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L’appropriation culturelle : entre mythe et réalité dans les échanges interculturels 🔒

Depuis longtemps perçue comme une forme de « pillage symbolique », l’« appropriation culturelle » est aujourd’hui au cœur d’un débat animé. Certains la définissent comme un processus naturel et continu d’échanges, de transformations et d’emprunts mutuels entre les cultures ; d’autres la considèrent comme une intrusion, voire un vol, perpétré par des groupes ou des individus dominants aux dépens de communautés minoritaires.

Le présent article propose d’explorer la complexité de ce concept à travers deux perspectives différentes : d’une part, les idées avancées par Pierre Desrochers dans l’émission nᵒ 164 du Trio Économique, où il traite du « mythe de l’appropriation culturelle », et d’autre part, les réflexions du volume L’art en transfert, publié dans le numéro 12 des Cahiers d’anthropologie sociale (2015/2, Éditions de l’Herne). Nous verrons comment ces deux approches soulignent à la fois l’universalité des échanges culturels et la « naturalité » des transferts, rappelant qu’aucune culture n’est strictement autochtone et que tout patrimoine commun est façonné, voire construit, par l’emprunt et l’adaptation. Il s’agira également de comprendre pourquoi le terme « appropriation » peut revêtir des connotations tantôt négatives, tantôt positives, et comment la réalité des échanges culturels dépasse souvent les discours idéologiques qui lui sont parfois associés.

Revenant sur l’émission nᵒ 164 du Trio Économique : une exploration de la notion controversée d’appropriation culturelle

Dans cet épisode intitulé « Le Mythe de l’appropriation culturelle », Vincent, Ian et Frank reçoivent à nouveau l’économiste Pierre Desrochers, géographe et professeur à l’Université de Toronto. Il y conteste vigoureusement l’idée selon laquelle certaines pratiques pourraient être considérées comme un « vol » culturel et multiplie les exemples historiques montrant comment, de tout temps, les cultures — qu’elles soient occidentales ou non — se sont influencées réciproquement.

Parmi les sujets abordés, on peut citer :

  • La cuisine indienne : réputée emblématique de l’Inde, elle doit pourtant beaucoup à l’influence portugaise (piments, légumes rapportés d’Amérique du Sud) (timestamp 1h31min30s).
  • Les sculptures inuites : souvent considérées comme des expressions authentiques de la culture nordique, elles auraient pourtant été influencées par les interactions avec des commerçants et missionnaires occidentaux (timestamp 2h17min05s).
  • La cérémonie du thé japonaise : Pierre Desrochers évoque la possibilité qu’elle ait intégré certains éléments issus de la messe catholique, dans le contexte des contacts entre le Japon et l’Europe à partir du XVIᵉ siècle (timestamp 1h53min56s).
  • Un symbole marquant du XXᵉ siècle : l’épisode explore également l’histoire d’un emblème (soit la Svastika) controversé, montrant la complexité des processus d’emprunt et de réinterprétation de symboles religieux ou politiques (timestamp 2h10min52s).

Au cours de la discussion, Desrochers insiste sur l’idée que la pureté supposée d’un fait culturel est rarement authentique : elle résulte la plupart du temps de brassages, de mélanges et de réinventions successives. Son argument central (timestamp 27:10) est que toute culture est le produit inévitable de transferts historiques, indépendamment de leur lieu ou de leur époque d’origine. Il ajoute qu’aucune pratique culturelle ne peut prétendre à une pureté fondatrice. Selon lui, dénoncer des « vols » culturels relève alors d’une incompréhension profonde du cours naturel de l’histoire ou, à tout le moins, d’un manque de perspective sur l’évolution constante des pratiques humaines.

Dans la seconde partie de l’émission, réservée aux abonnés sur Patreon, les interlocuteurs approfondissent ces réflexions en abordant des thématiques sensibles comme l’art autochtone, la diversité de certains éléments sacrés ou encore l’histoire parfois controversée de symboles politiques. Le but explicite de Desrochers est de montrer que la culture ne saurait se réduire à un « capital » figé, susceptible d’être dérobé, puisque l’histoire humaine témoigne largement d’une dynamique d’échange et d’influence mutuelle.

Les transferts culturels selon les Cahiers d’anthropologie sociale : une approche scientifique

Les thèses défendues par Pierre Desrochers trouvent un écho dans les travaux présentés au numéro 12 des Cahiers d’anthropologie sociale, intitulé L’art en transfert (2015/2), publié par les Éditions de l’Herne. Ce volume collectif met en évidence la diversité des formes que peuvent prendre les transferts : qu’il s’agisse d’objets, d’images, de pratiques ou de normes artistiques, ceux-ci franchissent les frontières nationales et culturelles pour être réinvestis ailleurs de sens nouveaux et de fonctions inédites.

Les articles rappellent d’emblée une évidence historique : ces déplacements et échanges culturels ne sont pas l’apanage de l’ère moderne. Bien avant la mondialisation contemporaine, de multiples royaumes et empires se sont rencontrés, donnant lieu à des bouleversements profonds à travers des conquêtes, des migrations ou des échanges commerciaux. Parfois imposés, parfois négociés, souvent réinterprétés, ces transferts faisaient déjà partie intégrante de la dynamique culturelle.

Cette approche s’oppose à la tendance observée dans certains milieux militants ou universitaires qui invoquent l’« appropriation culturelle » essentiellement pour en faire une critique polémique. Les Cahiers d’anthropologie sociale insistent au contraire sur l’aspect interactif de ces phénomènes : lorsque l’on emprunte un élément à une autre culture, on l’adapte nécessairement, on le transforme, et l’on se transforme aussi soi-même dans ce processus. Rien n’est repris « tel quel » : on le façonne, on le modifie, parfois de manière imprévisible pour les personnes ou groupes à l’origine de cet élément.

Les multiples visages de l’appropriation

Le volume souligne aussi la variété des concepts utilisés pour décrire ces échanges : métissage, branchements, créolisation, hybridation… Plusieurs auteurs (Amselle, Glissant, Gruzinski, Laplantine) insistent sur l’impossibilité d’une pureté culturelle originelle. Toute culture est, dès son émergence, un syncrétisme plus ou moins ancien, dont on surestime parfois le caractère « authentique » uniquement parce qu’il s’est établi de longue date.

D’autres chercheurs proposent de suivre la « biographie culturelle » (Kopytoff, 1986) ou la « vie sociale » d’un objet (Appadurai, 1986) : dès lors qu’un objet circule et franchit des frontières, sa valeur, son usage et ses significations changent. Dans le domaine des arts, ce phénomène est particulièrement net : des artefacts rituels peuvent devenir des pièces de musée, tandis que des motifs sacrés ou traditionnels sont repris par des artistes contemporains, parfois à l’encontre de leur sens initial. Les Cahiers d’anthropologie sociale évoquent alors la notion d’« objets frontière », qui conservent la marque de leur étrangeté tout en donnant naissance à de nouvelles significations. Il ne s’agit donc pas seulement de transmission, mais de co-création : la rencontre entre l’ici et l’ailleurs produit des formes artistiques inédites, voire de nouvelles identités collectives.

Valeur négative et valeur positive de l’« appropriation »

Un point souligné par les chercheurs est la connotation fréquemment négative du terme « appropriation ». Les controverses sur les « appropriations culturelles » (Brown, 2003 ; Young, 2008 ; Ziff et Rao, 1997) ont accrédité une vision où l’Occident — hériter d’un passé colonial — serait coupable d’un « cannibalisme culturel » (Root, 1998), exploitant et marchandisant la différence de peuples jadis colonisés. Dans cette perspective, l’appropriation se confond avec une dépossession et ne peut être qu’illégitime.

Pourtant, les théoriciens postcoloniaux notent également que l’appropriation peut devenir un outil de résistance. Les anciens colonisés, en s’emparant de la langue, des arts ou de la technologie de l’ex-colonisateur, peuvent renverser son emprise culturelle (Ashcroft, Griffiths et Tiffin, 2000). De ce point de vue, l’appropriation apparaît comme un acte d’affirmation politique et identitaire.

En toile de fond, l’idée se dessine selon laquelle l’appropriation serait un phénomène quasi universel, lié à la nécessité, pour tout individu ou groupe, de réinterpréter ce qui vient de l’extérieur pour en faire quelque chose de personnel. Ainsi, dans bien des cas, « s’approprier » revient simplement à « faire sien ». À ce titre, les travaux d’Arnd Schneider (2006) sur l’Argentine montrent comment des pratiques artistiques s’imprègnent d’éléments exogènes pour nourrir, en définitive, une identité tout à fait singulière.

Exemples de co-création et d’appropriation réciproque

Afin d’illustrer la dimension à la fois relationnelle et créative de l’appropriation culturelle, il est utile de reprendre quelques exemples évoqués aussi bien par Pierre Desrochers que dans les Cahiers d’anthropologie sociale.

L’art inuit : une production endogène stimulée par l’exogène

Dans l’émission du Trio Économique, Desrochers évoque le cas des sculptures inuites (timestamp 2h17min05s). Elles paraissent incarner le cœur même de la culture inuit ancestrale. Or, l’anthropologue Florence Duchemin-Pelletier, dont les travaux sont présentés dans le numéro 12 des Cahiers d’anthropologie sociale, démontre que l’« art inuit contemporain » mis en valeur sur le marché occidental s’est développé dans un dialogue constant avec le goût des collectionneurs et des experts d’art non autochtones. Les sculpteurs ont modulé leurs créations en tenant compte des attentes esthétiques de ces acteurs internationaux, tout en préservant leurs propres critères locaux et en revendiquant une continuité avec les traditions inuit.

Nous sommes en réalité face à des œuvres co-construites, nées de la négociation entre des artistes inuit et des commissaires ou amateurs d’art occidentaux. Les sculpteurs inuit, loin de se contenter de subir une influence étrangère, l’ont réinterprétée afin de l’intégrer à leur vision et de la revendiquer pour consolider leur identité. Le mouvement n’est donc pas unilatéral : on voit s’exprimer à la fois une adaptation aux goûts exogènes et une appropriation réaffirmant la singularité inuit.

Symboles religieux et réélaborations

Selon Desrochers, la cérémonie du thé japonaise aurait pu incorporer certains éléments de la messe catholique (timestamp 1h53min56s). Les contacts entre le Japon et les missionnaires jésuites, dès le XVIᵉ siècle, sont bien documentés : diverses pratiques locales se sont redéfinies, parfois par admiration, parfois par volonté d’adapter à un contexte local des usages exogènes.

Dans le champ de l’histoire de l’art, les Cahiers d’anthropologie sociale insistent sur la façon dont la circulation d’objets sacrés — calices, icônes, instruments liturgiques — dans de nouveaux milieux peut leur donner une « biographie culturelle » inédite (Kopytoff, 1986). Ce qui était, dans un premier contexte, un objet religieux peut devenir un simple accessoire décoratif ou un marqueur ethnique ailleurs. Autrement dit, l’appropriation de l’« étranger » ouvre la porte à des réinterprétations multiples, parfois sources de controverses, mais aussi révélatrices de la plasticité des symboles religieux, y compris dans les grandes religions monothéistes qui se sont elles-mêmes construites par syncrétismes successifs.

La gastronomie : un point de rencontre de saveurs mondialisées

Parmi les exemples mobilisés lors de l’émission 164 du Trio Économique, Desrochers signale que la « cuisine indienne », si typique, a été fortement influencée par la présence portugaise (timestamp 1h31min30s). Ainsi, le fameux plat vindaloo illustre un mariage entre des recettes locales de Goa et le savoir-faire culinaire portugais.

On pourrait en dire autant de la cuisine italienne, inséparable des tomates originaires des Amériques, ou encore de la diffusion du piment importé d’outre-Atlantique. Chaque cuisine nationale ou régionale est, en réalité, le fruit d’un métissage historique continu, nourri par les conquêtes, le commerce et les migrations. Ici encore, on constate que l’emprunt culturel n’aboutit pas à la disparition d’une tradition au profit d’une autre, mais qu’il engendre plutôt une innovation collective capable de façonner de nouvelles identités gastronomiques.

Entre créativité et controverse : les ambivalences de l’appropriation

Malgré les multiples exemples montrant combien les cultures se nourrissent d’influences croisées, le thème de l’appropriation culturelle suscite de vives polémiques dans l’espace public et médiatique. Pourquoi une telle intensité dans les débats ?

Rapports de pouvoir et héritage colonial

L’une des raisons tient au fait que ces emprunts ne se produisent pas toujours dans un contexte d’égalité. L’histoire coloniale, avec ses dominations et ses spoliations, a légué des inégalités structurelles qui perdurent, notamment dans l’accès aux ressources, la représentation politique ou la valorisation du patrimoine. Il arrive encore que des marques exploitent un motif artisanal autochtone à des fins lucratives, sans reverser de contrepartie aux communautés concernées, provoquant une indignation justifiée.

Dans l’émission, on fait allusion à l’asymétrie des rapports de force (timestamp 1h18min10s) : Desrochers reconnaît son importance, tout en invitant à ne pas occulter l’agentivité des communautés elles-mêmes, qui ne sont pas uniquement des victimes passives. Les Cahiers d’anthropologie sociale abondent dans ce sens : l’appropriation peut s’inscrire dans une relation consentie ou négociée par les acteurs locaux, parfois sous forme de stratégies d’émancipation ou de subversion.

Représentations caricaturales et offensantes

Les tensions surgissent également quand la représentation d’une culture est jugée offensante ou stéréotypée par ses membres. Il existe une différence entre l’emprunt d’un symbole par respect et volonté de le comprendre, et la caricature, qui tourne en dérision cet héritage. Toutefois, comme le relèvent les animateurs du Trio Économique, il peut être délicat de séparer clairement ce qui ressortit à l’hommage de ce qui relève d’une exploitation racoleuse. De plus, au sein d’une même communauté, certains s’estimeront flattés par l’« hommage », tandis que d’autres s’en trouveront blessés, ce qui rend l’évaluation de l’appropriation d’autant plus complexe.

Politiques culturelles et effets contradictoires

Les Cahiers d’anthropologie sociale (notamment l’étude de Cosmina Ghebaur) évoquent aussi les politiques publiques visant à « démocratiser » certaines pratiques artistiques ou à favoriser l’accès à des spectacles, supposés faciliter l’inclusion de publics minoritaires. Or, ces initiatives peuvent se transformer en injonctions : adopter les codes de la culture dominante, se tenir « correctement » dans un musée ou un théâtre, etc. Du point de vue des groupes concernés, l’appropriation culturelle, dans ce cas, devient une forme d’adaptation forcée où l’on ne se reconnaît pas nécessairement.

Ici, l’appropriation n’est donc pas qu’une affaire de dominants qui reprendraient à leur compte des éléments propres à un groupe minoritaire : elle peut aussi s’exercer dans l’autre sens, par la tentative d’une institution d’« imposer » une forme culturelle supposée universelle. Les individus concernés peuvent y consentir ou s’y soustraire, manifestant ainsi que toute appropriation reste un processus dynamique, loin d’être univoque ou automatique.

De la réciprocité à la co-création : repenser le concept d’appropriation culturelle

À la lumière à la fois des analyses des Cahiers d’anthropologie sociale et des arguments avancés par Pierre Desrochers, on constate qu’il est possible de porter un regard plus nuancé sur la polémique entourant l’appropriation culturelle. Plusieurs points de convergence ressortent :

  1. La culture est un processus vivant et changeant
    Personne ne nie l’existence de rapports de pouvoir ou d’actes de domination dans certains transferts. Cependant, réduire toute appropriation à une forme de spoliation ignore le fait que les cultures sont toujours le résultat d’interactions plurielles, en constante évolution.
  2. L’importance d’une contextualisation historique
    Qu’il s’agisse de gastronomie, d’arts visuels ou de symboles religieux, la genèse de chaque pratique témoigne souvent de croisements successifs, montrant que la pureté culturelle est illusoire.
  3. Le rôle actif des individus
    Les exemples tirés des Cahiers d’anthropologie sociale (artisans, sculpteurs inuit, Gitans d’Espagne, migrants confrontés aux spectacles « officiels ») soulignent que l’appropriation peut être un acte stratégique, subversif, voire ludique. Les Gitans, par exemple, réinterprètent depuis longtemps des éléments empruntés aux cultures environnantes, en les « gitanisant » et en renforçant leur identité.
  4. L’ambivalence de l’appropriation
    Elle peut renforcer les dominations, mais aussi ouvrir sur la résistance ou l’émancipation. Elle peut dériver en caricature ou en dénaturation d’une culture, comme elle peut féconder de nouvelles formes artistiques ou revitaliser une tradition en perte de vitesse.
  5. Distinguer appropriation, plagiat et vol
    Pour Desrochers, employer le terme « appropriation » à tort et à travers fait oublier qu’il existe des transferts tout à fait banals (voire inévitables) de formes culturelles, sans intention de nuire. À l’inverse, il y a eu et il y a encore des cas indéniables de pillage, notamment pendant la période coloniale, où des biens ont été confisqués de force. L’important est donc de situer chaque phénomène dans son contexte politique et moral.

Conclusion : repenser les frontières et reconnaître la dynamique des transferts

Une condamnation systématique de l’« appropriation culturelle » risque d’occulter le fait que l’histoire de l’humanité est tissée de circulations constantes d’idées, de pratiques et de créations. Les Cahiers d’anthropologie sociale incitent à réfléchir à la fois aux logiques d’échange et aux asymétries de pouvoir qui les sous-tendent, tandis que Desrochers rappelle qu’aucune culture n’est à l’abri de l’emprunt ou de l’influence.

Il serait néanmoins naïf de nier les injustices — passées et présentes — qui peuvent accompagner ces phénomènes. Le concept d’appropriation culturelle n’est donc pas un faux problème : il pointe des réalités liées à la dignité, à la représentation ou à la domination. Ce qu’il convient de souligner, c’est que l’appropriation prend des formes multiples, dont l’issue dépend des acteurs, du contexte et du type de légitimité ou de consentement en jeu.

Les exemples abordés — de la gastronomie indienne aux rituels du thé japonais, en passant par la poterie inuit ou les symboles politiques détournés — rappellent qu’aucune pratique n’échappe aux apports extérieurs et que toute culture repose, peu ou prou, sur des hybridations successives. Ainsi, plutôt que de l’envisager uniquement comme un vol, on peut percevoir l’appropriation culturelle comme un processus dynamique d’emprunts et de négociations, porteur de créativité et de conflits, témoignant de la vitalité des sociétés humaines et de leur capacité à se réinventer.

En définitive, comme l’indique Desrochers, le fait de dénoncer systématiquement les « vols » culturels méconnaît la dimension dynamique de l’histoire. Les Cahiers d’anthropologie sociale, de leur côté, soulignent la nécessité de rester attentifs aux rapports de force pouvant transformer ces échanges en actes de dépossession. Trouver un équilibre entre la reconnaissance des injustices potentielles et la valorisation des synergies créatrices demeure le défi central posé par la notion d’appropriation culturelle.

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Samuel Rasmussen
Samuel Rasmussen
Samuel Rasmussen, alias Le Blond Modéré, est membre des Trois Afueras et collaborateur du podcast Ian & Frank. Titulaire d'une formation en relations internationales à l'Université de Sherbrooke, il s'intéresse particulièrement à la géopolitique, aux zones d'influence et aux différentes formes de pouvoir.

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