Aux dernières élections générales, le Parti libéral du Canada a obtenu un quatrième mandat malgré l’usure du pouvoir et le bilan désastreux de Justin Trudeau. Les conservateurs de Pierre Poilievre ont bien performé en élisant 144 députés avec 41,31 % des voix. Mais le leader conservateur n’a pas été en mesure de battre Mark Carney. Alors, le PCC demeure dans l’opposition. Est-ce que les conservateurs peuvent gagner avec leur leader actuel? Allons voir cela de plus près.
L’élu de l’Alberta a des atouts importants qui font de lui un politicien redoutable à la Chambre des communes. Lors de la période des questions, il est capable de faire la réplique au premier ministre avec des formules chocs et un style bagarreur. Sa formule basée sur la confrontation plaît à la base conservatrice. Cela lui a permis de faire le plein à droite et de neutraliser le Parti populaire de Maxime Bernier.
D’autre part, le chef conservateur se concentre sur les enjeux qui préoccupent les gens ordinaires : la hausse de l’inflation, la crise du logement, la sécurité et l’endettement massif du Canada. Alors, Pierre Poilievre pèse sur les bons boutons comme on dit dans le jargon. C’est un solide homme politique qui a le bon discours et un style combatif. Cela lui a permis de faire de gros gains en Ontario et en Colombie-Britannique. Le PCC a été dominant dans les Prairies et en Alberta. Mais, le chef conservateur n’a pas réussi à fracasser le plafond de verre des Maritimes et du Québec. On peut se questionner si les conservateurs ont fait le plein de votes avec M. Poilievre lors des élections d’avril 2025. Cependant, il manque au PCC une trentaine de sièges pour former un gouvernement majoritaire. On peut se demander si le côté très partisan de Pierre Poilievre l’empêche de faire des gains dans l’Est du Canada.
Le chef droitiste est un homme politique combatif et il aime en découdre avec ses adversaires. La base conservatrice adore son style de leadership. Cela ne semble pas passer chez les électeurs moyens qui ne s’intéressent pas à la politique et qui s’informent dans les médias subventionnés. Pour ces derniers, Poilievre est un leader politique mesquin qui fait de la politique comme le président Trump. En conséquence, une bonne partie de l’électorat (surtout au Québec et dans les Maritimes) n’aime pas le style batailleur et agressif du chef conservateur. La campagne négative des médias dépendants de l’État a joué un grand rôle dans la diabolisation du leader de la droite canadienne. Pierre Poilievre pourra-t-il mener le PCC au pouvoir en 2029? Les militants conservateurs devront se poser cette question.
Caroline Mulroney pourrait être la cheffe idéale pour les conservateurs. C’est une femme intelligente qui est diplômée au premier cycle de l’Université de Harvard et elle a une formation en Droit à l’Université de New York. La fille de Brian Mulroney a de l’expérience en politique active. Elle a été ministre des Affaires francophones et Présidente du Conseil du Trésor dans le gouvernement progressiste-conservateur de l’Ontario. Son travail a été apprécié aux Affaires francophones. Donc, son parcours académique et son expertise politique sont des atouts importants pour elle.
D’autre part, c’est une femme qui représente la nouvelle garde politique et elle a une belle allure physique. Elle est parfaitement bilingue et c’est une conservatrice modérée. Cette ancienne élue de l’Ontario est née au Québec et son père est l’ancien premier ministre Brian Mulroney. Le Parti conservateur du Canada doit faire des gains au Québec s’il veut remporter une victoire majoritaire lors du prochain scrutin. Le peuple québécois risque d’être séduit par Caroline Mulroney. Elle est née sur le territoire québécois et c’est une Mulroney. Les Québécois n’ont jamais appuyé majoritairement un chef de parti fédéral anglophone par le passé (à part Diefenbaker en 1958 qui a pu compter sur le soutien de l’UN de Duplessis). Alors, Mme Mulroney est une francophone et son héritage familial pourrait être un atout pour elle. Cela risque de plaire au peuple fondateur du Canada (les Québécois de souche). Il faut savoir que le défunt Brian Mulroney est encore apprécié dans la Belle Province. De plus, la gauche ne pourra pas l’attaquer farouchement, car c’est une femme. C’est mal vu de s’en prendre rudement à une forte personnalité de la gent féminine.
D’autre part, les médias subventionnés ne pourront pas la définir comme une méchante conservatrice sociale. Alors, Mme Mulroney pourrait avoir les qualités nécessaires pour éblouir les Québécois. Une énorme vague bleue risque de souffler sur le Québec si Mme Mulroney devient la cheffe du PCC. Le Bloc québécois est-il invincible au Québec? Le Bloc semble est vulnérable et sa quasi-disparition lors des élections du 2 mai 2011 en est un bon exemple. Il y a de bonnes chances que le Bloc québécois soit pulvérisé par une vague conservatrice à la sauce Mulroney. Elle vient d’annoncer son départ de la vie politique ontarienne. Elle risque d’être courtisée par l’establishment conservateur pour qu’elle remplace le leader actuel.
Pour conclure, on peut apprécier le travail et le style de Pierre Poilievre. C’est un homme politique qui défend des idées intéressantes. Or, qu’on le veuille ou non, les idées ne semblent pas être importantes pour le commun des mortels qui ne suit pas la politique activement. Pour l’électorat moyen, c’est l’apparence et l’impression qui sont importantes. Les médias subventionnés ont déjà défini le chef conservateur comme un mini Trump. En conséquence, il est fort improbable que le PCC fasse une percée dans la Belle Province. Alors, si les conservateurs veulent reprendre le pouvoir, ils devront se demander s’ils peuvent gagner avec leur leader actuel. Le PCC pourrait dénicher une personnalité politique modérée, d’expérience et qui a une belle apparence. Les progressistes conservateurs de l’Ontario et du Québec risquent de voir en Caroline Mulroney la personne qui pourrait ramener les conservateurs au pouvoir.

