Dans les principaux médias, de plus en plus de discours misandres sont acceptés et même tolérés. Cela se traduit notamment par des chroniqueuses faisant leurs petits discours réguliers sur « les méchants hommes ». Or, le discours inverse n’est aucunement permis. Cela est très inquiétant pour rendre le débat public plus sain.
Petits constats
De prime abord, il importe de savoir ce qu’est la misandrie. La misandrie se traduit d’une haine envers les hommes de la part de femmes. Cela s’inscrit dans un discours perpétuellement victimaire, considérant les femmes comme de perpétuelles victimes et des hommes comme de perpétuels bourreaux. Il s’agit d’une des deux faces de la même pièce qu’est l’extrémisme. L’autre face étant, bien entendu, la misogynie. Ce qui est dramatique est que ces propos misandres sont tenus sous le couvert de la « lutte féministe ».
Cependant, un des deux discours est toléré dans la sphère médiatique : la misandrie. Il ne s’agit pas ici de prétendre que la misogynie doit être tolérée aussi. Il y a un choix à faire en tant que société : on tolère les deux discours ou aucun des deux.
La tolérance de la misandrie
La tolérance de la misandrie s’illustre surtout quand de prétendues « féministes » viennent exposer leur mépris des hommes. L’intervention de la chroniqueuse de Radio-Canada Élizabeth Lemay, au micro de Rebecca Makonnen le 6 février 2026, offre un exemple flagrant de ce type de propos. Elle avait prétendu que « la solitude masculine n’était pas une mauvaise chose pour les femmes ». Elle avait ajouté, entre autres, que lorsque les hommes sont seuls, « ils se radicalisent sur Internet, deviennent fascistes, utilisent l’IA pour agresser des femmes ». Mais encore, elle utilise le drame des viols de Mazan pour illustrer son propos. Cette affaire a été jugée en 2024. L’affaire porte sur le viol par soumission chimique d’une femme avec l’accord de son mari par plusieurs autres hommes. Elle a également ajouté que, si l’on tentait de lui opposer l’objection de ne pas généraliser son « constat », elle considérait que ces personnes faisaient alors elles-mêmes partie du problème. À ces propos, non seulement Mme Makonnen ne l’interrompait pas pour l’inciter à faire davantage preuve de nuances, mais elle riait de bon cœur à ses propos et l’encourageait. Mme Lemay avait même rajouté que « les hommes seuls achètent des robots sexuels féminins et les mettent sur mute, ce qui traduirait le respect des hommes envers les femmes ». Il importe alors de se poser la question : d’où prend-elle ses informations? Pour prendre un cas plus personnel, dans mon entourage, il y a eu des divorces. Parmi les hommes qui l’ont vécu, je n’en connais aucun qui se soit radicalisé en ligne, soit devenu fasciste ou se soit procuré des robots sexuels. Ils ont encore moins assassiné leur conjointe. Ainsi, Mme Lemay s’est permise d’exploiter les souffrances de Mme Gisèle Pélicot et d’autres femmes qui ont été maltraitées et/ou tuées par leur conjoints à des fins de récupération politique pour étaler son mépris des hommes en général.
À la suite de plusieurs dépôts de plaintes, sa chronique a été retirée des réseaux sociaux. À cela, elle blâmait le diffuseur public pour cette action et blâmait les hommes pour « leurs commentaires haineux », que « la gauche et les féministes ne sont pas les bienvenus sur (votre) plateau [sic] » et que Radio-Canada avait « croulé sous la pression d’HOMMES SEXISTES en retirant sa chronique féministe ». Alors, s’il est question de comprendre ses propos, quiconque contredit son analyse assez extrémiste. Il n’y a rien de féministe dans de tels propos. Il ne faut pas perdre de vue que Radio-Canada avait validé son texte avant qu’elle le lise à la radio d’État. Elle n’était pas à son coup d’essai puisqu’en 2025, elle avait prétendu lors d’une chronique sur Noovo que « les hommes sont seuls parce qu’ils assassinent leurs conjointes ». Certes, les féminicides sont des phénomènes qui commencent à être sensibilisés auprès du public, ce qui est une bonne chose. En revanche, cela n’est pas une excuse de généraliser cela à une population aussi large que les hommes.
En réponse à la décision du diffuseur public, la poétesse et chroniqueuse Marie-Elaine Guay avait pris la défense de Mme Lemay. En effet, elle avait condamné le geste de Radio-Canada en prétendant que retirer un segment « parce qu’il a dérangé 20 hommes sexistes ». Elle s’est mise aussi à fustiger « les radios poubelles » de s’être emparées de ce segment, blâmant aussi Richard Martineau au passage. Il est étrange de constater que celle qui prône la censure à tout va, promotrice du « cordon sanitaire » et de la censure de la droite à Radio-Canada, puisse s’élever contre la censure. Bonjour la cohérence!
Nuisance aux luttes
Certes, il aurait pu être question de plus de chroniqueuses qui propagent ce type de propagande haineuse, mais leur discours est très flagrant et est très semblable. Il se prétend féministe, alors qu’il ne l’est pas. Le féminisme consiste en la lutte pour l’égalité entre les hommes et les femmes, ce qui est un combat honorable. Cependant, vouloir la supériorité des femmes sur des hommes, parler d’eux comme si les femmes étaient d’éternelles victimes et des hommes comme d’éternels bourreaux est une insulte pour toutes les femmes et tous les hommes de la planète. En prenant un exemple personnel, mes parents sont ensemble depuis des décennies. Jamais mes parents ne se sont maltraités, même s’il y a eu des disputes. À ce que je sache, mon père n’a pas assassiné ma mère. Ma mère a commencé dans le milieu médical à une époque où il était principalement composé d’hommes. Dépeindre les femmes comme des victimes reviendrait ainsi à lui cracher au visage. Cela ne fait qu’inciter une opposition entre femmes et hommes qui n’aident en rien le combat féministe. Ce n’est pas en accusant les hommes et les femmes de tous les maux que le féminisme pourra porter ses fruits.
Il ne faut pas non plus oublier la députée écologiste française Sandrine Rousseau, qui prétend que « le travail est une valeur de droite », « qu’elle est heureuse de vivre avec un homme déconstruit ». Or, oublie-t-elle que le prolétaire historique votait à gauche, alors que l’aristocrate d’alors votait à droite ? Oublie-t-elle aussi que ce qui a permis aux femmes de s’émanciper fut principalement par le travail ? À cela, oui.
Pour en revenir à Mme Lemay, qui se vante tant d’avoir obtenu le Prix Janette-Bertrand, devrait se poser des questions sur ses actions. Janette Bertrand est une icône québécoise du féminisme, ce qui est à son honneur. En revanche, il est légitime de se demander si Mme Bertrand approuve ses propos.
La misandrie est vectrice de haine autant que la misogynie. Le nier est tout simplement nier la réalité. Elle nuit plus qu’elle n’apporte au débat public. S’il est question de vivre dans une société en proie à des tensions sociales, la nuance est de plus en plus importante.


