Lundi, mars 2, 2026

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Frappes américano-israéliennes sur l’Iran : une semaine qui a changé le Moyen-Orient

Une percée diplomatique de courte durée

Depuis plusieurs semaines, l’Iran et les États-Unis négociaient indirectement par l’entremise d’Oman sur l’épineux dossier du programme nucléaire iranien — un dossier qui empoisonne les relations entre Téhéran et l’Occident depuis plus de deux décennies. Le 27 février 2026, le chef de la diplomatie omanaise, Badr Al-Busaidi, crut tenir un accord : Téhéran aurait consenti à ne jamais enrichir d’uranium à des niveaux permettant la fabrication d’une bombe atomique et à soumettre ses installations à une vérification intégrale de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Il annonça que la paix était « à portée de main ».

Mais ce même jour, l’AIEA rendait un rapport confidentiel concluant qu’elle ne pouvait toujours pas certifier que le programme nucléaire iranien était « exclusivement pacifique », après avoir découvert de l’uranium enrichi dans une installation souterraine. Washington, qui avait déployé depuis plusieurs semaines deux porte-avions, des bombardiers furtifs longue portée et des milliers de soldats supplémentaires dans la région, maintint sa posture militaire intacte.

Le 28 février : l’opération est lancée

À 9h45, heure de Téhéran, les premières explosions retentirent dans la capitale iranienne et dans plusieurs autres villes du pays. Israël et les États-Unis avaient déclenché une opération militaire conjointe de grande envergure, baptisée « Operation Roaring Lion » par l’état-major israélien et « Operation Epic Fury » par le Pentagone. L’aviation israélienne mobilisa près de 200 appareils de combat — la plus grande sortie aérienne de l’histoire du pays — et largua plus de 1 200 bombes en 24 heures sur quelque 500 cibles militaires. Les Américains engagèrent des bombardiers B-2, invisibles aux radars, ainsi que des missiles de croisière Tomahawk tirés depuis des navires de guerre. Des explosions furent signalées à Téhéran, Ispahan, Qom, Karaj et Kermanshah. La connectivité Internet en Iran s’effondra à 4 % de son niveau habituel, selon l’organisme de surveillance NetBlocks.

Dans une vidéo diffusée peu après le début des opérations, le président Donald Trump déclara que l’objectif était d’empêcher définitivement l’Iran de se doter de l’arme nucléaire et appela le peuple iranien à « prendre le contrôle » de son avenir une fois les frappes terminées. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou affirma de son côté que l’opération visait à « supprimer la menace existentielle » que représentait selon lui l’Iran.

La riposte iranienne fut immédiate : des missiles balistiques et des drones furent lancés contre Israël et contre des bases militaires américaines dans plusieurs pays de la région — Qatar, Koweït, Bahreïn, Émirats arabes unis, Jordanie, Irak, Arabie saoudite et Oman. À Tel-Aviv, une femme fut tuée et 27 personnes blessées dans un quartier résidentiel. L’aéroport international du Koweït et la base navale américaine de Bahreïn furent également visés. Le Croissant-Rouge iranien fit état, à la fin de cette première journée, de 201 civils tués et 747 blessés sur le sol iranien.

Le 1er mars : la mort de Khamenei

Au matin du 1er mars, les médias d’État iraniens confirmèrent la mort du guide suprême Ali Khamenei, plus haute autorité politique et religieuse de la République islamique depuis 1989, tué lors des frappes de la nuit précédente. Un deuil national de 40 jours fut décrété. Selon les mêmes sources, plusieurs membres proches de sa famille ainsi que de hauts responsables militaires et sécuritaires périrent également dans les attaques, dont le secrétaire du Conseil national de sécurité, le ministre de la Défense et le commandant des Gardiens de la révolution, les forces armées d’élite du régime. L’état-major israélien annonça avoir confirmé la mort de sept hauts responsables.

Un conseil de direction provisoire à trois membres fut constitué pour assurer la continuité du pouvoir. Le responsable de la sécurité Ali Larijani exclut tout dialogue avec Washington tant que les frappes se poursuivraient, après qu’une ouverture avait brièvement été évoquée par Trump. Les opérations américano-israéliennes ne marquèrent aucune pause : des installations de commandement, des médias publics et des centres de sécurité intérieure furent de nouveau ciblés à Téhéran. Dans l’autre sens, les ripostes iraniennes contre les positions militaires américaines dans la région firent trois soldats américains tués et cinq grièvement blessés, pertes confirmées par le Commandement central américain (CENTCOM).

Le 2 mars : le Liban est entraîné dans le conflit

Dans la nuit du 1er au 2 mars, des roquettes et missiles partirent du territoire libanais en direction du nord d’Israël, déclenchant des sirènes jusqu’à Haïfa. Le Hezbollah, mouvement armé libanais étroitement soutenu par l’Iran depuis sa fondation dans les années 1980, revendiqua l’attaque comme une riposte à la mort de Khamenei. L’armée israélienne qualifia cet acte de « déclaration de guerre officielle » et répliqua par des bombardements massifs sur Beyrouth, la vallée de la Bekaa et le sud du Liban. Les autorités libanaises dénombrèrent 31 morts et 149 blessés.

Sur le plan économique, les conséquences commençaient à se faire sentir à l’échelle mondiale. Le détroit d’Ormuz, voie étroite par laquelle transite environ 20 % du pétrole mondial, était pratiquement bloqué : près de 150 navires, dont de nombreux pétroliers, étaient immobilisés à son entrée. Plusieurs grandes compagnies aériennes — Lufthansa, British Airways, Air India, Qatar Airways — suspendirent leurs vols vers la région.

Les réactions internationales

Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunit en urgence : l’ambassadeur américain défendit la légalité des frappes, tandis que le secrétaire général António Guterres condamna à la fois le recours à la force et les représailles iraniennes, avertissant que ces attaques « compromettent la paix et la sécurité internationales ». Le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne signalèrent qu’ils pourraient fournir un appui militaire défensif à leurs alliés de la région pour aider à intercepter les missiles et drones iraniens. L’Arabie saoudite, dont le territoire avait lui-même été visé par des missiles iraniens, condamna « avec la plus grande fermeté l’agression iranienne flagrante » contre les États voisins, affirmant sa solidarité avec ces derniers et se réservant « le droit de répondre » si de nouvelles frappes survenaient.

Le Canada, pour sa part, apporta un soutien politique explicite aux frappes. Depuis Mumbai, où il effectuait une visite officielle en Inde, le premier ministre Mark Carney qualifia l’Iran de « principale source d’instabilité et de terreur au Moyen-Orient » et déclara que le Canada « appuie les États-Unis pour empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire ». Il précisa cependant que le Canada n’avait pas participé à la planification militaire de l’opération et n’envisageait pas de rôle militaire. La ministre des Affaires étrangères Anita Anand condamna de son côté les ripostes iraniennes contre les États du Golfe, appelant à la protection des civils.

Au matin du 2 mars, ni les États-Unis ni Israël n’avaient signalé de volonté d’interrompre les opérations, et Téhéran n’avait posé qu’une seule condition à tout dialogue : l’arrêt des frappes. Avec la mort de Khamenei, la décapitation d’une large part de l’état-major militaire iranien et un pays dont les infrastructures de communication sont en grande partie hors service, une question fondamentale demeurait sans réponse : qui, dans un Iran en pleine crise de succession, serait en mesure de prendre la décision d’abandonner définitivement l’ambition nucléaire — et qui aurait l’autorité pour la faire respecter ?

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Maxym Perron-Tellier
Maxym Perron-Tellier
Maxym Perron-Tellier est journaliste pour PiluleRouge.ca. Passionné de politique depuis plus de dix ans, il s'est impliqué à plusieurs reprises sur la scène provinciale. Entrepreneur en informatique, il allie rigueur journalistique et regard critique sur l’actualité. Son approche analytique et son sens de l’humour apportent une perspective unique aux sujets qu’il couvre.

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