Dimanche, août 31, 2025

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Radio-Canada : 1 400 cadres payés dans les six chiffres au cœur d’une bureaucratie tentaculaire

La Fédération canadienne des contribuables (FCC) vient de lever le voile sur la structure organisationnelle de Radio-Canada, révélant une bureaucratie tentaculaire où plus de 1 400 postes de direction génèrent des salaires à six chiffres. Les documents obtenus en vertu de la Loi sur l’accès à l’information dressent le portrait d’une organisation où les gestionnaires semblent superviser d’autres gestionnaires dans une chaîne hiérarchique qui défie l’entendement.

Voir aussi: Radio-Canada transforme ses primes controversées en hausses salariales records

Une armée de dirigeants grassement payés

L’analyse des 65 pages de documents révèle des chiffres qui donnent le vertige : 457 cadres et cadres exécutifs, 258 directeurs de tous niveaux, 783 producteurs et 86 producteurs exécutifs touchent tous des salaires dépassant 100 000 dollars annuellement. À cela s’ajoutent 130 conseillers, 81 analystes, 120 animateurs, 80 chefs de projet, 30 architectes principaux et 25 superviseurs, tous rémunérés au-delà du seuil des six chiffres.

« Les documents internes de Radio-Canada révèlent une machine bureaucratique obèse, saturée de cadres aux salaires faramineux », déplore Franco Terrazzano, directeur fédéral de la FCC. « Ce qu’il faut, c’est un allègement du fardeau fiscal, pas une armée de gestionnaires qui ne font que se superviser entre eux. »

L’explosion continue des salaires élevés

Cette structure hiérarchique déjà très lourde s’inscrit dans une trajectoire d’explosion des coûts salariaux. En 2024-2025, 1 831 employés de Radio-Canada touchaient un salaire dépassant 100 000 dollars, pour un coût total de 240 millions de dollars. Le salaire moyen de ces employés bien rémunérés s’établit à 131 060 dollars.

La progression est spectaculaire : en 2015-2016, seulement 438 employés gagnaient plus de 100 000 dollars, pour un coût total de 59,6 millions de dollars. Le nombre d’employés à six chiffres a donc bondi de 318% en moins de dix ans, et de 17% pour la seule année 2024-2025.

Une hiérarchie à géométrie variable

L’examen détaillé des titres de postes révèle une structure organisationnelle complexe où les niveaux hiérarchiques se multiplient de façon vertigineuse. On retrouve ainsi des « directeurs », des « directeurs principaux », des « directeurs exécutifs », mais aussi des « directeurs régionaux », des « directeurs nationaux » et même des « directeurs généraux ».

La catégorie des producteurs n’est pas en reste avec ses propres subdivisions : producteurs, producteurs techniques, producteurs principaux, producteurs exécutifs, sans oublier les « producteurs vidéo » et les « producteurs de mise en ligne ». Cette multiplication des échelons suggère une bureaucratie où les responsabilités se diluent dans un millefeuille administratif.

Fait troublant : pour plus de 200 employés, Radio-Canada a censuré le titre de poste dans les documents fournis, soulevant des questions sur la transparence de l’organisation publique.

Des hausses salariales qui compensent largement les primes abolies

Parallèlement à cette révélation structurelle, les données confirment l’ampleur des hausses salariales accordées en 2024-2025. Radio-Canada a distribué un montant record de 37,7 millions de dollars en augmentations salariales, soit plus du triple des 11,5 millions accordés en 2023-2024.

Ces hausses touchent 6 295 employés, représentant 87% de la main-d’œuvre totale de 7 211 employés. La société d’État justifie ces augmentations par la renégociation de toutes ses conventions collectives en 2024, alors qu’environ 81% de sa main-d’œuvre est syndiquée.

L’aberration des primes transformées

Cette explosion salariale survient après l’abolition controversée des primes de performance. Radio-Canada avait annoncé le 14 mai 2025 : « Le conseil d’administration, avec l’avis et l’accord de la présidente-directrice générale, a décidé de mettre fin à la rémunération individuelle au rendement ». Pour maintenir la rémunération globale, « les salaires des personnes concernées seront ajustés afin de refléter l’élimination de la rémunération individuelle au rendement ».

Résultat : zéro prime versée en 2024-2025, mais des hausses salariales qui dépassent largement ce que coûtaient les anciennes primes. Un tour de passe-passe comptable qui n’échappe pas aux critiques.

Le poids financier pour les contribuables

Cette bureaucratie coûteuse s’inscrit dans un budget global de plus de 1,4 milliard de dollars que Radio-Canada coûte aux contribuables cette année selon le Budget principal des dépenses. Dans ce contexte, le gouvernement Carney a exigé que les sociétés d’État, dont Radio-Canada, proposent des compressions pouvant atteindre 15% de leurs dépenses, soit jusqu’à 198 millions de dollars d’économies annuelles sur trois ans.

« Les contribuables n’ont pas à financer un bureau rempli de cadres qui se prennent pour des journalistes », déclare Nicolas Gagnon, directeur Québec de la FCC. « Il est temps que le gouvernement cesse de soutenir Radio-Canada avec l’argent des contribuables et oblige le diffuseur à se financer lui-même, auprès de donateurs et d’abonnés qui choisissent réellement de le soutenir. »

Encore mieux : il devrait carrément cesser de financer Radio-Canada.

Franco Terrazzano

Une réforme en trompe-l’œil

L’analyse de cette structure révèle une organisation où les économies promises semblent difficiles à réaliser sans s’attaquer à la hiérarchie elle-même. Avec plus de 1 400 postes de direction et de gestion rémunérés à six chiffres, Radio-Canada présente un ratio dirigeants-employés qui soulève des doutes sur l’efficacité opérationnellee.

« Ces chiffres prouvent que Radio-Canada a amplement de gras à couper, et si le premier ministre Mark Carney est sérieux dans sa volonté d’économiser, il doit forcer Radio-Canada à réduire sa bureaucratie », affirme Franco Terrazzano.

La révélation de cette structure bureaucratique soulève des questions fondamentales sur la mission d’un radiodiffuseur public. Alors que les médias privés rationalisent leurs opérations face aux défis économiques, Radio-Canada semble évoluer dans une logique inverse, multipliant les échelons hiérarchiques et les coûts administratifs.

Pour les contribuables canadiens qui financent cette organisation à hauteur d’un milliard et demi par année, ces révélations illustrent concrètement où vont leurs impôts. Reste à voir si les promesses d’économies du gouvernement Carney se traduiront par une véritable réforme de cette machine bureaucratique ou par de nouveaux artifices comptables.

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Maxym Perron-Tellier
Maxym Perron-Tellier
Maxym Perron-Tellier est journaliste pour PiluleRouge.ca. Passionné de politique depuis plus de dix ans, il s'est impliqué à plusieurs reprises sur la scène provinciale. Entrepreneur en informatique, il allie rigueur journalistique et regard critique sur l’actualité. Son approche analytique et son sens de l’humour apportent une perspective unique aux sujets qu’il couvre.

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