Vendredi, janvier 16, 2026

Les Plus Populaires

À lire aussi

La politique autrement : Le concret

Depuis très longtemps, un discours voulant répondre à la désillusion de la population face aux actions des politiques issus des partis établis : « On va faire de la politique autrement. » Ce discours-là est issu de partis marginaux, ou en croissance. Certes, faire de la politique autrement est louable dans les intentions et surtout lorsque les partis prônant ce discours sont dans l’opposition. Ces partis proviennent autant de la droite que de la gauche. En revanche, est-ce que ce discours tient réellement face à la réalité? Il importe de démêler tout cela par l’utilisation de quelques exemples.

Parmi ces exemples, il est difficile de ne pas mentionner Québec Solidaire. Depuis sa création, QS se vante d’avoir deux chefs (ou deux « co-porte-parole »). En ce sens, ils adoptent le discours suivant : « Voyez, nous ne sommes pas comme les autres. Nous faisons de la politique autrement. Nous sommes pour le partage du pouvoir. En ce sens. Nous avons deux co-porte-parole. » Or, ils utilisent souvent les mêmes méthodes politiques que les partis traditionnels (slogans, séances de porte-à-porte, interventions à l’Assemblée nationale montrée en vidéos courtes sur Facebook, Instagram et YouTube, etc). De plus, malgré ce que ce parti prône, avoir deux chefs n’a jamais immunisé un parti politique aux querelles de pouvoir internes, du moins pas plus que les partis politiques établis et qui ne possèdent qu’un seul chef. En effet, malgré les apparences, il y a toujours des querelles internes, tel que Manon Massé supplantant Amir Kadir, Gabriel Nadeau-Dubois supplantant Manon Massé, Gabriel Nadeau-Dubois supplantant Émilise Lessard-Therrien et Ruba Ghazal supplantant Gabriel Nadeau-Dubois. Contrairement à ce qui est dit dans leur discours officiel d’unité et d’harmonie, le pouvoir ne se partage pas, car il est dans la nature humaine de vouloir le pouvoir et d’en acquérir davantage. Les partis à deux chefs existaient déjà dans le monde avant Québec Solidaire et aucun d’entre eux n’a pu arriver au pouvoir. Les deux triumvirats s’étant déroulés à l’époque de la République romaine en sont bien la preuve.

Cette volonté de faire de la politique autrement est aussi utilisée dans la rhétorique des partis politiques établis. En effet, le Parti libéral du Québec à l’époque de la chefferie de Jean Charest ayant voulu révolutionner l’État québécois en parlant de « réingénierie de l’État ». Or, il n’a pas beaucoup révolutionné l’appareil étatique. Le Parti québécois utilise aussi la rhétorique de « privilégier les gens sur le terrain » (ce qui a été évoqué par le député d’Arthabaska-L’ Érable Alex Boissonneault), ou encore « Il faut diminuer la fonction publique. » (le chef péquiste Paul Saint-Pierre-Plamondon avait tenu des propos similaires). La Coalition Avenir Québec avait tenu ce discours similaire lors des campagnes de 2014, 2018 et 2022, qu’il fallait faire le ménage dans la fonction publique. Or, même si ce parti continue à prôner cette rhétorique, même si le ménage dans la fonction publique n’est toujours pas fait.

Les partisans du discours de « la politique autrement » reprochent aussi aux partis établis leur façon de faire de la politique partisane, mieux connue sous la dénomination de « petite politique ». En revanche, lorsque les péquistes reprochaient au chef conservateur québécois Éric Duhaime d’effectuer des campagnes de salissage envers leur candidat dans Arthabaska-L’ Érable (celles-ci concernaient la révélation des antécédents pas très reluisants d’Alex Boissonneault). Or, le principal lieutenant du chef péquiste, Pascal Bérubé, publiait sur X de manière quasi quotidienne des propos mensongers envers Éric Duhaime. Les péquistes reprochaient à Éric Duhaime et son parti de faire de la « petite politique », alors qu’ils en ont fait de même envers leurs principaux rivaux dans ce comté.

Un autre discours variant de « faire de la politique autrement » est « de repenser ». Il s’agit du discours qui est tenu par la « nouvelle direction » du Parti libéral du Canada, excepté le chef. Ce nouvel entourage est composé des mêmes personnes composant l’entourage de l’ancien Premier ministre issu du même parti que l’actuel. Le 21 septembre 2025, le ministre des Finances et du Revenu François-Philippe Champagne avait prétendu que le Parti libéral était en train « de repenser l’économie canadienne. » Or, quand quelqu’un prétend « repenser », il n’y a souvent pas d’espoir à en tirer et que rien de bien nouveau ne sortira de cette « repensée ». Ce parti risque surtout de continuer les mêmes pratiques budgétaires que celles déjà en place depuis 2015.

Ainsi, « faire de la politique autrement » n’est rien d’autre qu’un slogan parmi tant d’autres. Concrètement, ce slogan se transforme souvent, dans la réalité, à peu de choses, puisque cela ne permet pas de réellement proposer du concret. Ce qui est supposé être du renouveau ne se résume finalement qu’à faire du neuf avec du vieux. Ce discours n’est aussi qu’un effet de rhétorique, ce qui ne donne rien de véritablement concret dans son application dans la vie politique. Que cela concerne le « partage du pouvoir », « la réingénierie de l’État », de « repenser » ou la « petite politique ».

YouTube
Rejoignez notre communauté !

Ne manquez aucune de nos vidéos et plongez dans nos podcasts captivants ! Abonnez-vous dès maintenant à notre chaîne YouTube et activez la cloche pour rester informé des dernières sorties.

Patreon
Contenu exclusif pour vous !

Accédez à des épisodes inédits, des coulisses et des bonus exclusifs en rejoignant notre communauté sur Patreon. Votre soutien nous aide à créer encore plus de contenu de qualité !

PayPal
Soutenez-nous avec un don !

Aidez-nous à continuer à produire du contenu de qualité en faisant un don via PayPal. Chaque contribution, grande ou petite, fait une énorme différence pour notre projet !

Abonne-toi au Patreon pour débloquer :

🎙 Tous les podcasts en version intégrale
⏱ Accès en primeur, parfois sans délai
📬 Contenus exclusifs et sans publicité
💬 Accès au Discord privé
🤝 Soutien direct à Ian & Frank

Nicolas Drolet
Nicolas Drolet
Nicolas est politologue de formation, étant détenteur d’un baccalauréat en Science politique à l’Université Laval. Il est actuellement étudiant au baccalauréat en Communication publique à la même université. Il s’intéresse à la politique fédérale et à la communication politique.

Du Même Auteur