Vendredi, janvier 30, 2026

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Taux à 2,25 % : La Banque du Canada impuissante face aux « dommages structurels » du protectionnisme

Si la Banque du Canada a opté pour le statu quo en maintenant son taux directeur à 2,25 % mercredi, le gouverneur Tiff Macklem a profité de la tribune pour livrer un constat sans équivoque : les barrières commerciales érigées par les États-Unis placent désormais l’économie canadienne sur une trajectoire de croissance « structurellement plus faible ».

Loin des messages rassurants habituels, la direction de la Banque a admis les limites de son propre pouvoir. La politique monétaire ne pourra pas « compenser les dommages structurels » causés par les tarifs douaniers ni venir à la rescousse de secteurs spécifiques mis à mal par le changement de régime commercial.

Une économie rendue « moins efficace »

L’institution fédérale a dressé le portrait d’une économie entravée par les frictions aux frontières. Selon M. Macklem, la fin de l’accès ouvert au marché américain signifie concrètement que « l’économie fonctionne moins efficacement ».

Ce diagnostic valide la théorie selon laquelle les entraves au libre-échange finissent par appauvrir la productivité globale. « Cela met l’économie sur un chemin de façon permanente plus bas », a prévenu le gouverneur, soulignant que la perte d’efficacité dans les échanges commerciaux a un coût réel pour la prospérité du pays.

Dans ce contexte d’incertitude qualifiée d’« incroyablement élevée », la croissance du PIB devrait demeurer modeste, à 1,1 % en 2026, l’économie ayant « probablement calé » lors du dernier trimestre de 2025.

Le secteur privé forcé de s’adapter

Alors que les gouvernements multiplient les « incitatifs » et les dépenses d’infrastructures pour tenter de stimuler l’activité, la Banque observe que c’est surtout le secteur privé qui devra porter le fardeau de l’ajustement.

M. Macklem a noté que les entreprises ont déjà commencé à réagir rationnellement aux signaux du marché en « réorganisant les chaînes d’approvisionnement » et en cherchant de « nouveaux clients » pour leurs exportations, contournant ainsi les obstacles politiques américains.

Cette transition vers une économie plus diversifiée ne se fera toutefois pas sans heurts. La Banque prévoit une nécessaire « réallocation de capitaux et de main-d’œuvre », un processus de destruction créatrice où les ressources devront quitter les secteurs devenus non compétitifs pour se diriger vers de nouvelles opportunités.

L’indépendance de la Fed : un bouclier nécessaire contre l’inflation

Le gouverneur Tiff Macklem est monté au créneau pour défendre l’autonomie de la Réserve fédérale américaine (Fed) face aux pressions politiques. Son message est sans équivoque : pour garantir une monnaie saine, les banques centrales doivent rester libres de leurs décisions.

M. Macklem a rappelé une leçon fondamentale de l’histoire économique : les institutions qui opèrent sans ingérence politique réussissent nettement mieux à garder les prix stables. L’indépendance permet de prendre des décisions difficiles, mais nécessaires pour le long terme, là où le pouvoir politique cherche souvent le gain immédiat.

L’enjeu est critique pour le Canada. Nos marchés financiers étant soudés à ceux de notre voisin, une Fed politisée et affaiblie exporterait inévitablement son instabilité chez nous. Pour la Banque du Canada, protéger cette indépendance est donc essentiel pour préserver la confiance des investisseurs et, ultimement, le pouvoir d’achat des citoyens.

L’incertitude politique gèle les investissements

Pourquoi les entreprises hésitent-elles à investir? La réponse de la première sous-gouverneure, Carolyn Rogers, est simple : il est impossible de planifier quand les règles du jeu changent constamment.

Pour un dirigeant d’entreprise aujourd’hui, « c’est très difficile de décider » où placer son argent face à un tel flou politique, a-t-elle expliqué. Conséquence directe : même si les entreprises ont besoin de se moderniser, elles préfèrent garder leurs capitaux plutôt que de prendre des risques dans cet environnement instable.

Quant à l’avenir des taux d’intérêt, la Banque du Canada a rangé sa boule de cristal. Le gouverneur Macklem a admis franchement qu’il est désormais « difficile de prédire » la prochaine décision. La raison est que l’économie dépend maintenant de décisions politiques imprévisibles (comme les tarifs américains) plutôt que de la mécanique économique habituelle.

Le message final de l’institution est un retour aux fondamentaux : elle se concentrera uniquement sur sa cible d’inflation de 2 %, laissant aux entreprises la lourde tâche de s’adapter à cette nouvelle réalité.

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Maxym Perron-Tellier
Maxym Perron-Tellier
Maxym Perron-Tellier est journaliste pour PiluleRouge.ca. Passionné de politique depuis plus de dix ans, il s'est impliqué à plusieurs reprises sur la scène provinciale. Entrepreneur en informatique, il allie rigueur journalistique et regard critique sur l’actualité. Son approche analytique et son sens de l’humour apportent une perspective unique aux sujets qu’il couvre.

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