Hugo,
Quelle ne fut pas ma surprise lorsque j’ai vu, dans un article du Journal de Québec paru le 31 janvier 2026, que tu reprochais à Pierre Poilievre de t’avoir nui lors de ta campagne lors des élections fédérales de 2025. Tu lui reproches d’avoir eu un style agressif et qu’un changement de chef était nécessaire. À mon sens, tu aurais dû t’abstenir de commentaires à ce sujet. Certes, Pierre Poilievre a sa part de blâme dans la défaite électorale de 2025. Cependant, l’ensemble du blâme repose sur toi. Si tu veux vraiment aller dans le blâme tous azimuts, autant y aller franchement.
Commençons par le début. Tu es investi seulement en début de campagne et tu ne te précipites pas trop pour rencontrer les gens de l’Association conservatrice de Beauport-Limoilou. Tu as préféré attendre le rassemblement de Pierre Poilievre à Québec pour rencontrer les principales figures de l’association, dont moi et mon ami David* le président. Tu donnais l’impression que tu essayais d’éviter de te mélanger aux militants de base, comme si tu considérais que le comté te revenait de droit.
Tu consultais très peu de personnes pour t’appuyer, alors que tu étais nouveau en politique fédérale. Avant cela, tu aidais ton père lorsqu’il faisait campagne pour ses élections pour devenir Maire de Beauport. Or, faire de la politique au municipal et faire de la politique au fédéral, il s’agit de deux choses complètement différentes. Au municipal, tu peux avoir une petite équipe, car il y a moins de terrain à couvrir qu’au fédéral. Or, tu as préféré faire cavalier seul lorsqu’il était question de faire du travail de terrain, en l’occurrence du porte-à-porte. Moi et David t’avions proposé de t’accompagner et tu l’avais refusé, étant donné que tu voulais que « personne d’autre ne parle en ton nom ». Pourtant, lorsque tu étais, avec plusieurs bénévoles, allé chercher chez l’ancien candidat de ton comté tout ce qu’il fallait pour meubler un local électoral, il t’avait prodigué des conseils, notamment à qui faire confiance ou pas. Comme j’en avais discuté avec ce dernier après la campagne, il t’avait dit que moi et David étions des gens fiables. Il faut croire que tu n’as pas trop suivi ses conseils. Or, la première leçon en politique est la suivante : ne jamais refuser l’aide qui t’est proposée. Le seul travail de terrain que tu nous envoyais faire à David, à moi ainsi qu’à d’autres, fut de déposer des pamphlets dans les boîtes aux lettres des citoyens. Ce type d’opérations peut se faire en fin de campagne, mais pas en milieu de campagne.
Or, tu écoutais peu les gens, dont moi, qui te disaient que tu t’y prenais mal dans ta campagne, alors qu’on connaissait mieux la politique fédérale que toi. En ce qui concernait la communication, tu parlais surtout de ton père, Jacques Langlois. Au début de la campagne, il est acceptable d’adopter cette stratégie. Or, tu as voulu utiliser cette stratégie tout au long de la campagne, faisant fi des jeunes. Tu souhaitais susciter la nostalgie chez les personnes d’un certain âge qui avaient connu ton père. Cependant, comme je te l’ai dit souvent « Le candidat, ce n’est pas Jacques Langlois, mais Hugo Langlois. ». À cela, tu avais répondu « Je comprends ce que tu me dis, mais… », faisant fi de ma remarque. Ainsi, tu as mal jaugé la situation, étant donné qu’il y avait de plus en plus de jeunes qui votaient pour les conservateurs. Il y a eu assez de reportages pour saisir cette tendance. Or, tu as préféré utiliser la nostalgie vis-à-vis de ton père pour tenter d’attirer des électeurs d’un certain âge qui, en général, avaient déjà l’intention de voter libéral. Ainsi, il y avait un choc entre les stratégies, étant donné que Pierre Poilievre tentait de convaincre les jeunes (avec succès, il faut le reconnaître), alors que tu voulais convaincre les électeurs nostalgiques de ton père. Tu aurais pu parler d’enjeux qui touchent plus les jeunes et qui touchent plus ton comté, comme l’insécurité, l’accès au logement, la croissance économique, etc. Ce fut ta stratégie de communication qui fut en grande partie responsable de ta défaite.
Mais encore, tu avais peu de considération pour ton équipe de campagne. Moi et David n’avions la tâche que d’être la courroie de transmission entre toi et les militants. Tout ce qui constituait le dirty job, c’est-à-dire ce que personne ne veut vraiment faire, mais qui est nécessaire, ce fut moi et David qui le faisions. Ce fut lui et moi qui avions contacté les membres conservateurs dans le comté pour leur demander s’ils étaient intéressés à s’impliquer dans la campagne. Ce fut aussi lui et moi qui devions appeler les membres pour savoir s’ils avaient voté lors du vote par anticipation. À cela, ta seule contribution fut d’envoyer quelques appels robotisés. Lorsqu’il était question de vider le local la veille et le jour J de l’élection, ce fut en grande partie moi et David qui l’avions fait, avec aucune aide de ta part, car tu étais parti faire je ne sais quoi à je ne sais où. Pas une seule fois dans la campagne tu n’as fait preuve de gratitude envers nous. Pas une seule offre de manger avec nous au restaurant ou une quelconque activité qui aurait pu souder les liens dans l’équipe. Ce fut une erreur, mais j’y reviendrai ultérieurement. L’insulte suprême à ton équipe de campagne fut lors de la soirée électorale. Lorsque David et moi avions achevé de vider, puis de fermer le local, ta conseillère nous avait demandé de décrocher la grosse pancarte électorale qui trônait sur le devant du local, ce que nous avions fait. Elle nous avait demandé ensuite de l’amener à la soirée électorale au Blaxton du Centre-Vidéotron. Nous nous acquittions de cette tâche non sans peine. Or, quand David et moi fûmes à la Soirée électorale où la majorité des candidats de la région de Québec étaient présents, toi tu n’y étais pas. Tu étais chez vous.
De plus, quand la campagne fut finie, tu n’avais même pas proposé un petit souper aux bénévoles qui avaient participé à ta campagne, peu importe l’importance de leur contribution. Cela aurait été un geste de gratitude qui aurait été plus significatif qu’un discours de remerciement creux. Tu n’as même pas voulu aider à rebâtir l’association après la défaite. Le moment le plus indécent fut quand, la même année, tu t’étais lancé en politique municipale. On voyait que tu te présentais en politique pour les mauvaises raisons, que tu allais en politique juste pour faire de la politique.
Tu avais mal planifié la campagne électorale, notamment en réservant un local électoral jusqu’au jour J. Il aurait été plus avisé de le réserver jusqu’au lendemain du jour J pour bien vider le local. Cela aurait bien épargné à David et moi plusieurs allers-retours du local au Storage Mart.
Ainsi, tu peux blâmer Pierre Paul-Hus, Pierre Poilievre, le Père Noël ou qui tu veux, il n’en demeure pas moins que c’était à toi de bien mener ta campagne. Certes, tu étais bon en débat, mais cela n’était pas suffisant pour gagner ton siège. Tu penses que Pierre Poilievre doit partir. D’accord, je peux comprendre ta position, mais la question est la suivante : qui tu proposes pour le remplacer? J’attends tes propositions. Dans le cas contraire, il serait plus avisé de s’abstenir de tout commentaire. Tu as échoué, à toi d’en assumer la responsabilité. Ton arrogance et ton refus de te mélanger aux militants ont causé ta perte. Tu es jeune comme politicien, Hugo. Il en revient à toi de faire preuve d’introspection. Je ne souhaite pas ton départ de la politique, mais je te souhaite d’apprendre de tes erreurs.
*Pour des soucis d’anonymat, j’ai préféré utiliser un nom fictif pour le nom du président.


