Les États-Unis et l’Iran ont accepté, le 7 avril, un cessez-le-feu provisoire de deux semaines qui a suspendu à la dernière minute l’ultimatum lancé par le président Donald Trump sur le détroit d’Ormuz. L’entente prévoit la reprise sécurisée du trafic maritime et l’ouverture de discussions sous médiation pakistanaise.
Un conflit recentré sur Ormuz
La crise s’est aggravée à la fin de février, lorsque les États-Unis et Israël ont frappé des cibles iraniennes, ouvrant une phase d’affrontement plus direct avec Téhéran. Au fil des semaines, le conflit a pris une dimension régionale en touchant la navigation dans le Golfe, ce qui a placé le détroit d’Ormuz au centre du rapport de force.
Le bilan sur le plan maritime a été sévère : du 1er au 21 mars, le nombre de traversées du détroit a chuté de 95% par rapport aux temps de paix, selon la firme d’analyse Kpler, ramenant le trafic presque à l’arrêt. Washington a fait de la réouverture du passage une condition préalable à toute désescalade, tandis que Téhéran cherchait plutôt à obtenir un arrêt plus large et plus durable des hostilités.
La pression a monté au début d’avril
Au cours des premiers jours d’avril, la Maison-Blanche a multiplié les avertissements en menaçant de nouvelles frappes si aucun accord n’intervenait avant l’échéance fixée au mardi soir. Donald Trump a présenté ce délai comme une limite finale et a évoqué des attaques sévères contre des infrastructures iraniennes, y compris les ponts et les centrales électriques, si le passage n’était pas rouvert.
Le 1er avril, l’administration américaine conditionnait encore toute détente au rétablissement de la circulation dans le détroit. Dans le même temps, Téhéran rejetait l’idée d’une simple pause temporaire et réclamait un cadre plus durable pour mettre fin aux combats.
La médiation a permis un revirement
Le rôle du Pakistan a été déterminant dans la résolution de la crise. Islamabad entretient des liens économiques étroits avec les deux parties et dépend directement du trafic passant par Ormuz pour ses importations pétrolières, ce qui lui a fourni à la fois la motivation et la crédibilité nécessaires pour agir comme intermédiaire. Le 6 avril, le vice-premier ministre Ishaq Dar a plaidé pour un délai supplémentaire afin de permettre la poursuite des pourparlers.
Le revirement est survenu le 7 avril en soirée, à la suite d’un ultime appel du Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, soit moins d’une heure et demie avant l’expiration de l’ultimatum américain. Sur sa plateforme Truth Social, Donald Trump a annoncé qu’il acceptait de « suspendre les bombardements et les attaques contre l’Iran pour une durée de deux semaines », après que Téhéran a soumis un plan en dix points jugé « acceptable » par la Maison-Blanche. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a pour sa part confirmé que l’Iran donnait son feu vert à la proposition pakistanaise et que le passage en toute sécurité dans le détroit serait assuré « en coordination avec les forces armées iraniennes ».
Une trêve encore précaire
Les menaces américaines n’ont pas été mises à exécution, mais elles n’ont pas disparu pour autant du rapport de force. La suspension des frappes demeure conditionnelle : Trump a lui-même précisé que son accord tenait « sous réserve de l’ouverture complète, immédiate et sécurisée du détroit d’Ormuz ».
Au 8 avril, l’accalmie demeure fragile, le retour à la normale du trafic maritime n’étant pas encore pleinement rétabli. La trêve ouvre ainsi une fenêtre diplomatique sans régler les différends de fond qui opposent toujours Washington et Téhéran sur la sécurité régionale, la liberté de navigation et les conditions d’un arrangement plus durable. Le cessez-le-feu apparaît ainsi moins comme un règlement du conflit que comme une pause négociée sous forte pression militaire, économique et diplomatique.

