De passage dimanche dernier à Saint-Alexandre, dans le Bas-Saint-Laurent, dans le cadre d’une activité partisane, l’aspirant-chef du Parti libéral du Québec, Charles Milliard, a lancé un appel à ceux et celles tentés de voter pour le Parti conservateur du Québec d’Éric Duhaime. Selon lui, les orientations de sa formation politique sous sa gouverne pourraient séduire une partie de cet électorat.
M. Milliard a d’ailleurs invité les nombreux militants présents sur place à se mobiliser en ce sens. « Près de 40 % des électeurs qui envisagent de voter pour Éric Duhaime sont ouverts à changer d’idée. Je crois que plusieurs sympathisants du Parti conservateur du Québec peuvent se reconnaître au Parti libéral, notamment à travers une gestion rigoureuse des finances publiques, le retour à l’équilibre budgétaire et la fin des dépenses inutiles. J’ai besoin de vous pour aller les convaincre », a-t-il lancé.
Il a également profité de l’occasion pour décocher quelques flèches à l’endroit d’Éric Duhaime, en rappelant certaines déclarations passées formulées à l’époque où ce dernier était animateur de radio. Ces critiques visaient notamment le rapprochement entre l’ex-ministre caquiste devenue députée indépendante dans Rimouski, Maïté Blanchette Vézina, et le Parti conservateur du Québec.
En effet, abordant la question du régime forestier, Charles Milliard a dénoncé une réforme qu’il juge largement rejetée en région, soulignant que le régime porté par Mme Blanchette Vézina avait réussi « l’exploit de faire l’unanimité contre lui », tant chez les travailleurs forestiers que chez les entreprises et les groupes de protection de l’environnement.
« Mme Blanchette Vézina se tient maintenant avec Éric Duhaime, qui a déjà affirmé, il y a une dizaine d’années, qu’on pourrait bien fermer la Gaspésie et que ce ne serait pas si pire que ça. Des fois, les paroles restent. Ce ne sont pas des visions qui m’inspirent pour le développement des régions, et c’est pour ça qu’on a besoin de rebâtir une équipe très forte », a-t-il déclaré.
Critiques envers la CAQ
Également très critique à l’endroit de la Coalition avenir Québec, Charles Milliard n’a pas mâché ses mots à l’égard de la gestion du gouvernement Legault. Il a même affirmé avoir « plus de respect pour le Parti québécois que pour la CAQ », estimant que le projet du PQ a au moins le mérite d’être clair. À ses yeux, la CAQ se distingue surtout par son incohérence, changeant d’orientation « dépendant de ce qu’il y a dans le journal le matin », que ce soit sur le troisième lien, l’immigration ou l’apprentissage du français. Une gestion qu’il a qualifiée de « honteuse », dénonçant au passage la volonté du gouvernement de se lancer dans l’adoption d’une constitution du Québec à quelques semaines de la fin de la session parlementaire.
Sur le dossier du troisième lien, il a également remis en question la crédibilité de la CAQ pour mener ce projet à terme. « Avant de changer de tracé, il faut changer de promoteur. Le promoteur, c’est la CAQ », a-t-il soutenu.
Pas d’échéancier clair
L’aspirant-chef n’a toutefois avancé aucun échéancier concernant la construction d’un troisième lien, se contentant de réitérer son appui au principe du projet.
« Je suis favorable au troisième lien. Si on veut développer la capitale nationale et l’Est-du-Québec, dans 10 à 15 ans, c’est évident qu’il faudra un troisième lien. Pour l’instant, je ne suis ni dans l’échéancier ni dans le tracé », a-t-il expliqué, ajoutant qu’il faudra d’abord évaluer les coûts réels du projet. Selon lui, le tracé actuellement proposé « ne fait consensus auprès de personne, à l’exception de Jonathan Julien ».
Recréer une alliance
En traçant sa vision pour l’avenir du Parti libéral du Québec, Charles Milliard a reconnu que sa formation est aujourd’hui largement perçue comme concentrée dans l’ouest de Montréal, un constat qu’il juge factuel. Il dit toutefois vouloir rebâtir un PLQ capable de gagner à nouveau dans les régions, de la Côte-du-Sud à l’Estrie, en passant par Rivière-du-Loup jusqu’en Gaspésie, tout en demeurant compétitif dans des circonscriptions clés de Québec. Pour y parvenir, il souhaite renouer avec l’esprit des grandes années du parti, évoquant l’héritage de Robert Bourassa, une époque où le PLQ rassemblait fédéralistes, nationalistes québécois et régionalistes au sein d’une même alliance. « Repartir cette coalition large et enracinée dans les régions, c’est ce qui me motive profondément », a-t-il résumé.

