Le candidat à la direction de la Coalition Avenir Québec, Bernard Drainville, propose d’ouvrir davantage la porte au secteur privé afin d’améliorer l’accès aux soins de santé. Il permettrait notamment aux patients dont les délais d’attente pour consulter un spécialiste dépassent les normes recommandées de se tourner vers le privé avec remboursement par la RAMQ. Une sortie qui a rapidement fait réagir le chef du Parti conservateur du Québec qui affirme que ces propositions reprennent encore une fois des idées déjà défendues par sa formation politique.
« Merci, Bernard, de copier de plus en plus le programme du Parti conservateur du Québec! Quand nos adversaires volent nos propositions de politiques publiques, on a gagné le débat des idées », a lancé Éric Duhaime sur les réseaux sociaux.
Selon les données avancées par Bernard Drainville, près de 900 000 rendez-vous avec un médecin spécialiste sont actuellement en attente au Québec, tandis qu’environ un million de personnes n’ont pas de médecin de famille. Dans ce contexte, l’aspirant premier ministre estime que le système de santé ne répond plus adéquatement aux besoins et qu’il est nécessaire d’adopter des mesures structurantes pour améliorer l’accès aux services. « Pendant que le système s’alourdit, les Québécois attendent des mois, parfois des années, pour voir un médecin ou obtenir un service de base. Ce n’est pas normal », soutient le député de Lévis.
Remboursement des consultations au privé
La principale proposition du candidat consiste à permettre aux patients dont les délais d’attente dans le réseau public sont dépassés de consulter un médecin spécialiste au privé, avec remboursement par la RAMQ. Un mécanisme similaire existe déjà pour certaines chirurgies. Bernard Drainville souhaite ainsi l’étendre aux consultations afin de réduire les délais tout en offrant une solution alternative aux patients.
Pratique mixte pour les médecins
Le candidat propose également d’introduire la pratique mixte. Actuellement, les médecins doivent choisir entre exercer dans le réseau public ou dans le secteur privé. Bernard Drainville souhaite donc permettre aux médecins non participants d’offrir une partie de leurs services dans le réseau public, rémunérés selon les tarifs de la RAMQ. Cette mesure vise à augmenter rapidement l’offre de services sans attendre la formation de nouveaux professionnels. « On refuse encore de mieux utiliser le privé, on limite la pratique des médecins et on sous-exploite des professionnels qui pourraient pourtant aider à désengorger le système », précise-t-il.
Renforcement de la première ligne
Le plan comprend aussi un renforcement de la première ligne. Il prévoit notamment l’ouverture de davantage de cliniques d’infirmières praticiennes spécialisées (IPS), la formation accrue de ces professionnelles et le développement des services en pharmacie. Le candidat propose également de favoriser les consultations numériques entre omnipraticiens et spécialistes afin de réduire les délais d’accès à ces derniers.
Soutien à domicile et libre choix
Bernard Drainville souhaite par ailleurs transformer l’allocation pour le soutien à domicile en un mécanisme de libre choix. Après évaluation par le CLSC, les bénéficiaires recevraient un montant correspondant à leurs besoins et pourraient choisir eux-mêmes leur prestataire de services, qu’il s’agisse d’un proche, d’un organisme ou d’une entreprise privée. Cette mesure vise à simplifier l’accès aux services et à mieux répondre aux besoins des personnes en perte d’autonomie.
Mesures en prévention
Le candidat met aussi de l’avant des mesures de prévention, notamment en rendant accessibles les installations sportives des écoles primaires et secondaires en dehors des heures de classe. Selon lui, cette initiative permettrait de favoriser l’activité physique, particulièrement dans les milieux où les infrastructures sont limitées.
Fréchette propose des salles d’attente virtuelles
De son côté, l’autre candidate à la chefferie, Christine Fréchette, privilégie une approche davantage axée sur l’organisation des soins. Elle propose notamment la mise en place de projets pilotes de salles d’attente virtuelles dans les urgences, permettant à certains patients d’attendre à domicile tout en conservant leur place dans la file, avant d’être avisés du moment où se présenter à l’hôpital.
« Le problème, ce n’est pas le manque d’argent. C’est un système devenu trop lourd pour répondre aux besoins. Il est temps de faire les choses autrement et de remettre le patient au centre des décisions », conclut Bernard Drainville.

