Jeudi, février 12, 2026

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3 mois de solitude

Encore une fois le sujet de la solitude masculine est revenu de l’avant. Cette fois-ci à travers d’une chronique d’Élizabeth Lemay. Je vous rassure, je n’ai pas l’intention d’analyser la chronique, d’autres l’ont fait, mais plutôt de vous parler de la solitude en elle-même.

De son impact, positif et négatif, du risque que ça représente, mais aussi des opportunités qu’elle peut nous procurer.

« 3 mois de solitude »

Lorsque j’étais instructeur civil au défunt corps de cadets 2896 Saint-Marc-des-Carrières, j’étais souvent chargé de dispenser les cours d’introduction au leadership et d’introduction à la survie.

On apprenait aux jeunes des principes de bases de la psychologie comme la pyramide des besoins de Maslow qu’on leur présentait parfois sous le nom des sept ennemis de la survie. Afin d’aider les jeunes à se souvenir des éléments à prioriser dans une telle situation, on leur faisait réciter ce qui peut s’apparenter à une comptine « 3 secondes de panique, 3 minutes sans oxygène, 3 heures sans chaleur, 3 jours sans eau, 3 semaines sans nourriture, 3 mois de solitude ».

Pourquoi la solitude est-elle un ennemi de la survie? Elle a des effets ravageurs sur votre santé mentale. Imaginez-vous le scénario, vous êtes parti en randonnée avec votre chien, celui-ci décide de courir après un appétissant écureuil ignorant votre tentative de rappel. Vous décidez de courir après celui-ci à votre tour après quelques secondes de panique et vous vous égarez en forêt. Vous ne retrouvez pas votre chemin.

Étant fan des films de Sly Stallone et de Tom Hanks, vous vous improvisez un entre-deux entre Rambo et Wilson et arrivez à survivre tant bien que mal. Vous bâtissez un abri, vous récupérez l’eau de rosée sur les feuilles des arbres, trouvez des framboises et oui, des écureuils (je ne vous le recommande pas et les agents de protection de la faune encore moins). Mais une fois que votre routine est établie, vous commencez à vous ennuyer, à trouver le temps long loin de votre Gérard (le chien) et de votre accès au réseau cellulaire. Vous tournez en rond, le sommeil est difficile, vous perdez la notion du temps et inévitablement, les idées noires arrivent.

C’est l’étape la plus difficile, celle d’éviter que la peur et les idées noires prennent le dessus. Je vous laisse deviner les conséquences si vous échouez.

L’épreuve du réel

Transposons-nous dans le monde réel. Nombre d’adolescents, de jeunes adultes et de personnes plus âgées éprouvent de la solitude à un moment ou un autre de leur vie. Que ce soit après une rupture, la perte d’un proche, devant l’incapacité de se faire des amis, de maintenir des relations humaines profondes ou après un traumatisme majeur.

Une méconception fréquente quant à la solitude est de croire que l’on peut en souffrir seulement lorsque l’on est seul, pourtant je pense à mon chum Josh qui est passé par les pires enfers que peuvent faire vivre une secte à un enfant ou aux soldats qui reviennent ici marqués à vie d’un stress post-traumatique. Qu’ont en commun ces deux cas de figure?

Dans les deux cas, tu peux te sentir seul, alors que tu es entouré de gens, parfois même de gens qui t’aiment et que tu aimes. Cette forme de solitude est probablement la plus difficile à vivre. L’impression permanente que personne ne peut te comprendre, alors à quoi bon en parler?

C’est un des torts propre au genre masculin, mais qui ne nous est pas unique. Souffrir en silence, pour éventuellement digérer le tout et vivre comme si rien n’était arrivé. C’est généralement comment les hommes gèrent les éléments stressants dans la vie.

Et ce n’est pas malsain en soi. Tant que l’on reste à l’écoute de sa limite et que l’on trouve une façon positive de canaliser ce mauvais stress, aucun problème. Ça peut être par le sport ou par le travail, on peut faire du fumoir, partir un feu tranquille un dimanche matin de novembre et profiter de son café avant que les enfants se lèvent. C’est des façons saines de gérer le tout. Mais parfois, on est surchargé, on ne s’écoute plus et le cortisol prend le dessus.

Le cortisol, c’est l’hormone du stress, c’est l’hormone qui bloque la production de testostérone qui elle est saine, contrairement au discours ambiant. L’homme a lui aussi son cycle hormonal avec une pointe de testostérone le matin et un niveau plus faible en soirée. Le faible niveau de testostérone explique l’irritabilité plus grande en fin de journée. Alors, imaginez quand le cortisol prend le dessus et bloque la testostérone de façon prolongée, c’est là que les hommes deviennent « toxiques ». Ce qui est souvent appelé masculinité toxique par plusieurs est en fait tout l’inverse. C’est un manque de masculinité qui est toxique d’une certaine façon.

Bon, une fois que c’est dit, le cycle hormonal est affecté par notre environnement et parfois, notre cycle hormonal peut lui aussi affecter notre environnement.

Quand la faiblesse en maths paraît

Vous le savez, ma blonde est prof de math. La question qu’on lui pose le plus souvent est probablement « à quoi ça va me servir? ». Les maths, ça sert à comprendre des relations logiques entre certains éléments, comprendre la différence entre corrélation et cause à effet ou comprendre un ordre de grandeur.

Un des défauts d’enseigner les statistiques en fin d’année, c’est que les élèves y sont moins attentifs. Parfois, j’ai l’impression que plusieurs ont séché leur cours trop souvent. Ceux-ci ne semblent pas faire la différence entre un facteur de risque et une fatalité.

Un facteur de risque, c’est la probabilité que quelque chose arrive, ce n’est pas une certitude. Par exemple, un jeune provenant d’un milieu défavorisé a plus de chances de connaître des difficultés scolaires que l’élève en milieu favorisé. Si on prend un facteur de risque donné, individuellement, il ne veut pas dire grand-chose, mais par la force du nombre, plus il y a de gens exposés à ce facteur de risque, plus il y a de chance que la conséquence se présente.

La solitude est un facteur de risque de plusieurs choses, santé mentale, santé cardiovasculaire, santé cognitive et j’en passe.

C’est aussi un facteur de risque de la radicalisation. Qu’on le veuille ou non. On se cherche une raison d’être, un peu comme si on cherchait à combler un sentiment d’appartenance. Autrement dit, la solitude ne crée pas les idéologies, elle crée le besoin d’y adhérer.

Je ne m’en cache pas, je suis passé par là. J’ai eu un creux de solitude plus jeune. Ça n’allait pas bien. J’avais besoin  d’aide. Si vous souffrez de solitude, sachez qu’il y a de l’aide pour vous.

Savoir saisir les opportunités

Oui, il y a de l’aide pour vous. Ça peut être un psychologue, les quelques organismes communautaires qui viennent en aide aux hommes, l’équivalent est plus nombreux pour les femmes, mais personnellement, je vous recommande d’aller voir Sensei Pascal Déry à SpartanFit Sainte-Julie, impossible de ne pas avoir le sourire dans la face en le voyant aller.

Si vous n’êtes pas dans ce coin-là, il y a d’autres opportunités. La solitude permet aussi de se recentrer sur les choses importantes, sa famille, ses intérêts. Ça vous offre des opportunités d’apprendre, de faire de nouvelles activités.

Le moment le plus solitaire de ma vie a probablement été le premier confinement de la pandémie de Covid-19. Je m’étais séparé quelques mois auparavant, j’étais retourné dans le sous-sol de mes parents. Moment bien plaisant pour un jeune homme de 28 ans… pas tout à fait, on ne fera pas semblant.

J’ai profité de cette pause forcée pour essayer quelque chose de nouveau, fumer de la viande. Ça a tellement été un succès que ça m’a permis de séduire celle qui allait devenir la mère de mon enfant, mais ça c’est une histoire pour une autre fois.

La solitude peut être un danger. Elle peut aussi être un détour nécessaire. La différence se joue rarement dans le silence lui-même, mais dans ce qu’on choisit d’en faire.

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Francis Hamelin
Francis Hamelin
Francis Hamelin, #MakeThePLQLiberalAgain, est membre des Trois Afueras et écrivain amateur. Technicien en génie mécanique et industriel, il s'intéresse particulièrement aux politiques publiques, l'économie et à la productivité des entreprises et des individus.

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