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Budget 2026 : Pourquoi Gabriel Giguère juge le plan de la CAQ « non crédible »

Le 18 mars 2026, le ministre des Finances Éric Girard a présenté probablement son dernier budget. Gabriel Giguère estime que Québec maintient le cap sur la hausse des dépenses et de l’endettement. Le gouvernement CAQ va laisser un Québec dans le rouge malgré le fait que le Philippe Couillard lui avait laissé un surplus budgétaire en 2018.

Gabriel Giguère est analyste senior en politiques publiques à l’Institut économique de Montréal.

Entretien

Simon Leduc : Comment décrivez-vous le dernier budget de M. Girard?

Gabriel Giguère : « Pour 2026-2027, le déficit s’élève à 8,6 milliards de dollars. Je pense que c’est un important manque à gagner pour l’État québécois. Le ministre des Finances estime que son budget est sobre et responsable. C’est très éloigné de la réalité. C’est un exercice financier très dépensier et qui manque de rigueur.

L’an dernier, le ministre Girard nous avait présenté un retour à l’équilibre budgétaire en 2029-2030. Concrètement, il ne savait pas comment il allait faire pour équilibrer le budget dans cinq ans. Cette année, on a conservé le retour à l’équilibre budgétaire en 2029-2030. Au moins, on ne l’a pas encore repoussé de cinq ans. Par contre, le gouvernement ne sait pas comment il va y arriver. Avec la reconduction de l’accord de libre-échange avec les États-Unis, Québec pense que le développement économique de la province sera dans un meilleur état dans quatre ans. Alors, ce dernier estime qu’il pourra résorber l’écart entre les revenus et les dépenses entre 2029-2030. Ce n’est pas crédible comme façon de faire. »

Est-ce que les dépenses de l’État vont continuer d’augmenter?

Gabriel Giguère : « Le gouvernement du Québec vient d’atteindre le plateau de 170 milliards de dollars de dépenses par année. Le déficit projeté a été réduit par rapport au budget de l’an dernier, car le dynamisme économique a été un peu supérieur aux prévisions. Cette tendance est liée à une hausse des revenus et aucunement à une gestion rigoureuse des finances publiques et des dépenses. La dette nette augmente considérablement et elle s’élève à 259 milliards de dollars. De plus, en mars 2027, l’État prédit que la dette brute va frôler 400 milliards de dollars. La hausse de l’endettement du Québec frappe l’imaginaire.

D’autre part, Mme Duranceau va réduire le nombre de fonctionnaires de 3000 personnes cette année. C’est un pas dans la bonne direction, mais on est très loin de la réduction de la bureaucratie que la CAQ avait promise en 2018. La CAQ n’a pas respecté son engagement. Actuellement, il y a 608 000 personnes qui travaillent à temps plein dans le secteur public. C’est une hausse d’environ 2000 postes comparativement à l’an dernier. Il faut savoir que depuis janvier 2019, la machine bureaucratique (le fédéral, le provincial et le municipal) est responsable de 55 % de la création totale des emplois. Alors, l’intervention de l’État québécois est néfaste pour la société québécoise.

Subséquemment, le budget de la santé va augmenter de trois milliards de dollars en 2025-2026. Le vieillissement de la population va peser lourd sur notre système de santé.

Pour vraiment faire le ménage, il ne faut pas réduire le rythme de croissance de dépenses, mais bien couper dans les programmes qui sont très coûteux pour l’État québécois.

Le gouvernement de la CAQ est fier de convertir des places en garderies non subventionnées à subventionnées. Cela ne représente pas du tout de nouvelles places dans les CPE. Le ministre des Finances ne devrait pas se réjouir de cela. Or, une réduction d’impôt serait une meilleure mesure afin de donner du répit aux Québécois qui sont étouffés par la lourdeur du fardeau fiscal québécois.

Également, les infrastructures se dégradent au Québec : les écoles, les hôpitaux, les routes, etc. Malgré le fait qu’on augmente les dépenses en capital, on a 44,8 milliards de dollars en déficit de maintien d’actifs. C’est le montant dont l’État aurait besoin pour remettre en bon état les infrastructures et les routes représentent 55 % du total. En conséquence, le gouvernement dépense plus en capital, mais les infrastructures s’abîment dramatiquement. Le fait de hausser sans cesse les dépenses est une stratégie que ne fonctionne pas. Il faut changer la recette. »

Est-ce que les Québécois vont bénéficier d’une baisse d’impôt dans la prochaine année?

Gabriel Giguère : « Le gouvernement Legault a refusé de donner un répit aux consommateurs. Ce dernier aurait pu baisser les taxes sur l’essence, mais ce ne fut pas le cas. Les Québécois vont continuer d’avoir de la misère de boucler leurs fins de mois.

Pour conclure, il faut dégraisser la machine bureaucratique, car elle est hors de contrôle. Il faudrait procéder à une réduction importante des dépenses par l’entremise de suppressions de postes dans la fonction publique. Le modèle québécois est à l’agonie. Malheureusement, le gouvernement Legault se voile le visage, car il ne veut pas voir la dure réalité en face. Alors, la société québécoise va continuer de s’enfoncer et ce sont les générations futures qui devront payer la facture de ce gâchis. »

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Simon Leduc
Simon Leduc
Titulaire d'un Baccalauréat en science politique a l'Université de Montréal. Il est chroniqueur et journaliste pour Libre Média, le Podcast Ian et Frank et de Québec Nouvelles. Vous pouvez le suivre sur Facebook.

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