Vendredi, janvier 23, 2026

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Médias traditionnels : vecteurs de terreur ou sentinelles de l’information?

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Il faudrait peut-être commencer à poser la question franchement, sans gant blanc, sans respect excessif pour une institution qui ne se respecte plus elle-même : à quel moment le procureur général du Québec va-t-il considérer que certains médias ne font plus de l’information, mais de la terreur psychologique? Pas de la métaphore. Pas de l’exagération rhétorique. De la terreur. Du conditionnement par la peur. Une fabrique industrielle d’angoisse en continu, 24/7, financée par la concentration médiatique, la paresse intellectuelle et une concurrence quasi inexistante.

Parce qu’il faut appeler les choses par leur nom. Quand chaque bulletin de nouvelles est structuré comme un trailer de film catastrophe, quand chaque enjeu est présenté comme une menace existentielle immédiate, quand le moindre événement est gonflé jusqu’à provoquer panique, colère ou désespoir, on ne fait plus de l’information. On joue avec le système nerveux collectif et principalement à celui des individus fragiles et laissés à eux-mêmes.. Et les dommages collatéraux ne sont pas théoriques. Ils sont bien réels. Ce sont des gens anxieux, des gens rendus impotents, des gens déjà au bord du gouffre qui absorbent cette soupe toxique comme une réalité objective.

Les médias traditionnels québécois et canadiens adorent se draper dans la vertu démocratique. Ils se voient comme des remparts contre la désinformation, des phares dans la tempête, des prêtres laïcs de la vérité. Mais la vérité dérange : ils sont devenus les premiers diffuseurs d’hystérie de masse. Le COVID a été le laboratoire parfait. Un terrain de jeu idéal pour tester jusqu’où on pouvait pousser la peur avant que la population ne craque. Compteurs de morts en temps réel, titres apocalyptiques, scénarios du pire présentés comme probables, parfois comme inévitables. Toute nuance était suspecte. Toute dissidence intellectuelle assimilée à un danger public.

Et ce n’est pas un accident. C’est un modèle. Une mécanique bien huilée. La peur capte l’attention. L’attention génère des clics. Les clics justifient la publicité. Et la publicité finance le système. Peu importe les dégâts. Peu importe les cerveaux grillés au passage.

C’est exactement là-dessus que Frank le Dédômiseur met le doigt, avec une lucidité que beaucoup refusent d’avoir :
« Une chose est certaine. Sans Covid, le discours apocalyptique sur Trump ne serait pas possible. Le shift psychotique du deuxième mandat a vraiment été rendu possible parce que les médias et les politiciens ont compris en 2020-2021 que qui contrôle la peur contrôle tout le reste. De 2016 à 2020, le discours anti-Trump ne percolait pas autant. Là c’est rendu un délire mainstream dont n’importe quel quidam peut te parler. »

Il a raison. Totalement. Le COVID n’a pas seulement été une crise sanitaire. Il a été une démonstration de pouvoir. Une preuve de concept. Les médias ont compris qu’ils pouvaient créer une réalité émotionnelle parallèle, dans laquelle la peur devient la norme et le calme devient suspect. Une fois ce bouton découvert, impossible de ne pas l’utiliser ailleurs. Politique, climat, sécurité, extrémisme, tout devient prétexte à maintenir l’état d’alerte permanent.

Et pourquoi ça marche aussi bien ? Parce qu’au Québec et au Canada, la diversité médiatique est largement une illusion. Quelques grands groupes contrôlent l’essentiel du récit narratif. Les mêmes experts tournent en boucle. Les mêmes angles sont recyclés. Les mêmes mots-clés sont martelés. Il n’y a pas de véritable concurrence idéologique, seulement une variation cosmétique autour d’un consensus imposé. On appelle ça du pluralisme. En réalité, c’est un chœur, c’est du circle-jerking-incestuel, pour ne pas dire plus poliment et proprement de l’entre-soi.

Le problème, c’est que ce chœur chante toujours la même chanson : catastrophe imminente, démocratie en péril, société au bord du gouffre. Et quand tout est urgent, plus rien ne l’est vraiment. Sauf que les cerveaux humains, eux, ne sont pas faits pour vivre en alerte constante. Résultat : anxiété généralisée, paranoïa politique, radicalisation émotionnelle, perte de repères. Les médias aiment parler de santé mentale. Ils devraient commencer par balayer devant leur propre porte.

Alors non, il ne s’agit pas de censurer. Il s’agit de responsabilité. Il s’agit de reconnaître qu’informer n’est pas manipuler les émotions. Qu’alerter n’est pas terroriser. Qu’expliquer n’est pas effrayer. Et surtout, qu’un média qui se comporte comme un pyromane émotionnel ne peut pas ensuite se présenter comme pompier de la démocratie.

La solution ne viendra pas d’en haut. Elle ne viendra pas d’un décret magique. Elle viendra des citoyens. De ceux qui décident de diversifier leurs sources. De comparer. De lire au-delà des titres. De trianguler. De sortir de la diète médiatique unique. De faire ce que les médias prétendent encourager, mais redoutent réellement : réfléchir par soi-même.

Faire ses propres recherches n’est pas un slogan complotiste. C’est une nécessité civique. C’est refuser de déléguer son jugement à des salles de nouvelles qui ont compris que la peur paie mieux que la vérité. C’est accepter l’inconfort de la complexité plutôt que le confort toxique de l’indignation clé en main.

Parce qu’au final, le vrai terrorisme médiatique, ce n’est pas la désinformation brute. C’est la peur organisée. Et tant que l’on continuera à la consommer sans esprit critique, ils continueront à la produire.

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Samuel Rasmussen
Samuel Rasmussen
Samuel Rasmussen, alias Le Blond Modéré, est membre des Trois Afueras et collaborateur du podcast Ian & Frank. Titulaire d'une formation en relations internationales à l'Université de Sherbrooke, il s'intéresse particulièrement à la géopolitique, aux zones d'influence et aux différentes formes de pouvoir.

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