Le Parti conservateur du Québec (PCQ) a frappé un grand coup lors de son congrès du 31 janvier 2026 en consolidant son alliance avec Maïté Blanchette Vézina. L’ancienne ministre caquiste, désormais députée indépendante de Rimouski, a livré un plaidoyer vibrant pour une autonomie régionale accrue, dénonçant une centralisation qu’elle juge paralysante pour le développement national.
Ce rapprochement marque l’aboutissement d’un divorce désormais irréversible entre la députée et la Coalition Avenir Québec (CAQ). Devant une foule militante, celle qui fut ministre des Ressources naturelles et des Forêts a expliqué les motifs profonds de sa rupture survenue en septembre dernier : un manque flagrant de résultats concrets et des engagements délaissés par le gouvernement Legault.
« La CAQ n’a pas tenu concrètement ses promesses et elle n’a pas donné les meilleurs résultats pour les régions du Québec », a-t-elle lancé sans détour. Affirmant avoir choisi l’indépendance pour défendre librement ses valeurs, elle a articulé sa critique autour d’un obstacle systémique : une bureaucratie omniprésente qui étouffe l’innovation.
De la « Maison des fous » à la paralysie économique
Native de Montmagny et juriste de formation, Maïté Blanchette Vézina dresse un constat sévère de l’appareil étatique actuel, qu’elle compare à la célèbre « Maison des fous » d’Astérix. Selon elle, la lourdeur administrative et le travail en silo des fonctionnaires basés à Québec ou Montréal empêchent les projets porteurs de voir le jour.
Elle a illustré cette paralysie par l’exemple d’une usine bioalimentaire stratégique dans l’Est du Québec. Malgré son potentiel pour briser un monopole au profit des producteurs locaux, ce dossier stagne dans les officines gouvernementales depuis plus de trois ans. Pour la députée, cette situation démontre qu’une bureaucratie trop puissante finit par éloigner les décisions des réalités du terrain.
Un Québec à deux vitesses : le coût humain du déficit régional
Cette déconnexion administrative engendre, selon Blanchette Vézina, un Québec à deux vitesses où les services de base s’effritent malgré des budgets records. Elle soutient que le calcul budgétaire actuel, basé strictement sur la proportion de la population, favorise systématiquement Montréal au détriment des régions, créant un déficit structurel et humain criant.
Pour étayer ses propos, la députée a cité des faits marquants de la réalité régionale :
- Santé : Des citoyens de la Gaspésie doivent encore effectuer quatre heures de route pour recevoir des soins de chimiothérapie.
- Famille : Au Bas-Saint-Laurent, certaines familles parcourent une heure et demie simplement pour consulter un médecin ou pour accoucher.
- Infrastructures : À Saint-Simon-de-Rimouski, les résidents subissent la pression du passage incessant de composantes d’éoliennes sur des routes inadaptées, alors qu’un projet d’autoroute attend d’être finalisé depuis près de 40 ans.
Le remède législatif : la régionalisation de l’immigration
Afin de renverser cette tendance à la dévitalisation, le clou de l’annonce a été la présentation d’une collaboration législative directe avec Éric Duhaime. Les deux alliés travaillent sur un projet de loi visant la régionalisation de l’immigration, dont le dépôt est prévu dans les prochaines semaines.
Ce projet de loi pragmatique repose sur quatre piliers majeurs :
- Décentralisation réelle : Redonner aux 17 régions du Québec des leviers décisionnels en matière d’immigration.
- Soutien aux PME : Axer l’accueil sur les besoins réels des petites et moyennes entreprises locales.
- Intégration et francisation : Assurer la réussite de l’accueil en respectant la capacité des milieux de vie.
- Protection des acquis : Inclure une clause de « droit acquis » pour sécuriser les travailleurs et investisseurs déjà établis sur le terrain.
L’authenticité comme moteur de changement
En conclusion, Blanchette Vézina a salué l’« authenticité » des militants conservateurs, une qualité qu’elle dit ne plus retrouver dans les autres formations politiques. Elle a terminé son allocution par un appel au courage collectif pour recentrer l’État sur ses missions essentielles : protéger les droits, assurer la sécurité et créer les conditions favorables à la liberté d’entreprendre.
Pour la députée de Rimouski, l’avenir du Québec ne se bâtira pas par des slogans, mais par des régions fortes économiquement et enfin capables de décider pour elles-mêmes plutôt que de subir les diktats d’une administration centrale déconnectée.

