces gens. C’est vrai, mais si je ne généralisais pas, vous ne liriez pas cet article, alors, avouez que vous aimez ça.

Mon point est le suivant. À mon avis, on acquiert plus rapidement le statut de riche de la société en achetant plusieurs voitures usagées avant de finalement se gâter pour en acheter une neuve… cash!

Prenons l’exemple de ma Toyota Camry 2010. Je vous avais dit que je ne suis pas un gars de moteurs, pas obligé de me le dire qu’une Toyota c’est beige et plate à conduire, je le sais. Par contre, c’est généralement bien classé en termes de coût d’entretien et d’assurance… oups, vous ne regardez pas ça, avouez!

Bref, le premier acheteur de la Camry a probablement payé, tout compris environ 33 000$. Il l’a revendu en 2014 au concessionnaire pour peut-être 13 000$. Je dis ça à peu près, car j’ai payé, taxes comprises 16 500$. Elle avait 60 000 km au compteur. Vous serez d’accord avec moi que la dépense par kilomètre du premier propriétaire a été de 0.33$ du kilomètre?

De mon côté, j’ai payé 16 500$ et elle roule encore. Je pense qu’elle va rouler encore au moins une autre année au même rythme sans réparation mécanique (bon, j’ai froissé légèrement le « bumper » arrière et je devrai le remplacer). Je vais la changer probablement l’an prochain. Si je voulais prendre une décision strictement financière, je la garderais deux à trois ans encore. Mais j’ai le goût de passer à un autre niveau l’an prochain… dans l’usagé, une fois de plus. Pour simplifier l’exercice, disons que je l’amène sur le tas de roches à la fin de l’année. Elle sera alors à 260 000 km. Cela m’aura donc coûté 0.08$ du kilomètre pour rouler ma voiture. C’est 4 fois moins que le premier acheteur.

Ah, mais vous me direz que l’auto neuve était financée à 0%! C’est ça, imaginez, on vous charge 2.5% pour votre maison alors que le banquier a le droit de la saisir, mais on vous charge 0% pour votre automobile qui se déprécie à vitesse grand V. Ne soyez pas si naïfs.

Bref, vous pouvez tirer les conclusions que vous voulez de cet article, mais j’aime dire cette affirmation et je vais continuer à la dire. Un jour, je vais m’en acheter une neuve, avec de l’argent cash et ce sera parce que je serai rendu là dans ma vie. Pas parce que le banquier me dit que je peux me permettre le paiement. Je le sais que j’ai les moyens de me mettre une corde au cou moi aussi.

N.B. Ce texte a d’abord été publié sur le blogue de VotreConseiller.net

Ian Sénéchal, président de VotreConseiller.net

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