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Le Parti libéral du Canada : l’indétrônable « parti naturel » du gouvernement ?

En avril 2025, les libéraux de Mark Carney ont été élus avec une minorité parlementaire. Un an plus tard, le gouvernement Carney est maintenant majoritaire à cause de cinq transfuges provenant du NPD et des conservateurs. Donc, le PLC pourra gouverner le Canada jusqu’en 2029. Les Canadiens auront eu droit à quatorze ans consécutifs de règne libéral (2015-2029). Il faut se souvenir que le Parti libéral du Canada est le parti naturel de gouvernement. Depuis l’élection de Wilfrid Laurier en 1896, le PLC a été au pouvoir 90 des 130 dernières années. Les conservateurs ont pu prendre les commandes de l’État à cause de l’usure du pouvoir libéral et sur des enjeux de campagne qui a nui aux libéraux comme le traité de libre-échange entre le Canada et les É-U lors des élections de 1911.

Élections de 1911 : le libre-échange et la création d’une marine canadienne

Au début du 20e siècle, le Parti libéral du Canada était pour le libre-échange tandis que les conservateurs étaient protectionnistes. Au début des années 1910, le premier ministre Laurier voulait signer un traité de réciprocité avec les États-Unis pour trouver de nouveaux marchés pour les produits agricoles de l’Ouest canadien. Une partie de la base électorale libérale était en Alberta et en Saskatchewan. Ces deux provinces étaient en faveur d’un accord commercial avec nos voisins du Sud. Le gouvernement libéral s’est entendu avec l’administration Taft sur un traité de réciprocité entre les deux pays. Laurier a tenté de le faire ratifier par la Chambre des communes. Or, le Parti conservateur était farouchement contre ce traité, car il affirmait que cela allait nuire aux liens du Canada avec l’Empire britannique. Le chef conservateur Robert Borden a même dit que l’adoption de cet accord de libre-échange était la première étape vers une annexion du Canada à l’Union américaine. Les conservateurs ont fait de l’obstruction parlementaire pour empêcher l’adoption de cette entente. Alors, le premier ministre Laurier a déclenché des élections générales pour régler la question du libre-échange avec les Américains.

Le Parti conservateur était un fervent admirateur de l’Empire britannique. Les conservateurs pensaient que le Canada devait conserver de forts liens avec la mère patrie. C’est pour cela que les troupes de Borden ont utilisé le sentiment antiaméricain, qui était très présent en Ontario et au Manitoba, en centrant leur campagne contre le Traité de réciprocité entre le Canada et les É-U que Laurier proposait aux Canadiens. Les conservateurs ont joué sur le sentiment de peur des Canadiens anglais d’une possible annexion du Canada par les États-Unis.    

Alors, le traité de libre-échange et la proposition de créer une marine canadienne ont mené à la défaite des libéraux de Wilfrid Laurier. Le PLC a fait élire seulement 85 députés (une perte de 48 sièges) majoritairement au Québec, dans les Maritimes, en Alberta et en Saskatchewan. Les conservateurs ont obtenu un gouvernement majoritaire avec 132 sièges. Ces derniers ont balayé l’Ontario (71 sièges) et le Manitoba (8 sièges). Après la pendaison de Louis Riel en 1885, les conservateurs étaient en déclin au Québec. Mais, aux élections de 1911, le Parti conservateur a fait une percée dans la Belle province en obtenant 26 élus.

Pour conclure, malgré le bon bilan de Wilfrid Laurier, les libéraux ont été chassés du pouvoir principalement à cause d’un enjeu qui a favorisé les conservateurs. Ces derniers en ont profité pour mettre un terme au règne de quinze ans des libéraux de Laurier (1896-1911) et de former un gouvernement majoritaire.

De 1935 à 1957, les libéraux ont été au pouvoir sans interruption sous le leadership de William Lord Mackenzie King et de Louis St-Laurent. Lors de la campagne électorale de 1957, le PLC était confiant d’être réélu, mais les conservateurs ont remporté les élections et obtenu un gouvernement minoritaire (112 contre 105 pour le PLC). La bonne campagne électorale du chef conservateur John Diefenbaker et le soutien du gouvernement conservateur ontarien de Leslie Miscampbell ont contribué à la victoire des progressistes conservateurs.

Lors des élections de 1958, le PPC de Diefenbaker a obtenu la plus forte de majorité de l’histoire du Canada (à l’époque) avec 208 élus contre seulement 48 pour les libéraux. Les conservateurs ont remporté tous les sièges dans les quatre provinces de l’Ouest et ont dominé en Ontario. Une vague bleue a balayé le Québec et les conservateurs ont fait élire 50 députés. L’Union nationale de Maurice Duplessis a soutenu les conservateurs sur le terrain et cela peut expliquer la percée conservatrice.

Les libéraux ont repris le pouvoir en 1963 et ils se sont maintenus en poste jusqu’en 1984, à l’exception de l’éphémère gouvernement conservateur de Joe Clark (règne de 9 mois en 1979). Aux élections de 1984, Brian Mulroney a obtenu la plus forte majorité de l’histoire avec 211 députés contre seulement 40 pour le PLC de John Turner. Le rapatriement unilatéral de la Constitution canadienne de 1982 a permis aux conservateurs de faire élire 58 députés au Québec sur 75. C’est l’usure du pouvoir et des allégations de corruption du régime libéral qui ont rendu possible le raz-de-marée conservateur dans le Canada anglais.

Le PLQ est revenu au pouvoir en 1993 grâce à l’échec de l’Accord du Lac Meech et de la division de la droite (entre le PPC et le Reform Party). Mais, les conservateurs de Stephen Harper ont chassé les libéraux du pouvoir en 2006 grâce à la réunification de la droite et du scandale des commandites.

Maintenant, le PLC aura gouverné le Canada de 2015 à 2029.

Pour conclure, depuis la mort de John A. Macdonald, le Parti libéral est le parti naturel de gouvernement. Les conservateurs réussissent à prendre les commandes du pays après de longs règnes libéraux. Ce n’est pas une anomalie, mais une réalité. Le Canada est un pays libéral. Est-ce que le PCC sera en mesure de détrôner le PLC après 14 ans de pouvoir en 2029? Seul le temps nous le dira.

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Simon Leduc
Simon Leduc
Titulaire d'un Baccalauréat en science politique a l'Université de Montréal. Il est chroniqueur et journaliste pour Libre Média, le Podcast Ian et Frank et de Québec Nouvelles. Vous pouvez le suivre sur Facebook.

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