Le Parti libéral du Canada monte dans les sondages depuis la démission de Justin Trudeau. Avec Mark Carney comme chef, le PLC peut espérer obtenir un historique quatrième mandat. Selon Adrien Pouliot, Pierre Poilievre devra démontrer aux Canadiens que M. Carney prône les mêmes idées politiques néfastes que Justin Trudeau. Le chef conservateur doit marteler que le régime Trudeau va se poursuivre sur la gouverne de Carney. Selon lui, les prochaines élections risquent d’être plus serrées que prévu entre le PCC et le PLC
Adrien Pouliot est l’ancien chef du Parti conservateur du Québec et observateur de la scène politique canadienne.
Simon Leduc : Selon les derniers sondages, le PLC a pris la pole position dans les intentions de vote. Avec Mark Carney, les libéraux auraient une chance d’être réélus lors du prochain scrutin. Pensez-vous qu’il y a vraiment une CarneyMania qui frappe le pays en ce moment?
Adrien Pouliot : «Depuis la démission de Justin Trudeau, le PLC a monté de dix points selon Canada 338. Les conservateurs et le NPD ont perdu chacun cinq points. Je pense que le NPD va subir une solide défaite lors des prochaines élections générales. Il ferait élire seulement 11 députés toujours selon Canada 338. La baisse du NPD va grandement aider le Parti libéral du Canada. Le PCC est toujours en terrain majoritaire malgré tout. Mark Carney profite de l’effet de nouveauté et d’une couverture médiatique positive et complaisance des médias de masse. C’est un bon communicateur et il a de l’expérience dans le milieu financier mondial. Donc, à mes yeux, le nouveau leader libéral représente une menace pour le Parti conservateur du Canada.»
Qu’est-ce que Pierre Poilievre doit faire pour combattre les libéraux de Carney et pour freiner sa descente dans les sondages?
Adrien Pouliot : «J’estime que le chef conservateur doit parler du passé de son nouveau adversaire libéral. Il faut qu’il martèle que Mark Carney a été submergé par la religion verte. Il a plongé tête première dans l’alarmisme climatique apocalyptique. Il a vraiment instrumentalisé sa position de gouverneur de la Banque d’Angleterre pour se présenter comme un sauveur de la planète qui allait s’autodétruire à cause de l’Homme. Il est aussi radical sur le plan environnemental qu’Al Gore. Sa prise de position extrême sur le climat n’a pas été positive pour le Royaume-Uni.
Récemment, les banques américaines et canadiennes ont abandonné l’espèce d’organisme que Carney a mis en place, l’Accord de Glasgow. C’était une alliance où les banques allaient cesser de financer des projets pétroliers. On allait récompenser les bonnes corporations qui investiraient dans les énergies propres comme les panneaux scolaires et les voitures électriques. Or, toutes les banques se sont retirées de cette politique de Marl Carney, car c’était néfaste pour l’économie. Cela représente un échec monumental pour le futur chef du PLC.
Son passage à la gouvernance de la Banque d’Angleterre et comme émissaire de l’ONU pour le climat ont été un fiasco retentissant.
Alors, il faut que Pierre Poilievre explique aux Canadiens que Mark Carney a eu un bilan catastrophique comme gouverneur de la Banque d’Angleterre. Il doit souligne le fait que Carney prône les mêmes idées que Justin Trudeau qui ont plongé le Canada dans le déclin économique.
Est-ce qu’une couverture médiatique complaisante pourrait aider Mark Carney dans sa quête d’un mandat fort?
Adrien Pouliot : «La clientèle de prédilection de cet homme est les baby-boomers. Il risque d’aller chercher le soutien d’une majorité des 60 ans et plus. Cette génération s’informe presque uniquement par de biais des médias traditionnels. Donc, une bonne couverture médiatique va aider Carney auprès de cet électorat. Au niveau démographique, il va y avoir une division du vote, les jeunes vont voter pour les conservateurs et les vieux vont opter pour le PLC.
Pensez-vous que Mark Carney va déclencher rapidement des élections générales afin de bénéficier d’une certaine lune de miel auprès des Canadiens et espérer une victoire?
Adrien Pouliot : «J’estime que ce dernier devrait attendre avant de déclencher des élections. Il pourrait utiliser le temps qu’il a à sa disposition pour se faire connaître des Canadiens et des Québécois. Donc, si j’étais lui, j’irais en élection seulement à l’automne prochain. Cela lui permettrait de rentrer au parlement, probablement par l’entremise d’une partielle, de démontrer aux électeurs son expérience et leur demander un mandat fort pour diriger le pays pour les quatre prochaines années. Il aurait ainsi le temps de rédiger son programme politique, de le vendre aux Canadiens et de recruter de nouveaux candidats. Évidemment, les médias de masse vont l’aider dans sa quête du pouvoir. Alors, je ne serais pas étonné que les libéraux lancent le pays en élections seulement en octobre prochain.»


