Le mythe de l’exploitation

« Un riche entrepreneur a construit sa richesse sur le dos de ses employés. »

« Le 1% est riche parce qu’il a exploité les pauvres »

Ces phrases, on les entend trop souvent. Que cachent-elles outre une démonstration d’ignorance de la part d’individus vertueux qui pensent tout savoir? Elles cachent un mépris profond du capitaliste, du riche, de l’Occidental. Ces expressions cachent une incompréhension de notre système d’incitatifs. Elles expriment un sentiment de honte d’individus qui ne sont plus capables de respecter la provenance de leur confort occidental. Ces idées reçues également cachent une ignorance de l’histoire de l’évolution de l’humain. Elles cachent une incapacité d’un être gâté par le luxe de réaliser le progrès réalisé au cours des dernières décennies.

LA CROISSANCE, POURQUOI?

L’entrepreneur s’enrichit grâce à la croissance. Son enrichissement est également directement lié aux risques qu’il a pris. Cet enrichissement potentiel est le cadeau nécessaire à motiver un entrepreneur à prendre des risques. Certains vont réussir, plusieurs vont échouer. Ce qui est important, c’est que l’entrepreneur puisse espérer réussir. Le mot important ici est « espérer ».

On dit souvent qu’une entreprise en démarrage est en mode survie pour les 3 premières années, que l’entrepreneur peut penser soutirer un revenu décent pour les années 4 à 6 et ensuite, il peut tirer profit de son entreprise et devenir riche, à divers niveaux, évidemment. C’est souvent une des raisons pourquoi certains pensent que tous les entrepreneurs sont riches. Ceux qui ont échoué ne sont plus considérés comme entrepreneur et sont redevenus salariés! De plus, si l’entrepreneur ne devenait jamais riche, personne n’oserait tenter le coup. À quoi bon subir la pression des décisions à prendre si vous ne faites pas plus d’argent que les employés de l’entreprise? Aussi bien être employé, non?

FAIRE BEAUCOUP DE CASH?

L’entrepreneur a-t-il besoin de faire beaucoup d’argent? Non. Veut-il faire beaucoup d’argent? Oui. Quelle est la différence entre les deux? La profitabilité de son entreprise est une mesure de performance, comme le pointage de votre jeu vidéo favori. L’entrepreneur ne veut pas faire plus d’argent parce qu’il en a besoin pour soutenir son rythme de vie. Il veut en faire plus pour démontrer que ses efforts rapportent, pour réinvestir dans l’entreprise, pour la développer, pour en faire encore plus. La croissance est au coeur même de sa motivation. Car il a une idée en tête, une vision, il veut aller au bout de cette idée, pour montrer qu’il est meilleur que son compétiteur.

En fait, l’entrepreneur est de nature compétitive. Quand il est motivé, il déborde d’énergie. Quand il canalise toute son énergie dans son entreprise, il la fait avancer rapidement. Pas parce qu’il fait plus d’heures que tout le monde, mais parce qu’il réfléchit constamment à améliorer les processus pour augmenter la performance de tous, la productivité, le rendement.

Wow, je viens de dire de bien vilains mots pour le commun des mortels. Productivité… wouach. Derrière ce mot se cache toute l’exploitation vue par la gauche idéologique. Dans la tête d’une certaine gauche, productivité signifie soutirer le plus de jus possible d’un citron. C’est normal, ils ont une vision statique de l’état des choses. Ils pensent qu’un employé peut donner une quantité de travail fixe, à un rythme fixe et que le seul moyen d’en soutirer plus de l’employé, c’est de le faire travailler plus. Ils ne voient pas qu’une technologie peut améliorer le rendement, un nouveau processus simplifié peut également améliorer le rendement. Pourtant c’est le bout qui détermine si un entrepreneur aura du succès ou non. Sa capacité à améliorer les processus de son entreprise est à la base de son succès. Il fait plus avec moins dans le but d’arracher des parts de marché, d’augmenter sa profitabilité pour éventuellement, réinvestir encore plus.

EXPLOITER SES EMPLOYÉS?

Quand un entrepreneur développe une PME, la profitabilité accrue n’est pas issue de l’exploitation des ressources humaines, au contraire. L’entrepreneur doit garder les employés motivés. C’est encore plus vrai quand l’entreprise est petite. Car si le rythme de l’entreprise est inconstant, s’il y a une fluctuation dans les commandes et que l’on compte peu d’employés, il y aura des périodes où les employés devront se dépasser pour répondre. Ils devront travailler à un rythme insoutenable à long terme. Ils le feront en sachant que c’est nécessaire et temporaire, que l’entreprise pourra assurer sa croissance, engager plus de ressources et baisser la tension dans le futur.

Le meilleur moyen de garder des employés motivés est de les payer au juste prix, les respecter, les écouter, leur offrir un milieu de travail plaisant, leur partager la vision de l’entreprise, les faire participer aux décisions, prendre leurs idées et les adopter si possible, les faire sentir importants pour l’entreprise, car ils le sont. Si ça, c’est de l’exploitation, va falloir revoir le Petit Robert les amis.

ACTIVITÉ CYCLIQUE

Le profit de l’entrepreneur ne vient pas d’une surfacturation. Si c’était le cas, un compétiteur baisserait ses prix pour arracher des parts de marché et il réussirait rapidement. Le profit, c’est généralement ce qu’il faut pour garder l’entrepreneur motivé et ce qui le contrôle, c’est la facilité pour la compétition d’entrer dans le marché. Car si c’est trop facile, tout le monde va se ruer pour copier le modèle. Les profits exagérés sont impossibles à soutenir sur de longues périodes de temps si la compétition est forte. C’est ce qui rend le milieu entrepreneurial cyclique également. Quand il  y a trop de compétition, les marges baissent, certains se démotivent et quittent. Jusqu’à ce que la compétition baisse, les marges augmentent et de nouveaux joueurs tentent leur coup. C’est une roue qui tourne.

Soyons honnêtes, je ne dis pas que tous les entrepreneurs sont corrects avec leurs employés, ne surchargent jamais un client ou ont tous des comportements éthiques incroyables.Ce que je dis par contre, c’est que les entrepreneurs à succès qui durent longtemps en business dans des marchés compétitifs (lire ici, non protégés par diverses règles gouvernementales) sont en général des éléments utiles à la société, des éléments positifs, de bons employeurs, de bonnes personnes, mais surtout, ce ne sont pas des exploiteurs!