Salut François.
Je fais partie de ceux qui ont voté pour toi en 2018.
Je fais aussi partie de ceux qui ont cru à ce que tu écrivais dans ton livre Cap sur un Québec gagnant. À cette idée qu’un Québec plus efficace, moins bureaucratique, plus responsable et plus prospère était possible.
J’y ai cru au point de prendre ma carte de membre de la Coalition Avenir Québec.
J’y ai cru au point de m’intéresser à la relève du parti.
Bref, je n’écris pas ces lignes en adversaire politique ni en commentateur de passage. J’écris comme un électeur qui a cru en toi.
Et c’est précisément pour cette raison que ton départ ne m’inspire ni reconnaissance, ni nostalgie, ni indulgence. Il m’inspire un profond goût amer.
Depuis l’annonce de ta démission comme premier ministre du Québec, je regarde défiler le même spectacle hypocrite. Les fleurs lancées par tous les partis. Les hommages automatiques. Les politiciens qui s’applaudissent entre eux au nom de la fonction, comme si elle effaçait tout le reste.
Cette hypocrisie m’écœure souverainement.
Alors aujourd’hui, pendant que d’autres t’encensent, je vais faire ce que peu de gens font en politique : parler-vrai.
Très rapidement, bien avant la pandémie, j’ai commencé à déchanter.
J’ai vu apparaître un autoritarisme inquiétant chez toi et ton gouvernement. Des projets de loi pour accélérer les décisions, contourner les consultations, réduire la voix citoyenne à une simple formalité. Tu ne cherchais pas à convaincre, mais à imposer.
J’y ai vu un autocrate.
Quelqu’un pour qui la démocratie est un irritant et non une valeur.
Moi, j’avais voté pour une vision. J’ai eu droit à un homme obsédé par le contrôle.
Puis est arrivée la COVID.
Le clou dans le cercueil.
François, je ne te pardonnerai jamais ce que tu as fait vivre aux enfants et aux aînés. Peu importe les excuses. Peu importe les rationalisations a posteriori. Tu as agi sans courage, sans discernement et sans humanité.
Des personnes âgées sont mortes seules dans les CHSLD. Pas parce que la COVID les a tuées, mais parce qu’il n’y avait plus de soins. Parce qu’on les a laissées sans boire, sans manger, sans dignité. Des familles empêchées d’être au chevet de leurs proches mourants. Une femme dont la famille a dû faire descendre la civière dans un stationnement, en plein hiver, pour lui dire un dernier adieu.
C’est franchement ignoble.
Et c’est de ta responsabilité.
Des enfants enfermés. Privés d’école. Privés de jeu. Privés de repères. Des couvre-feux indignes d’une société libre.
Une génération sacrifiée sur l’autel de la peur.
Tu appelles ça de la solidarité.
Moi, j’appelle ça de l’autoritarisme.
Tu as choisi de diviser. De stigmatiser. De cibler ceux qui ne suivaient pas le narratif officiel. Tu as gouverné par la contrainte, par la honte, par la peur. À certains égards, tu as agi comme un dictateur.
Et aujourd’hui, tu oses te dire fier. Fier des sacrifices des jeunes. Fier de la gestion de crise. Non.
La période COVID restera comme un désastre moral, social et politique pour le Québec. Et comme une tache indélébile sur ton héritage.
Le courage en politique, ce n’est pas suivre la parade.
C’est résister à la machine quand elle déraille.
Toi, tu t’es fait avaler par elle. Tu as manqué de courage. Tu as manqué de colonne. Tu as préféré antagoniser une partie de la population plutôt que de gouverner pour tous.
Ton legs est amer.
Sur le plan économique, tu as hérité de surplus budgétaires importants laissés par le gouvernement de Philippe Couillard. Tu as transformé ça en déficits massifs. Une dette encore plus lourde. Un fardeau qui retombera sur ma génération, sur mes enfants et mes futurs petits-enfants.
Sur le plan institutionnel, tu as promis une révolution en santé. Tu laisses un système aussi dysfonctionnel qu’avant, sinon pire. Tu as créé Santé Québec, une nouvelle structure bureaucratique, avec des centaines de postes grassement rémunérés, pendant que les soins continuent de s’effondrer.
Bravo champion.
Sur le plan politique, ton slogan de l’équipe du changement s’est révélé être du vent. Du fake. Tu as incarné tout ce que le modèle québécois fait de pire : une machine lourde, inefficace, incapable de se réformer parce que ceux qui la dirigent n’ont pas le courage de l’affronter.
Hier soir, j’ai débouché une bonne bière pour célébrer ton départ. Il aurait dû arriver bien avant. À mes yeux, tu as été l’un des pires premiers ministres de l’histoire du Québec. Sans vision. Sans saveur. Sans courage.
Comme tant d’autres avant toi, tu partiras avec une retraite confortable et des comptes bien garnis. Le prix réel de tes décisions sera payé par ceux qui restent.
En tant qu’être humain, je te souhaite sincèrement de prendre soin de ta famille et de toi-même. Mais comme citoyen, je souhaite surtout que ton échec serve d’exemple. Un avertissement clair pour ceux qui te succéderont & pour les citoyens qui les éliront.
Tu as été l’exemple suprême de la lâcheté.


