Imaginez un instant : vous payez vos impôts chaque année, vous voyez votre facture d’Hydro qui grimpe encore, l’épicerie qui coûte plus cher et l’essence qui mord dans votre budget familial. Pendant ce temps, des milliards de dollars que nous, les contribuables québécois, confions à l’État passent par Investissement Québec.
Cet organisme se présente comme le partenaire incontournable du développement économique. Mais quand on regarde les chiffres de leur propre rapport annuel 2024-2025, on se pose une question toute simple : cet argent, qui nous appartient à tous, est-il vraiment bien utilisé? Ou est-ce qu’il sert à financer un banquier de l’État qui, au bout du compte, nous appauvrit un peu plus chaque année?
On est là pour regarder les faits en face, calmement, comme on le fait entre gens qui travaillent fort et qui veulent simplement que leur argent serve à du concret pour eux et pour leurs familles. Chaque citoyen est important ici.
Ce que disent les chiffres du rapport officiel
Selon le rapport annuel d’Investissement Québec 2024-2025, le portefeuille de fonds propres qu’ils gèrent s’élève à environ 7,4 milliards de dollars.
Cette année-là, le rendement a été de seulement 0,3 %. Sur cinq ans, la moyenne est de 6,2 %. On nous répète souvent que c’est normal pour une société de développement économique, que la mission première est de stimuler l’économie et de créer des emplois. Mais quand on paie des impôts parmi les plus élevés en Amérique du Nord, on est en droit de se demander si cet argent travaille vraiment pour nous.
Et il y a autre chose. Même avec ces résultats modestes, l’organisme a distribué 11,6 millions de dollars en primes aux employés, gestionnaires et hauts dirigeants. Même si ces primes représentent une faible part de la masse salariale totale, elles soulèvent une question de cohérence quand le rendement global reste faible : ces sommes viennent de nos fonds publics.
Et si cet argent avait été géré comme dans un fonds privé ?
C’est là que ça devient très concret pour notre portefeuille à nous.
Un gestionnaire de fonds privé ou un investissement indiciel diversifié vise généralement des rendements nettement supérieurs sur le long terme (souvent au-delà de 8 %). Même un écart de 1 à 2 % de performance, maintenu sur 10 ans avec les intérêts composés, représente un manque à gagner important pour l’ensemble des ménages québécois. Pour une famille de quatre, on parle d’un montant qui pourrait facilement dépasser 1 200 dollars au total.
On nous dit que 1 % ou 2 % de différence, ce n’est rien. Mais sur 10 ans, cet « écart de compétence » entre l’État et le marché privé représente un chèque qui n’est jamais arrivé dans votre boîte aux lettres. C’est votre voyage en famille, ou six mois de factures d’Hydro, qui s’est évaporé dans des projets qui ne décollent pas toujours.
Cet argent supplémentaire aurait pu servir directement à des choses qui touchent notre quotidien : réduire un peu la pression sur nos impôts, investir davantage dans la santé, l’éducation de nos enfants ou l’entretien de nos routes.
Les retombées positives d’Investissement Québec
Bien sûr, Investissement Québec n’a pas que des côtés négatifs. L’organisme accompagne des milliers d’entreprises chaque année, contribue à créer des emplois dans les régions et soutient certains projets structurants qui apportent des retombées locales réelles.
Cependant, même en tenant compte de ces retombées positives, la question n’est pas de savoir si Investissement Québec fait « quelque chose de bien », mais si c’est la meilleure façon d’utiliser des milliards de fonds publics pour nous enrichir collectivement. Quand une partie importante de cet argent ne génère qu’un rendement faible et finance des projets à haut risque, on est en droit de se demander si cet argent ne pourrait pas être mieux utilisé directement dans les poches des contribuables ou dans nos services publics essentiels.
Le rôle réel d’Investissement Québec
Investissement Québec n’est pas un fonds d’investissement privé ordinaire. C’est le bras financier de l’État. Il octroie des prêts, des garanties et des participations là où les banques privées disent souvent non. La mission est noble sur papier : soutenir les entreprises, stimuler l’innovation, aider les régions.
Mais le problème n’est pas l’intention. C’est sa nature même : un organisme public qui prend des décisions d’investissement avec l’argent des contribuables, sans les mêmes incitatifs que le privé.
On l’a vu dans plusieurs projets majeurs de la filière batterie, marqués par des restructurations ou des résultats décevants. Des centaines de millions de dollars publics ont été engagés dans des initiatives dont les résultats sont, à ce jour, incertains ou décevants (on pense notamment aux dossiers de Northvolt ou de Lion Électrique). Quand le projet tangue, c’est nous, les contribuables, qui ramassons la note.
On nous parle souvent du levier : 1 $ d’Investissement Québec attire plusieurs dollars du privé. C’est impressionnant sur papier. Mais si le projet est vraiment si bon, pourquoi le privé ne prend-il pas tout le risque lui-même? Pourquoi a-t-on besoin que l’État mette notre argent en première ligne?
Chaque dollar qui rapporte moins que prévu, c’est un dollar qui n’est plus disponible pour réduire notre fardeau fiscal ou investir dans des choses qui rapportent vraiment à long terme, comme notre autonomie énergétique et financière, pour que tous les citoyens soient plus riches.
Ce que ça change dans notre vie de tous les jours
Cet argent, c’est celui qui pourrait rester dans notre portefeuille à nous, les contribuables qui travaillons fort. Au lieu de financer des rendements modestes et des primes sur performance faible, imaginez s’il servait à baisser la pression sur nos impôts, à garder plus d’argent pour l’épicerie, l’essence ou la facture d’Hydro.
Chaque contribuable est important. On paie nos impôts, on veut que notre province avance. Mais on mérite que nos fonds publics soient gérés avec rigueur, comme on le ferait dans notre propre budget familial.
Une voie plus pragmatique
Ce n’est pas une solution miracle, mais tout coûte toujours plus cher et s’attaquer à une des causes est toujours important et plus efficace pour le portefeuille du citoyen.
Des études économiques crédibles de l’Institut économique de Montréal (IEDM), notamment les travaux d’Emmanuelle B. Faubert et de l’économiste Vincent Geloso, montrent que l’intervention directe de l’État dans le choix des projets d’entreprises est souvent inefficace. L’État n’est pas bon pour « choisir les gagnants » : quand les banques privées refusent d’investir, c’est souvent parce que le risque est trop élevé. Alors pourquoi ce serait au citoyen qui a déjà de la misère à boucler son budget familial de financer ce risque avec ses impôts?
On pourrait recentrer Investissement Québec sur un rôle d’accompagnement réel : information, facilitation, mise en relation — sans prendre des risques massifs avec nos fonds publics. Laisser le capital privé (banques, investisseurs et entrepreneurs d’ici) allouer l’argent là où il y a du vrai potentiel. Baisser les impôts pour stimuler la croissance réelle, sans créer de dépendance aux chèques de l’État. Et exiger une vraie reddition de comptes : des primes liées à des résultats qui profitent vraiment à l’ensemble des contribuables.
On est un peuple fier, travaillant, qui a bâti des choses solides avec peu. On mérite que notre argent serve à renforcer notre prospérité à tous, pas à boucher des trous ou à récompenser des résultats qui ne suivent pas.
Sources :
- Rapport annuel d’activités et de développement durable 2024-2025, Investissement Québec.
- La Presse, 21 juin 2025 (« Rendement quasi nul, presque 12 millions en primes »).
- Compilations publiques sur les projets de la filière batterie (Northvolt, Lion Électrique) rapportées par La Presse, Le Journal de Montréal et déclarations gouvernementales en 2025.
- Travaux de l’Institut économique de Montréal (IEDM) sur l’efficacité des subventions aux entreprises.

