Lundi, mars 23, 2026

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Carney : Le Premier ministre qui se veut monarque

Dans toutes les séances parlementaires à la Chambre des Communes du Canada, le député qui est parmi les moins présents n’est nul autre que le député de Nepean, à savoir le Premier ministre Mark Carney. Sa façon de se comporter vis-à-vis de la Chambre fait émerger des questionnements sur sa volonté de respecter la démocratie (notamment en incitant des députés d’autres partis à rejoindre le sien) et aussi son respect de la notion de « gouvernement responsable ».

« Gouvernement responsable », qu’est-ce?

Pour comprendre cette notion, un peu d’Histoire s’impose. Lors du XIXe siècle, avant même la fondation du Canada tel qu’il est connu aujourd’hui, le Premier ministre du Bas-Canada Louis-Hyppolite Lafontaine et le Premier ministre du Haut-Canada Robert Baldwin s’étaient accordé que le gouvernement devait se soumettre à la notion de « gouvernement responsable ».

Qu’est-ce que cela signifie? La notion de « gouvernement responsable » implique que le gouvernement est imputable devant le peuple, donc qu’il doit défendre ses actions et même les justifier dans l’arène politique.

Gouvernement irresponsable?

Certains pourraient objecter que les ministres rendent eux aussi des comptes lorsque le Premier ministre n’est pas là. Or, le Premier ministre Carney, au pouvoir depuis un an, passe plus souvent son temps à voyager à signer des accords. Cependant, il s’agit souvent d’accords renégociés et pour les nouveaux, il s’agit surtout de signature de mémorandums de principe et non des accords eux-mêmes.

Cela fait en sorte que M. Carney ne semble pas très bien enjoué à rendre des comptes et préfère nier les problèmes structurels liés à son gouvernement. Cela peut être mis en évidence par le dossier du logiciel CÙRAM, qui se charge de la transmission des chèques de pension de vieillesse aux aînés. Par rapport à ce logiciel, il y a eu des histoires de dépassements de coûts et de dysfonctionnements. En ce qui concerne les questionnements de l’Opposition vis-à-vis de cela, le Gouvernement sort sa vieille cassette : « On y travaille. » Ou encore « On essaie de faire mieux. ». Puis vint le Premier ministre Carney, il ne peut que dire « qu’il n’y a pas eu de dépassements de coûts » pour la conception du logiciel. Il préfère nier le problème lors d’une conférence de presse que de le faire dans l’enceinte de la Chambre des Communes.

Contradictions et refus de justifications

Le Premier ministre Carney semble se contredire, mais refuse de venir lui-même s’expliquer devant les élus de l’Opposition. Cela se montre lorsque l’attaque israélo-américaine sur l’Iran se produisit. Au départ, il affirme soutenir totalement les attaques envers l’Iran. Puis, il affirme les soutenir avec regret, invoquant le bris du droit international. Ensuite, il prétendit qu’il n’excluait pas une aide militaire du Canada. Il avait même insisté à ce qu’en Chambre se tienne un débat sur la Guerre en Iran. Lorsque vint le premier jour de débat, M. Carney avait refusé d’y aller tout en prétextant devoir passer des coups de fil à des pays alliés et un événement de bris de jeûne du ramadan. Il est légitime de se poser des questions sur sa bonne foi. De plus, au lendemain, il avait changé d’avis et avait décidé de se présenter aux débats en Chambre. Finalement, il avait assuré que le Canada n’enverrait pas d’aide au Moyen-Orient. Dans tout ce dossier, il ne rendait pas de compte à la Chambre, il préférait envoyer sa ministre des Affaires étrangères Anita Anand pour prendre les coups à sa place face à l’Opposition et aux journalistes.

Comment se perçoit Mark Carney?

Mark Carney semble détester la joute parlementaire, ce qui pourrait expliquer son absence régulière. Il adore être Premier ministre, aime décider, apprécie fortement les voyages, puis veut surtout être louangé et admiré. Cependant, M. Carney ne veut pas rendre de comptes en personne en Chambre devant les autres élus.

Il semble avoir une vision un peu étrange de la démocratie. Il se fabrique une majorité en allant recruter des députés d’autres partis, que ce soit le Parti conservateur ou encore le Nouveau Parti Démocratique (NPD), faisant fi du résultat des élections. Il est clair que dans ce cas, il n’est pas le seul en tort, étant donné que ces députés ont accepté de le rejoindre. Ainsi, il ne voit pas vraiment la démocratie comme une fin en soi, mais comme une façon d’utiliser la machine parlementaire pour éviter d’aller aux débats en Chambre. Il ignore que cette vision de monarque s’élevant au-dessus de la joute parlementaire, refusant d’aller s’expliquer lui-même peut se retourner contre lui.

Beaucoup de personnes dans le système médiatique considèrent que Mark Carney est en rupture avec Justin Trudeau. En cela, il n’y a que deux ruptures qu’il serait possible de concéder. La première est qu’il ne se pointe pas dans les autres pays en « tenue traditionnelle ». La deuxième rupture est qu’il siège encore moins en Chambre que son prédécesseur.

Qu’on ne vienne pas justifier son absence répétée s’explique par l’importance des accords à signer ! Avec les moyens technologiques mis à disposition, il aurait été possible d’assister, ne serait-ce qu’une petite heure avant des rencontres diplomatiques, aux débats de la Chambre des Communes.

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Nicolas Drolet
Nicolas Drolet
Nicolas est politologue de formation, étant détenteur d’un baccalauréat en Science politique à l’Université Laval. Il est actuellement étudiant au baccalauréat en Communication publique à la même université. Il s’intéresse à la politique fédérale et à la communication politique.

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