Samedi, janvier 10, 2026

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Scanner son doigt pour du papier de toilette : la folie du contrôle vénézuélien

Une autre sur la gestion désastreuse du gouvernement vénézuélien?

Dans une économie socialiste/marxiste, le gouvernement juge qu’il est meilleur que les individus pour déterminer ce qui est bon pour eux. Dans une volonté surement bien intentionnée, on détermine tout dans la vie des gens, des grands enjeux aux plus petits détails.

Le papier de toilette, cette commodité qui a fait donc bien jaser durant la Covid-19, était aussi problématique au Venezuela dans les années 2010. Un produit tellement banal est devenu un enjeu national.

Dans son infinie sagesse, le gouvernement avait fixé le prix du papier de toilette par carré de papier. Une entreprise nationalisée, Paveca, contrôlait plus de la moitié de la production, avec Procter and Gamble comme concurrent secondaire. Avant la fixation des prix, tout allait bien.

Du jour au lendemain, le prix plafonné faisait en sorte de diminuer de plus en plus le coût du papier de toilette à mesure que l’inflation augmentait. Ce qui coûtait disons une heure de travail en coûtait ensuite 10 minutes, puis 30 secondes. Vous voyez le genre.

Dans un vase clos, on se dit « génial, plus d’argent dans les poches des clients! ». Le problème c’est que malgré la volonté du gouvernement de tout contrôler, c’est impossible.

Le marché noir a explosé et un nouvel emploi est né. Les bachaqueros sont venus au monde en achetant au Venezuela puis en revendant en Colombie ou ailleurs pour des profits impressionnants, plus de 1000 % parfois.

Comme la demande n’arrêtait pas de grandir, les entreprises ont essayé de suivre la cadence. Le problème c’est que comme on l’a vu dans un post précédent, le gouvernement contrôlait aussi les monnaies étrangères et la capacité d’importer de la matière première. Paveca, propriété du gouvernement lui-même, n’était même pas capable d’importer pour produire plus!

S’en sont suivi d’immenses pénuries et l’émergence d’un marché noir hautement lucratif. La demande en papier de toilette est passée de « banale » à « infinie » pour nourrir les bachaqueros dans leur quête de profit.

La même dynamique s’est reproduite avec tous les produits de base. Il devenait impossible d’acheter de la pâte à dent ou du déodorant quand on voulait ; il fallait attendre que les quotas rentrent sur les tablettes. De longues files d’attente se développaient chaque jour.

Le gouvernement a bien voulu contrôler la revente. On a commencé par fixer un nombre maximal de produits par achat. Les gens faisaient plusieurs magasins chaque jour.

Puis on a déterminé que seulement les gens avec un numéro d’assurance sociale finissant en 0 ou 1 achetaient le lundi, 2 ou 3 le mardi, etc. La même fraude de multi-magasins se produisait et il y avait un enjeu de sécurité d’identité.

On s’est même rendu à prendre les empreintes digitales des acheteurs pour s’assurer que chacun respectait sa ration. Imaginez ça, devoir scanner son index pour acheter du papier de toilette. On est pas mal plus hardcore qu’un passeport vaccinal rendu là…

Ultimement, la pénurie s’est empirée et les files se sont allongées. Qu’est-ce que le gouvernement a fait? Il a emprisonné les dirigeants de supermarchés et de pharmacies qui « utilisaient des stratégies anti-patriotiques pour forger une fausse image d’échec des mesures publiques »!

La leçon de tout ça? La planification centralisée ne fonctionnera jamais. Si on essaie de contrôler le libre marché, on sait ce qu’on veut, mais on ne saura jamais ce que ça va réellement donner. Chaque individu a ses propres motivations et ses propres besoins — c’est l’assemblage de tout ça qui crée notre économie et notre société.

Garder ça en tête à chaque nouvelle loi et à chaque nouvelle restriction gouvernementale, qu’importe le palier ou son apparente logique.

Lire ce livre-là donne le goût de hurler, mais on comprend beaucoup mieux pourquoi des millions de Vénézuéliens ont quitté le pays sans jamais vouloir y revenir.

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David Chabot
David Chabot
David Chabot, professionnel des relations publiques et de la gestion politique, a d’abord été restaurateur avant de se réorienter vers la politique municipale, sa passion. Aujourd’hui Chef des communications et Directeur du bureau du président d’une grande entreprise immobilière, il collabore avec des décideurs politiques et économiques. Titulaire d’un baccalauréat en science politique, il complète une maîtrise en affaires publiques et un MBA en gestion immobilière à l’Université Laval. Pragmatique et stratège, il excelle en négociation, planification et influence.

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