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Quand l’armée délaisse la défense pour devenir gardienne de vertu

Depuis quelques années, les Forces armées canadiennes (FAC) montrent un glissement préoccupant : leur mission première — protéger, défendre, se préparer — est supplantée par une logique de mise en scène identitaire. L’institution devient un porte-drapeau de causes sociales, ce qui pose un problème lorsqu’il s’agit d’une force armée censée incarner la neutralité et la cohésion nationale. Le dernier signe en date est l’instauration officielle, le 20 novembre 2025, de la Journée du souvenir trans (JST) par l’appareil ministériel, comme l’atteste le site du ministère de la Défense nationale du Canada. Cette journée a été adoptée et reconnue officiellement dans le cadre de l’armée, promotrice d’une nouvelle commémoration identitaire présentée dans un communiqué daté du 17 novembre 2025.

Une commémoration militaire détournée

Le véritable Jour du Souvenir, celui qui honore les soldats morts au service du pays, doit rester sacré. Le 11 novembre commémore la fin des combats de la Première Guerre mondiale et rappelle le sacrifice immense de ceux qui ont servi. Or, une nouvelle journée, le Jour du Souvenir Trans (JST), se retrouve maintenant inscrite au calendrier militaire. C’est un signal fort d’une reconfiguration symbolique qui ne peut passer inaperçue. En clair, on transforme une institution chargée de défendre la nation en instance de célébration identitaire et idéologique, et ce glissement change profondément la nature des rituels militaires.

Symboles armés vs symboles militants

Dans une armée, les symboles ne sont jamais anodins. Un uniforme, un insigne, un drapeau : chacun porte un sens, une histoire et une fonction. Ils rappellent que le soldat représente l’ensemble de la nation, pas un segment particulier de celle-ci. C’est pourquoi la levée du drapeau trans — ou de tout autre drapeau militant — devant un quartier général militaire constitue une rupture profonde dans la symbolique militaire. Ce n’est pas un acte lié à la défense nationale, mais un geste militant qui relève davantage de la communication politique que du mandat militaire.

Un drapeau militaire n’est pas un drapeau d’opinion. Les drapeaux qui flottent dans les bases ont une signification bien précise : le drapeau national, les drapeaux régimentaires, les fanions opérationnels, les emblèmes des missions ou des unités spécifiques, comme le castor emblématique du Royal 22e Régiment. Ces symboles représentent la collectivité entière, la souveraineté du pays et la chaîne de commandement. Un drapeau identitaire, à l’inverse, ne représente qu’un groupe spécifique défini par une particularité sociale ou culturelle. Sa place n’est pas sur un mât militaire.

Une armée n’existe pas pour refléter des identités individuelles : elle existe pour protéger tous les citoyens. Les symboles armés doivent rassembler, unir, rappeler que chaque soldat, quelle que soit sa réalité personnelle, porte l’uniforme au nom du pays dans son ensemble. Introduire des symboles militants revient à transformer l’armée en vitrine sociopolitique, ce qui n’a aucun lien avec sa mission fondamentale. Une force armée n’est pas une coalition de communautés, mais une institution nationale. Et si l’armée commence à afficher des drapeaux identitaires, elle ouvre la porte à une question impossible à ignorer : pourquoi celui-ci, et pas les autres? Ce qui serait jugé absurde pour un drapeau « hétéro », inacceptable pour un drapeau religieux ou hors contexte pour un drapeau culturel devient soudain acceptable pour un symbole trans. C’est incohérent. Une armée forte ne peut pas se fragmenter en micro-symboles. Elle doit rester unie sous un seul drapeau : celui du Canada.

À quoi sert la levée de ce drapeau? À rien qui touche la défense. Cela n’améliore pas la préparation opérationnelle, n’augmente pas la capacité de combat, ne renforce pas la cohésion des troupes et ne protège aucunement le territoire. Il s’agit d’une opération d’image destinée à s’attirer l’approbation médiatique et politique, et non à renforcer l’armée. Autrement dit, on remplace les symboles de souveraineté par des symboles de vertu.

Une hiérarchie idéologique remplace la hiérarchie militaire

Dans une armée, la hiérarchie devrait reposer sur la compétence, l’expérience, la chaîne de commandement et les impératifs opérationnels. Pourtant, depuis quelques années, un glissement s’opère : les priorités ne sont plus dictées par les besoins militaires, mais par les programmes internes de communication, les cellules de relations publiques et les comités dédiés aux « alliances inclusives ». Ces structures, qui devraient être accessoires, ont pris une importance démesurée, au point de substituer l’autorité idéologique à l’autorité militaire.

Les soldats ne s’engagent pas pour militer ni pour hisser des drapeaux identitaires. Ils s’engagent pour défendre le pays, se préparer au combat, maintenir l’ordre et assurer la sécurité nationale. Malgré cela, le discours interne a changé : l’efficacité militaire semble reléguée au second plan au profit de l’affichage identitaire. Et les conséquences se manifestent déjà de manière tangible.

Le recrutement décline depuis des années. Les nouvelles générations voient une institution bureaucratisée, mal équipée, préoccupée avant tout par son image idéologique et donnant l’impression qu’elle doit s’adapter aux codes militants plutôt que défendre les standards militaires. Dans un contexte où toutes les institutions peinent à attirer du personnel, l’armée s’est tirée une balle dans le pied en ajoutant une couche idéologique inutile.

Les vétérans, les « vieux de la vieille », quittent en nombre grandissant. Beaucoup ne se reconnaissent plus dans cette armée hyper-politique qui n’a plus rien à voir avec celle qu’ils ont servie. Ils ont servi une force neutre, disciplinée, centrée sur la mission et enracinée dans la tradition militaire. Ils ont porté un uniforme gagné à la sueur de multiples entraînements. Aujourd’hui, ils constatent des directives idéologiques imposées d’en haut, des formations obligatoires sans lien avec la préparation opérationnelle, des priorités déconnectées du terrain et des symboles militants qui remplacent les symboles régimentaires. La rétention s’effondre et, avec elle, la mémoire opérationnelle, l’expertise et la stabilité des unités.

Pendant que l’idéologie avance, le reste recule. On commémore une nouvelle journée, on hisse un nouveau drapeau, on modifie le langage interne, on multiplie les affiches de diversité dans les bases. Mais sur le plan opérationnel, rien ne s’améliore. Ce basculement idéologique survient alors que les problèmes militaires réels s’aggravent : le recrutement fléchit, la rétention s’écroule, l’équipement vieillit, les véhicules tombent en ruine, les infrastructures se détériorent, les missions sont sous-financées et les effectifs demeurent en sous-effectif chronique. Alors que l’armée manque cruellement de bras, de ressources et de matériel, elle continue d’investir temps et énergie dans des initiatives de visibilité identitaire.

Le prix de la crédibilité et de la cohésion

Une armée doit rassembler, pas diviser. Elle doit inspirer confiance, et non projeter l’image d’une institution transformée en plateforme de marketing social. Lorsqu’une force militaire s’engage dans des tribunes identitaires, elle abandonne une partie de sa neutralité opérationnelle et fragilise sa propre légitimité. Les soldats eux-mêmes se sentent de moins en moins concernés par leur mission. Certains restent uniquement pour le salaire, les avantages et les assurances quasi totales, attendant que le temps passe jusqu’à la retraite, détachés d’une institution qui ne les représente plus.

Le public, lui aussi, s’interroge. Une question revient souvent : que défendent-ils vraiment? La cohésion interne s’effrite, la crédibilité externe s’érode et les symboles militants prennent le pas sur les réalités opérationnelles.

Conclusion

Oui, nos troupes sont en surpoids. Oui, une partie de l’équipement est désuet. Oui, certains véhicules tombent littéralement en ruine. Mais au moins, pour se rassurer, nos militaires ont maintenant accès à des tampons dans les toilettes des hommes, et nos soldats sont devenus des experts certifiés… en pronoms. Si seulement l’ennemi pouvait être terrassé par une impeccable gestion des pronoms, nous serions invincibles.

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