Vendredi, janvier 9, 2026

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Trump largue 66 organisations internationales d’un coup de plume

Le président américain Donald Trump a signé mercredi un mémorandum présidentiel ordonnant le retrait immédiat des États-Unis de 66 organisations internationales, incluant 31 entités de l’ONU et 35 organisations non-onusiennes. Cette décision marque un tournant majeur dans l’isolement américain sur la scène mondiale, particulièrement dans les dossiers climatiques et de coopération internationale.

Un retrait massif orchestré par Rubio

Le mémorandum présidentiel s’appuie sur une révision exhaustive menée par le secrétaire d’État Marco Rubio, lancée en février 2025 par le décret présidentiel 14199 (Executive Order 14199). Dans son rapport transmis à Trump, Rubio a déterminé que ces institutions sont « redondantes dans leur mandat, mal gérées, inutiles, gaspilleuses, mal dirigées, ou tombées sous la coupe d’intérêts qui promeuvent des programmes contraires aux nôtres ». Le document présidentiel indique explicitement: « J’ai examiné le rapport du secrétaire d’État et, après avoir délibéré avec mon Cabinet, j’ai déterminé qu’il est contraire aux intérêts des États-Unis de rester membre, de participer à, ou de fournir un quelconque soutien aux organisations listées ».

Rubio a justifié cette purge institutionnelle en affirmant sur les réseaux sociaux: « Aujourd’hui, le président Trump a annoncé que les États-Unis quittent 66 organisations internationales anti-américaines, inutiles ou gaspilleuses ». Le secrétaire d’État a précisé que la révision d’organisations supplémentaires se poursuit, laissant présager d’autres retraits à venir.

La Convention climatique de 1992 dans la ligne de mire

Parmi les retraits les plus significatifs figure la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC, ou UNFCCC en anglais), le traité fondateur adopté en 1992 à Rio de Janeiro qui constitue l’épine dorsale de toutes les négociations climatiques mondiales. Ratifiée par 197 pays, la CCNUCC avait été approuvée rapidement par le Sénat américain en 1992, faisant des États-Unis le quatrième pays à la ratifier et le premier parmi les nations industrialisées. Si ce retrait se concrétise, les États-Unis deviendraient le premier pays à quitter ce traité qui établit le cadre des sommets annuels sur le climat (COP) et sous-tend l’Accord de Paris que Trump a déjà quitté une deuxième fois le premier jour de son mandat.

Cette décision complique considérablement la possibilité pour une future administration de réintégrer l’Accord de Paris, puisque celui-ci a été établi sous l’égide de la CCNUCC. L’ancien secrétaire d’État et envoyé climatique américain John Kerry a qualifié cette action de « cadeau à la Chine et une carte « sortie de prison gratuite » pour l’Inde et d’autres pollueurs qui veulent éviter leurs responsabilités ».

Une liste impressionnante de ruptures

Le mémorandum énumère méthodiquement les 35 organisations non-onusiennes visées, incluant notamment le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), et le Forum mondial de lutte contre le terrorisme (GCTF). Du côté des 31 entités de l’ONU abandonnées figurent le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED, ou UNCTAD en anglais), l’Entité des Nations unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes (ONU Femmes), et plusieurs commissions économiques régionales.

Le retrait du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) prive l’organisation de son plus important contributeur gouvernemental: les États-Unis lui avaient versé 194,4 millions de dollars en 2023, représentant 11% de toutes ses contributions. Ce financement américain soutenait principalement les interventions en contexte d’urgence et servait 47,6 millions de femmes et couples avec des services de contraception moderne.

Une stratégie « America First » assumée

L’administration Trump présente cette vague de retraits comme une application cohérente de sa doctrine « America First » visant à restaurer la souveraineté américaine et à mettre fin au financement d’organisations jugées inutiles. Le mémorandum ordonne à « tous les départements exécutifs et agences de prendre des mesures immédiates pour effectuer le retrait des États-Unis des organisations listées dans la section 2 de ce mémorandum dès que possible ». Pour les entités onusiennes, le retrait signifie : « cesser la participation ou le financement à ces entités dans la mesure permise par la loi ».

Rubio a défendu cette approche sélective de la coopération internationale: « Nous ne continuerons pas à dépenser des ressources et du capital diplomatique pour [donner de] la légitimité et du poids à une participation dans des organisations qui sont sans importance ou en conflit avec notre sécurité nationale ou nos intérêts de politique étrangère. Nous accueillons la coopération là où elle sert nos intérêts et resterons fermes là où ce n’est pas le cas ». Cette déclaration marque un changement radical dans l’approche américaine du multilatéralisme.

Un précédent qui inquiète les alliés

Cette décision survient dans un contexte où l’administration Trump multiplie les actions qui déstabilisent tant les alliés que les adversaires, incluant des déclarations sur l’acquisition du Groenland et des opérations militaires contre le leader vénézuélien Nicolás Maduro. Les États-Unis demeurent pourtant le plus important contributeur aux Nations Unies, responsable de 22% du budget régulier de l’ONU (plus de 820 millions de dollars en 2025) et d’environ 26% du budget des opérations de maintien de la paix.

La Maison-Blanche a publié une fiche d’information accompagnant le mémorandum, rappelant que « immédiatement après son retour au pouvoir, le président Trump a initié le retrait des États-Unis de l’Organisation mondiale de la santé et de l’Accord de Paris sur le climat ». Elle précise également qu’au premier jour de son administration, Trump avait signé un mémorandum pour notifier à l’OCDE que son accord fiscal mondial « n’a aucune force ni effet [juridique] aux États-Unis ».

Cette série de retraits s’inscrit dans un schema établi lors du premier mandat de Trump, durant lequel les États-Unis s’étaient déjà retirés de l’OMS, de l’UNRWA, du Conseil des droits de l’homme de l’ONU et de l’UNESCO. La différence cette fois-ci réside dans l’ampleur et la rapidité de l’opération, qui vise 66 organisations d’un seul coup.

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Maxym Perron-Tellier
Maxym Perron-Tellier
Maxym Perron-Tellier est journaliste pour PiluleRouge.ca. Passionné de politique depuis plus de dix ans, il s'est impliqué à plusieurs reprises sur la scène provinciale. Entrepreneur en informatique, il allie rigueur journalistique et regard critique sur l’actualité. Son approche analytique et son sens de l’humour apportent une perspective unique aux sujets qu’il couvre.

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