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Avenir des hydrocarbures : Gabriel Giguère prône l’exploitation des ressources au Québec

Gabriel Giguère est analyste senior de politiques publiques à l’IEDM. À travers ses interventions, il analyse de près les décisions budgétaires et économiques du gouvernement, tout en se penchant sur l’avenir énergétique, la fiscalité et le potentiel d’exploitation des ressources naturelles au Canada et au Québec.

Entrevue

Simon Leduc : Est-ce que la consommation de pétrole et de gaz naturel va continuer d’augmenter au niveau mondial dans les prochaines décennies?

Gabriel Giguère : « On entrevoit une hausse significative des deux ressources naturelles. On parle d’une augmentation de 31 % pour le gaz naturel et de 12 % pour l’or noir de 2024 à 2050. On pourra expliquer cela par l’émergence de pays en voie de développement (la Chine et l’Inde). Alors, la demande en hydrocarbures va rester importante à travers le monde. Dans un contexte de tensions géopolitiques importantes, cela renchérit sur l’importance évidente d’avoir des partenaires commerciaux qui sont fiables au niveau de l’approvisionnement pour assurer la sécurité énergétique des pays.

On peut observer une hausse significative de la consommation de pétrole, de gaz naturel et de charbon dans le monde. La production de charbon en Chine et Inde demeure importante. Une plus grande production de gaz naturel permettrait de réduire de 50 % des émissions de gaz à effet de serre. En février dernier, le premier ministre Carney a fait un voyage en Inde. Le leader indien a dit que son pays voulait acheter de l’énergie du Canada. Le Québec fait encore partie du Canada. Donc, le Québec pourrait exporter ses ressources naturelles vers l’Inde. Il y a 6 % de sa consommation qui est liée au gaz naturel. Elle veut faire la faire passer à 15 % le plus rapidement possible d’ici à 2030. Le Québec pourrait contribuer à la hausse de la consommation de gaz naturel indien par l’exportation, mais il ne le fait pas en ce moment. La Banque Nationale a affirmé qu’on pourrait contribuer à la transition énergétique en Inde. C’est pour cela que le Québec devrait commencer à l’exploiter afin de diversifier ses partenaires commerciaux et de créer de la richesse. »

La consommation de pétrole et de gaz naturel va-t-elle croître au Québec dans les prochaines années?

Gabriel Giguère : « Au Québec, on a une consommation d’hydrocarbures très élevée depuis au moins deux décennies. La Belle province va encore en avoir besoin dans le futur. Les consommateurs et les entreprises utilisent du gaz naturel. Les Québécois ont besoin de pétrole pour faire le plein de carburant pour se déplacer en voiture. Ces deux ressources représentent plus de 50 % de notre consommation. Du côté de l’hydroélectricité, on ne nage plus dans les surplus. Donc, on ne peut pas se passer du pétrole et du gaz naturel. Dans ce contexte, les exploiter permettraient de répondre en partie à notre demande interne et de contribuer à l’exportation pour répondre à la demande externe dans un contexte d’une demande croissance de la demande dans les prochaines années. »

Qu’est-ce que le Québec doit faire pour pouvoir débuter l’exploitation de ses ressources naturelles?

Gabriel Giguère : « Tout d’abord, il faut renverser la politique d’interdiction de l’exploitation et de l’exploration des ressources naturelles et le moratoire sur l’exploration qui a été mise en place par le gouvernement Legault. Il faut développer un cadre réglementaire qui va permettre au Québec de s’ouvrir à ce secteur économique. Il faudra regagner la confiance des investisseurs en mettant de l’avant une bonne politique réglementaire pour attirer les capitaux en matière de développement de notre filiale des hydrocarbures. Il faut se rendre à l’évidence que ce sera un gros chantier. L’exploitation des hydrocarbures représente une occasion économique majeure, avec des retombées estimées à 233 000 emplois-personnes et 93 milliards de dollars ajoutés au PIB au total sur 25 ans, et ceci pour le gaz naturel seulement. Au cours de ces 25 années, cela générerait également près de 15 milliards de dollars de recettes fiscales supplémentaires pour l’État québécois.

En refusant d’exploiter son gaz naturel, Québec réduit ses revenus et n’aurait pas accès à des emplois de bonne qualité et très bien rémunérés (en moyenne 151 000 $ par an). Cela représente environ 2,3 fois le revenu moyen du Canada et 2,4 fois celui du Québec. Les salaires sont élevés parce que la productivité de ce secteur est très importante. De plus, il s’agit d’une rémunération qui serait très attrayante pour les familles québécoises.

Pour conclure, l’ouverture à l’exploitation des ressources naturelles permettrait au Québec de créer de la richesse, d’être attirant pour les investisseurs et de hausser ses recettes fiscales. Dans un contexte de déficit budgétaire, le gouvernement du Québec ne peut plus se permettre de maintenir l’interdiction qui est actuellement en vigueur. »

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Simon Leduc
Simon Leduc
Titulaire d'un Baccalauréat en science politique a l'Université de Montréal. Il est chroniqueur et journaliste pour Libre Média, le Podcast Ian et Frank et de Québec Nouvelles. Vous pouvez le suivre sur Facebook.

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