Mercredi, avril 2, 2025

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Le plan de Pierre Poilievre pour « remettre de l’ordre » : entre économie et sécurité

Le Parti conservateur du Canada (PCC) de Pierre Poilievre présente un programme axé sur la réduction d’impôts, la construction de logements et le renforcement de la sécurité publique. Son lieutenant québécois, Pierre Paul-Hus, a récemment détaillé ces propositions lors d’une entrevue avec Ian et Frank, offrant un aperçu des priorités conservatrices en vue des élections fédérales de 2025.

Un programme économique centré sur les baisses d’impôts

Le PCC mise d’abord sur une série de mesures fiscales pour stimuler l’économie. Parmi celles-ci, l’augmentation du plafond de cotisation au CELI de 5000 $ supplémentaires, mais avec une particularité : ces nouveaux investissements devront être faits dans des entreprises canadiennes.

« On va augmenter de 5000 $ de plus la possibilité de CELI dans des entreprises canadiennes, donc des actions qui sont des actions d’entreprises canadiennes ou des fonds mutuels qui ont seulement des entreprises canadiennes, dans le but d’investir dans l’économie canadienne, » explique Paul-Hus.

Une autre mesure phare concerne l’élimination de l’impôt sur les gains en capital réinvestis au Canada. Cette politique permettrait aux particuliers et entreprises de réinvestir les produits de la vente d’actifs sans payer de taxe, tant que l’argent est réinvesti dans des entreprises canadiennes.

« Si vous l’investissez pour des équipements, pour construire, agrandir vos bâtiments, acheter des terrains, vous n’aurez pas à payer d’impôt là-dessus. Cet argent-là ne sera pas imposé aussi longtemps qu’elle est réinvestie, » précise le lieutenant québécois.

Le PCC promet également d’éliminer la TPS sur les maisons neuves vendues 1,3 millions de dollars et moins, une mesure que Paul-Hus défend avec vigueur : « Pourquoi qu’on paye de la taxe sur une maison neuve ou un condo neuf alors que quand c’est usager, on n’en paye pas? On ne devrait pas payer de taxe, tout simplement. »

Les conservateurs ont aussi annoncés une baisse d’impôt de 15 % sur le premier palier d’imposition.

Réduction des dépenses gouvernementales

Pour financer ces baisses d’impôts, les conservateurs prévoient des coupes importantes dans certains secteurs. « On va couper dans la bureaucratie, les consultants, l’aide internationale et l’aide financière aux grandes entreprises, » a affirmé Poilievre.

Paul-Hus précise que ces coupes cibleraient notamment « le BS corporatif » — les subventions aux grandes entreprises — et l’aide internationale mal gérée. « Il y a des milliards qui sont transférés dans des pays puis il n’y a pas de contrôle. Une grosse partie de ces milliards-là n’est pas contrôlée » affirme-t-il. Tout continuant pour dire que souvent cet argent se ramasse dans les poches de dictateurs sans jamais se rendre pour aider les femmes et les enfants.

Le PCC prévoit également de réduire la taille de la fonction publique fédérale, qui aurait « augmenté de 40 % dans les 10 dernières années » selon Paul-Hus. « On va y aller par attrition. » Il y a des postes où les gens vont partir à la retraite et ces postes ne seront pas renouvelés.

Logement et construction

La crise du logement est l’un des sujets sur lesquels Poilievre a bâti sa popularité. Outre l’élimination de la TPS sur les logements neufs, il propose de couper le financement aux villes qui ne construisent pas suffisamment et d’offrir des bonus à celles qui dépassent leurs objectifs.

Le chef conservateur a également déposé un projet de loi visant à réformer la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) pour accélérer les approbations de permis, limitant le délai de traitement à 60 jours maximum.

Immigration et sécurité publique

Sur l’immigration, les conservateurs promettent de ralentir l’arrivée d’immigrants et de sévir contre la fraude dans les programmes d’étudiants internationaux et de travailleurs étrangers temporaires. Ils souhaitent une immigration « ordonnée » qui répond aux besoins économiques du pays.

Pierre Paul-Hus souligne que le système actuel peut prendre jusqu’à sept ans pour traiter une demande d’asile, dont 2 ans pour la première entrevue et, si c’est refusé, la personne peut faire appel et attendre encore jusqu’à 7 ans.

« Cette partie-là de demandeur d’asile, ça va être expéditif. […] Tu demandes l’asile, tu as des raisons valables […] parfait on va t’accueillir et t’intégrer correctement. Si tu n’as pas d’affaires à demander l’asile […] et bien tu retournes chez vous, » explique Paul-Hus.

En matière de sécurité publique, le PCC propose des peines plus sévères pour certains crimes graves, notamment le trafic de fentanyl qui a tué 60 000 personnes au Canada, souligne Paul-Hus qui critique les lois adoptées par les libéraux ayant selon lui affaibli le Code criminel.

Environnement et énergie

L’une des promesses phares de Poilievre est l’abolition de la taxe carbone pour les consommateurs, qu’il qualifie de « tarif auto-imposé ». Cette position s’inscrit dans sa rhétorique populiste, se présentant comme le défenseur du pouvoir d’achat des Canadiens.

En matière d’énergie, Poilievre promet d’abroger la loi C-69 (la « loi anti-pipelines ») dans les 60 jours suivant son élection et de la remplacer par une nouvelle loi qui protège la nature et fait approuver les projets dans l’année suivant une demande. Il propose également la création de « corridors énergétiques » pour faciliter le développement de projets comme les pipelines est-ouest.

La lutte contre le « wokisme » et les politiques EDI

Paul-Hus critique particulièrement l’approche du gouvernement libéral concernant les politiques d’équité, de diversité et d’inclusion (EDI) dans les institutions fédérales, notamment dans les universités et la fonction publique.

Le PCC propose d’éliminer les critères EDI dans les programmes de financement fédéraux. Le mérite doit primer sur les considérations identitaires : « C’est les meilleurs que ça prend. » Paul-Hus dénonce particulièrement les situations où des spécialistes parce qu’ils étaient blancs étaient refusés : « Ça là c’est inacceptable! »

Cette position s’étend également à d’autres institutions comme la fonction publique fédérale et les forces canadiennes. Le lieutenant québécois de Poilievre reconnaît l’importance de protéger les minorités contre le harcèlement, mais rejette l’imposition de quotas ou de critères basés sur l’identité : « de faire des programmes fédéraux et d’obliger d’avoir de la diversité tout le temps comme ça puis d’exclure des blancs parce qu’ils sont blancs là ça ne fonctionne pas. »

Un fédéralisme décentralisateur

Le programme conservateur met également l’accent sur un retour à un fédéralisme plus respectueux des compétences provinciales. « La grande différence entre les libéraux puis les conservateurs : les libéraux centralisent vraiment les pouvoirs au maximum à Ottawa, ils vont essayer de gérer à leur façon ce qui se passe dans les provinces, » explique Paul-Hus. Il propose plutôt de laisser les provinces s’occuper de leurs champs de compétences sans y ingérer le fédéral.

Pierre Poilievre promet ainsi « un gouvernement plus petit à Ottawa, donc une machine moins grosse, moins sclérosée, puis c’est aux provinces à gérer les programmes. »

Conclusion

Le programme du Parti conservateur de Pierre Poilievre se présente comme une alternative claire au statu quo libéral, avec une vision économique centrée sur la réduction des impôts, la diminution de la taille de l’État et le développement des ressources naturelles canadiennes. Si certains y voient un retour aux politiques conservatrices traditionnelles, d’autres apprécient son approche directe face aux préoccupations quotidiennes des Canadiens comme le logement et le coût de la vie.

Voir l’entrevue complète


Cet article adopte une approche neutre, centrée sur les politiques publiques et les positions mises de l’avant par le parti politique. Chez Pilule Rouge, cette approche sera la même pour tous les partis qui accepteront de participer au podcast « Ian et Frank ». Ils auront également leur propre article en lien avec leur programme et les propos tenus lors du podcast.

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Maxym Perron-Tellier
Maxym Perron-Tellier
Maxym Perron-Tellier est journaliste pour PiluleRouge.ca. Passionné de politique depuis plus de dix ans, il s'est impliqué à plusieurs reprises sur la scène provinciale. Entrepreneur en informatique, il allie rigueur journalistique et regard critique sur l’actualité. Son approche analytique et son sens de l’humour apportent une perspective unique aux sujets qu’il couvre.

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