Un peu de contexte sur le Venezuela dans les dernières années Chavez et les premières de Maduro.
Pour ceux qui connaissaient l’expression du mal hollandais, c’est une situation assez similaire. En gros, quand une économie fait trop d’argent facile avec un secteur donné, elle se décourage d’investir ailleurs et de diversifier ses activités.
Pourquoi investir dans la culture des sols ou la manufacture quand on a, par exemple au Venezuela, du pétrole à tirer du sol presque à l’infini et que le monde en redemande sans cesse?
C’est pas mal ce qui s’est passé vers la fin des années 2000 et le début des années 2010. L’économie allait relativement bien parce que le pétrole était tellement rentable. Chavez a décidé de « distribuer » la richesse pour renforcer sa popularité en étant le père de famille juste et équitable (du moins, c’était sa prétention).
Remplir son réservoir d’essence coûtait quelques sous seulement. Les programmes sociaux étaient hautement généreux. Dans une vision très socialiste, Chavez, puis Maduro ont imposé des lois du travail absurde comme le fait de devoir demander au gouvernement la permission de renvoyer des employés.
Au début, ça se passait relativement bien, mais toute bonne chose a une fin. L’économie vénézuélienne a arrêté de produire un paquet de choses, se fiant aux importations. On importait du poulet, des vêtements, des matériaux de construction sans limite parce qu’on avait de l’argent dans les poches.
On a même cessé d’investir pour moderniser et entretenir les installations pétrolières, préférant se payer un party maintenant plutôt qu’entretenir les actifs pour plus tard.
Le problème, c’est que quand on importe autant, la valeur de notre argent diminue. Il faut « vendre » ses dollars (ou ses bolivars, en l’occurrence) pour acheter la monnaie du pays de qui ont veut importer. En gros, si tu veux acheter une voiture en dollars US, tu dois vendre l’équivalent en dollars canadiens avant pour te procurer la bonne devise.
On offrait tellement de bolivars que la valeur ne cessait de diminuer. Pour limiter cet impact, le gouvernement a commencé par imposer une valeur fixe à sa monnaie, ce qui n’a évidemment pas marché. Il a ensuite voulu limiter le nombre de dollars américains (le grand standard des échanges) qu’une entreprise, puis que les personnes pouvaient acheter. Un marché noir de l’argent s’est développé et on a perdu le contrôle.
L’inflation est devenue galopante et ç’a influencé les habitudes de consommation des gens. On se disait que, de toute façon, l’épargne n’avait aucune valeur parce que les taux d’intérêt des banques n’accoteraient jamais l’inflation.
L’immobilier est devenu une valeur refuge et est même devenu une forme de Klondike. On empruntait au jour 1 l’argent pour l’hypothèque, mais à l’an 2, ce même argent valait parfois 20, 30 fois moins cher! On payait donc le même montant nominal pour son hypothèque mensuelle, mais elle était de moins en moins coûteuse en valeur réelle.
Les voitures usagées sont devenues aussi une valeur refuge. Une voiture achetée en 2012 se revendait le même prix, voire plus chères (en dollars constants) 3-4 ans plus tard. C’est absurde, mais c’est vrai!
En fait, les gens en venaient à fuller leurs cartes de crédit intentionnellement. Au premier jour du mois, on full la carte. On reçoit l’état de compte à la fin du mois (30 jours plus tard) puis on doit payer avant les 30 jours suivants. Les 60 jours de délais étaient payants puisque l’inflation atteignait 10 % par mois, un « rabais » de 20 % en payant au bon moment. En prime, le gouvernement limitait le taux d’intérêt sur la carte de crédit à 29 %. Visa donnait littéralement de l’argent gratuitement à ses clients!
Ça a créé un paquet de problèmes. Notamment, les banques manquaient d’argent puisque personne ne déposait et tout le monde empruntait. Le gouvernement a forcé la banque centrale du pays à imprimer de l’argent « out of thin air » pour nourrir le système financier.
On en imprimait tellement, de l’argent, qu’il fallait faire affaire avec des imprimeurs privés internationaux parce que les planches à billets du pays ne suffisaient pas. On importait des dizaines de tonnes de billets par mois!
L’ironie, c’est que malgré ça, le gouvernement n’avait même pas les moyens de payer les imprimeurs qui produisaient son propre argent…
C’est donc tout ça qui était la prémisse de ce qui se passe aujourd’hui. Un gouvernement incompétent, contrôlant et sans limite sur sa corruption. Tous les prix à payer par la population étaient bons pour maintenir le régime en place et s’enrichir au détriment du peuple que le socialisme devait pourtant sauver.
Je continue à lire et vous en ramène d’autres comme ça!


