Le choc à la pompe est brutal. En quelques jours, le prix a grimpé de plus de 10-20 % dans plusieurs régions. À Montréal, on voit des pics jusqu’à 1,84 $ le litre dans certains secteurs ; en région (Laurentides, Estrie, Saguenay), souvent autour de 1,63-1,73 $, mais avec des variations rapides. Le diesel? Autour de 2,45 $ le litre. Pourquoi? Parce qu’il y a une guerre en Iran et que le détroit d’Ormuz — le passage clé pour une bonne partie du pétrole mondial — est bloqué ou menacé. Le baril flambe, et nous, on paie cash.
Ce n’est pas une histoire lointaine. C’est ce qui arrive maintenant, en mars 2026, aux familles québécoises. On importe presque tout notre pétrole et notre gaz — on n’en produit quasiment rien ici. Résultat : chaque crise énergétique, qu’elle soit au Moyen-Orient ou ailleurs, nous frappe direct dans le portefeuille. Et ça ne touche pas juste l’essence : ça monte jusqu’à l’épicerie via nos agriculteurs qui absorbent les hausses, et à tous les biens de consommation via les frais de transport de marchandises — les camionneurs et les entreprises de logistique répercutent les coûts du diesel sur tout ce qui arrive dans les magasins, avec des surcharges de 13-14 % sur les livraisons dans bien des cas.
Les faits sont clairs, d’après L’État de l’énergie au Québec 2026 (Chaire HEC Montréal) : le Québec ne produit aucun pétrole brut ni gaz naturel fossile en quantité significative. Pratiquement aucun baril produit ici. On importe tout notre brut de l’Amérique du Nord — environ 60-65 % de l’Ouest canadien (surtout l’Alberta via pipelines) et le reste des États-Unis. On raffine ici à Montréal et Lévis, mais on reste 100 % dépendant de ces approvisionnements externes. Même le brut de l’Alberta transite en grande partie par des infrastructures américaines, ce qui nous rend vulnérables aux décisions politiques et réglementaires au sud de la frontière. Comme le prix du pétrole est fixé sur un marché mondial, une flambée ailleurs finit toujours par se rendre jusqu’à nous.
Avec la guerre en Iran et le blocage d’Ormuz :
– Hausses de plus de 10-20 % à la pompe en peu de temps.
– Diesel agricole qui explose : un agriculteur peut voir +50 000 $ par année juste en carburant.
– Engrais fabriqués avec pétrole/gaz, transport des récoltes, séchage, chauffage des serres : tout coûte plus cher.
– Résultat : pression directe sur les prix à l’épicerie et sur tous les biens de consommation pour tout le monde.
Pour une famille qui fait 15 000 km par année : une hausse de 20 cents le litre = 300-400 $ de plus juste en essence. Ajoute l’épicerie et les autres produits qui suivent, et ton budget prend un coup. C’est de l’appauvrissement silencieux. C’est comme si on signait un chèque en blanc à l’Alberta et aux Américains chaque fois qu’on barre le pistolet d’essence.
Si le gouvernement avait vraiment à cœur le bien-être des citoyens, il lui suffirait de suspendre temporairement certaines taxes sur les carburants durant ce genre de crise géopolitique. On se fait dire que les taxes servent à financer nos systèmes publics (santé, éducation, routes, etc.), mais quand le prix monte, Québec encaisse un « bonus » automatique de TVQ et de taxes provinciales sur notre dos. Les taxes (carbone, TPS, TVQ, provinciale) représentent souvent plus du tiers du prix final, et grimpent automatiquement avec le baril. Cet argent-là serait bien plus utile directement dans la poche d’un consommateur pour payer son épicerie que dans le système. Un dollar laissé dans la poche d’un consommateur, ça retourne direct dans l’économie locale. C’est ça, la vraie efficacité.
Au lieu d’importer et d’envoyer nos milliards en Alberta ou aux États-Unis, exploitons nos propres ressources (Gaspésie, Anticosti, Basse-Terre du Saint-Laurent) de façon responsable et assumée. Sans date butoir imposée : ça crée de la richesse réelle pour les Québécois.
Les redevances iront directement dans un fonds souverain québécois, comme la Norvège l’a fait sur des décennies : ils ont accumulé des centaines de milliards pour leurs citoyens. Chez nous, ça générerait des dizaines à centaines de millions par année — de l’argent qui reste ici.
En plus, on crée une réserve physique stratégique : du pétrole et du gaz stockés localement. En cas de choc comme aujourd’hui (Ormuz bloqué), on puise dedans pour amortir les chocs et éviter les montagnes russes de prix à la pompe et pour les agriculteurs. Comme les États-Unis avec leur Strategic Petroleum Reserve, le Japon avec ses énormes stocks stratégiques, ou l’Europe qui a renforcé ses réserves après l’invasion russe, on aurait enfin un outil concret pour protéger nos familles au lieu de subir.
Ça protège immédiatement nos producteurs agricoles (moins de chocs sur diesel et propane → coûts stables → épicerie qui grimpe moins vite pour nous tous). Et les redevances servent à financer la suite : transition vers plus d’autonomie énergétique (comme vu dans un précédent article sur le pont fossile).
– Créer un vrai filet social : les redevances du fonds souverain peuvent servir à soutenir les familles, baisser les charges ou investir directement dans le bien-être des citoyens québécois.
– Emplois de qualité bien rémunérés : foreurs, techniciens, ingénieurs, logistique — des jobs payantes non subventionnées à partir des poches des citoyens.
– Salaire moyen qui monte : une autre façon d’augmenter le revenu des Québécois, sans alourdir la facture des contribuables.
– Factures plus stables et assiette protégée : moins de chocs à la pompe et à l’épicerie quand il y a une crise loin d’ici.
– Argent qui reste au Québec : pour la santé, l’éducation ou simplement pour laisser plus d’argent dans les poches des familles.
– Bouclier réel : peu importe le conflit énergétique présent ou futur — au Moyen-Orient, en Amérique du Nord ou ailleurs — on n’est plus otages à 100 %.
L’autonomie énergétique, ce n’est pas un luxe. C’est notre seul vrai bouclier contre les crises énergétiques qui nous appauvrissent jour après jour. On a les ressources sous nos pieds — exploitons-les de façon responsable et assumée. Ça crée un filet social solide, des emplois payants et une vraie protection pour nos producteurs agricoles et nos assiettes.
Arrêtons de tout importer, de subir les hausses et de laisser la facture grimper sans rien faire. Le Québec peut être prospère et autonome. Il suffit de décider de le faire. On a la richesse sous nos pieds. Qu’est-ce qu’on attend pour arrêter de s’appauvrir ?
Sources :
– L’État de l’énergie au Québec 2026 — Chaire HEC Montréal
– Régie de l’énergie du Québec — Relevés hebdomadaires prix essence/diesel mars 2026
– TVA Nouvelles, Journal de Québec, La Presse, Radio-Canada — actualités mars 2026 sur hausses carburants liées au conflit Iran/Ormuz, impacts agricoles et transporteurs routiers (surcharges 13-14 %)
– Narcity, Journal de Montréal — analyses sur composition taxes carburants Québec 2026
– IEA – Oil Security: Emergency Reserves (2025-2026) – https://www.iea.org/topics/oil-security
– U.S. Department of Energy – Strategic Petroleum Reserve (2026) – https://www.energy.gov/ceser/strategic-petroleum-reserve
– European Commission – REPowerEU: Oil Stockholding (2023-2025) – https://energy.ec.europa.eu/topics/energy-security/repowereu_en
– METI Japon — Oil Stockpiling System (2025) — https://www.meti.go.jp/english/policy/energy_environment/oil/index.html


