Vendredi, avril 4, 2025

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Douze propositions pour un Québec vivant de Jérôme Blanchet Gravel et Claude Simard

J’ai lu avec attention le livre « Douze propositions pour un Québec vivant » de mon ami Jérôme Blanchet-Gravel et de son comparse, Claude Simard. En voici les grandes lignes.

Leur brulot s’attaque avec vigueur aux dérives culturelles, sociales et politiques du Québec contemporain. En douze chapitres incisifs, ils exposent les problématiques qui minent la vitalité de la société québécoise et formulent des propositions pour un renouveau culturel et identitaire fondé sur la liberté individuelle, le sens des responsabilités et l’audace collective.

1. L’hypocondrie sociale

Les auteurs dénoncent une culture de la santé obsédée par la prévention à outrance et la surmédicalisation. Ils constatent que le Québec, au lieu de valoriser la résilience et la gestion responsable des émotions, préfère médicaliser les troubles du comportement et les difficultés psychologiques. L’usage généralisé d’anxiolytiques et de médicaments comme le Ritalin est perçu comme une solution de facilité qui évite d’aborder les véritables causes des malaises sociaux. Ce phénomène, selon les auteurs, découle d’une mentalité hygiéniste héritée du christianisme moralisateur et d’une société qui craint le moindre inconfort et d’une population que s’effondre devant la moindre contrariété.

2. L’obsession de la sécurité

Le Québec, affirment les auteurs, est prisonnier d’une mentalité alarmiste qui se traduit par une obsession de la sécurité physique et psychologique. Cet état d’esprit est nourri par les discours des autorités et des médias, qui dramatisent les risques quotidiens au point de priver les individus de leur liberté d’agir et de penser. Ils illustrent ce propos avec l’épisode de l’éclipse solaire de 2017, où les enfants ont été confinés dans des locaux où les fenêtres étaient tapissées de sac de poubelle par excès de prudence rétinienne, reflet d’une société hyperprotectrice, infantilisante et hystérique.

3. La natalité et le déclin démographique

Le déclin démographique québécois est attribué à une vision culpabilisante de la famille et de la procréation, nourrie par l’éco-anxiété et le discours écologique radical. Les auteurs soulignent l’ironie d’une société autrefois prolifique en naissances, devenue réticente à faire des enfants par peur de « polluer ». Ils appellent à valoriser la famille et à repenser les politiques natalistes pour contrer la baisse de la population et maintenir une identité québécoise vivante.

4. La famille et le respect intergénérationnel

La famille québécoise est en crise, affirment Blanchet et Simard. Le modèle traditionnel de la famille est rejeté au profit d’une individualisation extrême qui isole les générations et dilue les liens familiaux. Les enfants sont perçus comme une charge plutôt qu’une richesse, et les aînés souvent relégués en institution et au mouroir. Le maintien des aînés dans leur milieu de vie et le soutien des familles nombreuses sont proposés comme solutions concrètes.

5. L’État obèse

Le modèle québécois est marqué par un étatisme envahissant, héritage de la Révolution tranquille. Pour les auteurs, l’État-providence québécois, qui se voulait émancipateur, a renforcé la dépendance et découragé l’initiative individuelle. Le « tout à l’État » a conduit à une bureaucratie lourde et paralysante, éloignant les Québécois de la responsabilité individuelle et de l’autonomie citoyenne. Le Québécois attend tout de l’État, y compris sa propre réussite personnelle.

6. Une école publique en déroute

L’école québécoise traverse une crise profonde : analphabétisme fonctionnel, abandon scolaire, hypermédicalisation des enfants et inégalités croissantes. Le système à trois vitesses (privé, public et public défavorisé) creuse les écarts, et les auteurs dénoncent l’incapacité de l’école à transmettre un savoir ancré dans la culture québécoise et qui embrigade plutôt les enfants dans l’écologisme écoanxieux et autres idéologies du moment. Ils prônent un retour à l’excellence et à la rigueur pédagogique.

7. Un journalisme futile et conformiste

Les médias québécois, souvent marqués par un conformisme idéologique, ont déserté leur rôle de contre-pouvoir. Les auteurs regrettent un journalisme réduit à la réaffirmation de dogmes dominants, incapable de stimuler le débat public ou de poser les questions difficiles. Ils appellent à un journalisme audacieux et critique, attaché à l’intérêt commun.

8. Provincialisme et conformisme

Le provincialisme québécois résulte d’un complexe d’infériorité historique et d’une vision étriquée de la nation. Se percevant comme une simple province, le Québec s’enferme dans des débats stériles et ignore les enjeux de souveraineté et d’identité nationale. Les auteurs prônent un réveil identitaire et une affirmation fière de la nation québécoise libérée d’absurdité comme des maires se donnant comme mission de subventionner les couches réutilisables et des partis politiques qui ont comme priorité de permettre le marqueur X, pour les personnes trans et non binaire sur les permis de conduire.

9. La faiblesse du débat public

Les débats québécois sont atrophiés par l’omniprésence du politiquement correct et des idéologies progressistes. Le wokisme, en particulier, est critiqué pour sa capacité à étouffer les voix dissidentes et à réduire la pensée critique. Cela s’illustre, par exemple, par la faible opposition à des idées délirantes selon laquelle il était dans l’intérêt de l’enfant d’école de se faire raconter des histoires par une Drag Queen. Blanchet-Gravel et Simard appellent à un débat vigoureux où les idées s’affrontent librement.

10. Un rapport légaliste et rigide à la langue

La protection du français s’appuie sur des lois coercitives plutôt que sur un patriotisme linguistique. Pour revitaliser le français, les auteurs estiment que les Québécois doivent renouer avec leur langue de manière naturelle et fière, au-delà des règlements et des quotas.

11. L’échec de l’inclusion culturelle des immigrants.

Les auteurs plaident pour un niveau d’immigration raisonnable où la société civile, et non seulement l’État, prendrait une part active à l’intégration des nouveaux arrivants. Ils rejettent l’exclusivité linguistique du français et soulignent que des populations culturellement proches, comme les Latino-Américains, s’intègrent facilement malgré une maîtrise initiale limitée du français. Ils critiquent également le corporatisme des ordres professionnels qui freine l’intégration des travailleurs qualifiés. Enfin, ils appellent à rejeter les discours culpabilisants sur le racisme systémique et le privilège blanc, qui nuisent à la cohésion sociale.

12. Une schizophrénie politique

Les auteurs critiquent le Québec pour son éternel tiraillement entre fédéralisme et indépendance, regrettant que la province soit souvent perçue comme une simple minorité ethnique dans un Canada multiculturel. Ils appellent à une reconnaissance constitutionnelle du Québec comme société distincte si le choix du fédéralisme est maintenu, mais prônent plus largement l’indépendance. Ils dénoncent aussi la fragmentation du mouvement souverainiste, affaibli par les querelles internes et l’enfermement dans une sociale-démocratie sclérosante.

Conclusion

Mis à part le fait que Jérôme nous pointe un peu du doigt dans le chapitre 12, en répétant l’idée que nous subordonnons l’indépendance, qui se suffirait à elle-même, à une « idéologie » de droite, ce qui n’est évidemment pas le cas, comme je l’ai 1000 fois expliqué, ce petit livre est globalement très convaincant. Jérôme Blanchet-Gravel et Claude Simard présentent un plaidoyer pour un Québec vivant et assumé, où la liberté individuelle et la vitalité culturelle sont les piliers d’une société plus audacieuse et responsable. Un peu de vitalité au Québec, c’est vraiment ce dont nous aurions individuellement et collectivement besoin.

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Frank
Frank
Titulaire d’une maîtrise en philosophie, François Fournier, alias Frank, est Chroniqueur et Animateur du podcast Ian & Frank. Il est aussi l'auteur de l'Arnaque décroissante et Live Free and Die. Il est possible de le suivre sur X (Twitter), YouTube et Patreon.

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