Marc Carney était sur la tribune de Davos hier avec un message dur et courageux. Il démontre ses vraies couleurs comme dirigeant, je pense.
Pour le fond, il a parlé surtout du concept des puissances intermédiaires. Les pays « moyens » comme le Canada, la France ou le Japon, sont historiquement dans une posture inconfortable. Pas assez gros pour runner le show, pas assez petit pour avoir comme seule mission de se coller à une mégapuissance.
Carney avait un message clair. C’est fini, l’époque des illusions et de la politique gnagnan. On revient à l’époque sauvage où seuls nos intérêts priment, les grands principes doivent foutre le camp.
Il appelle les puissances moyennes à se tenir les coudes pour résister au vent de face mondial. Sa posture est très claire — on s’unit, ou on se fait effacer.
Finie, l’époque des alliances automatiques ou des « pris pour acquis ». Chaque deal est un combat, chaque alliance existe jusqu’à ce qu’elle disparaisse.
C’est une coupure complète avec l’ère Trudeau. On ne parle plus de wokisme, d’égalité des genres ou même de la crise climatique. Ces enjeux sont importants, mais sont aussi le « luxe » des sociétés confortables et prévisibles.
Le monde d’aujourd’hui est tout, sauf prévisible.
J’ai trouvé Carney courageux d’aller là hier dans son speech. Il aurait pu faire un discours mou dans les belles idées. Il aurait pu licher les foufounes dorées de Trump. Il aurait pu, simplement, ne rien dire.
Comprenez-moi bien, je ne suis pas une cheerleader du gouvernement, loin de là. Je peux lister bien des défauts à mes yeux.
J’ai seulement eu, hier, un peu d’espoir que le Canada résiste à la hauteur de ses moyens pour la suite.


