Après le Venezuela, j’en viens à me dire que Trump et son équipe pourraient être tentés de faire le même coup au régime en place à Cuba. Je ne crois pas les chances si grandes, mais tant qu’à jaser, jasons.
Depuis la retraite de Raúl Castro, frère de Fidel du même nom, le symbole Castro n’existe plus à Cuba. Le pays est relativement stable, à ses qualités et plusieurs défauts, mais n’attire pas l’attention. Les ressources naturelles sont relativement limitées et le tourisme est la grosse part du PIB. Pourquoi, alors, pousser pour un changement de régime?
Premièrement, pour enlever une roche du soulier historique américain. Depuis la révolution cubaine en 1959, il y a eu des hauts et des bas dans la relation avec les États-Unis.
Les bas, on les connait avec la crise des missiles et la catastrophe de la Baie des Cochons.
Les hauts, well… moins fréquents, mais disons qu’une relation stable avec une base militaire quand même importante à Guantanamo Bay, c’est le mieux qu’on a vu.
Par contre, Cuba reste un régime relativement anti-américain, bien que beaucoup moins vocalement qu’avant. On apprenait il y a quelques heures par exemple qu’une vingtaine de soldats « d’élite » cubains ont été tués à Caracas lors de l’enlèvement de Maduro, eux qui étaient engagés pour le protéger. On sait que Cuba est actif à bien des endroits en Afrique encore à ce jour, malgré sa relative faiblesse militaire.
Se débarrasser de cette nuisance n’est donc pas sans impact, bien que ce ne soit pas un intérêt national urgent.
Aussi, la diaspora cubaine est immense aux États-Unis, particulièrement en Floride pour des raisons évidentes. Le vote latino est assez important pour faire pencher la balance dans bien des États. Leur « faire plaisir » en sortant le régime qui les a poussés à partir n’est donc pas dénué de sens.
Rappelons surtout que Marco Rubio est de descendance cubaine. Sa famille a quitté Cuba en 1956 et il a toujours eu dans sa plateforme une position dure envers le régime communiste. Aussi récemment qu’hier, il affirmait que « être Cuba, je serais inquiet pour la suite ».
Rubio a des aspirations à la présidence et il a un fort sens du legs historique. Avec un terreau favorable avec Trump en mode combat, il pourrait influencer l’équipe pour utiliser les mêmes troupes qui sont actuellement dans les Caraïbes pour « continuer le ménage ».
Un changement de régime permettrait de changer la dynamique dans les Caraïbes, régulariser les relations entre les deux pays et permettre des échanges économiques à nouveau. Comme gars d’immobilier, Trump comprend mieux que bien des gens l’intérêt du terrain cubain.
Bref, je ne vois pas ça arriver la semaine prochaine, ce n’est pas dans le narratif en ce moment, mais d’ici les mid-terms en novembre? Peut-être bien.


