Un don pour soi

« Je, me, moi, on sait bien, les gens de droite ne pensent qu’à eux, ils sont individualistes. » Voilà une phrase que l’on entend souvent de la part de nos bien-pensants. Ces gens qui placent d’abord la collectivité au centre de toutes leurs idées politiques, souvent de manière bien hypocrite. Quand on s’imagine cette phrase dans le bouche d’un conscientisé, on le voit répéter son mantra avec un goût d’égouts dans la gueule.

À force de laisser toute la place et les micros aux grands compatissants, il est devenu acquis dans la société qu’un être individualiste devrait avoir honte de son manque de générosité, d’ouverture aux autres et d’humanisme.

Pourtant, générosité peut facilement rimer avec individualisme. Un don en temps ou argent fait d’abord pour soi-même peut mener à une société meilleure. Lorsque l’on donne, si l’objectif principal est de satisfaire son désir intérieur de faire du bien, de se sentir bien ou encore tout simplement d’accomplir quelque chose de constructif, le don sera bénéfique. En effet, en recherchant son propre bonheur par le don, l’individu prendra le temps de choisir sa cause, de suivre le « rendement » de son action et de répéter l’expérience s’il obtient les résultats espérés.

Ce n’est que par l’individualisme que l’on optimise l’efficacité d’un don. C’est parce que l’on souhaite maximiser l’effet sur nous-mêmes que nous investissons ce temps ou cet argent. Un don de 2$ dans un chapeau lors d’une guignolée médiatisée pour ne pas ressentir de honte n’aura jamais le même impact sur vous-mêmes qu’un vrai don, d’un montant plus significatif, à une cause qui vous tient vraiment à cœur.

L’individualisme, c’est la recherche de son propre bonheur d’abord. Tout être normalement constitué et qui a reçu une bonne éducation et un bon système de valeurs voudra naturellement avoir un impact positif sur sa famille, son entourage ou sa communauté proche une fois son propre bonheur établi et atteint.

Évidemment, une personne qui a des ressources temporelles ou financières plus limitées recherchera d’abord à subvenir à ses propres besoins et à ceux de sa famille. C’est plus que normal. Une personne qui ne pense qu’aux autres sans jamais penser à elle-même vivra un épuisement. Il est inconcevable qu’une personne place la nation, la race humaine, voire même la planète avant le propre bien-être de sa famille.

Honnêtement, à l’approche des fêtes, je vous lance le défi suivant. Dites non à toutes les demandes anodines de financement que l’on vous fera à la sortie des magasins ou dans la rue. Vivez avec les quelques rares regards parfois condescendants que vous subirez. Gardez votre argent de poche pour vous. Maximiser le rendement de votre vraie donation que vous vous offrirez. Investissez dans la recherche de votre cause.

Si vous avez peu de ressources financières, tentez d’investir du temps dans un organisme qui vous tient à cœur. Si le temps est également rare, vous pourrez toujours faire un don de sang. Peu importe ce que vous ferez, cette année, faites les choses différemment. Faites-le pour vous. Soyez individualiste et fier de l’être. Maximiser votre propre bonheur. L’effort en vaudra la peine et vous répéterez automatiquement l’expérience l’an prochain.

Pour ma part, comme chaque année, c’est mon ami Alain Gaudet que je vais aider. C’est ce que je fais depuis plusieurs années. C’est ce qui me fait plaisir. Alain me rend fier. Je ne sais pas comment il fait, mais ce gars-là me fait du bien. Honnêtement, je l’adore. C’est pour ça que l’on a créé l’OSBL « Les p’tits Anges de l’Autonomie ». C’est un organisme créé pour lui, pour favoriser son maintien à domicile. On l’aide dans son maintien à domicile notamment en gérant les finances de l’organisme, les dons et les donateurs et surtout, les salaires des employés.

En effet, vous avez bien lu. Malgré son handicap, Alain est l’employeur le plus cool du Québec. Les p’tits Anges de l’Autonomie s’occupe maintenant de son personnel, ses anges. J’ai la chance de pouvoir donner mon temps et mon argent à cet organisme. Ça me donne le sentiment du devoir accompli. Ça me rend heureux et si ça peut l’aider par la bande… la société s’en portera mieux.

C’est trop facile de forcer la générosité par la taxation et la redistribution. L’effort, le don, la charité ou le dévouement sont des actions individuelles, individualistes et bénéfiques.