Jeudi, janvier 8, 2026

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Un peu plus de 24h après la capture de Maduro, on peut décanter un peu la nouvelle pour y réagir moins dans l’émotion.

D’entrée de jeu, il est clair que la diaspora du pays est en majorité favorable, voire en a les larmes aux yeux de bonheur. Maduro était un leader autoritaire, violent et anti-démocratique qui ne méritait pas de diriger un peuple, surtout aussi mal. Il faut les écouter avant tous les autres, c’est eux qui l’ont vécus et qui ont souvent encore des proches là-bas.

J’en profite pour faire une parenthèse sur mon texte précédent où je disais qu’il avait gagné le vote populaire dans une apparence de démocratie. J’ai mal écrit le point visiblement considérant les réactions. Maduro a volé les élections de 2018, mais je voulais dire que ce n’est pas un dictature qui avait cancélé le vote comme ailleurs. Le Venezuela n’est pas la Corée du Nord, mais ce n’est pas un pays démocratique et libre.

Maintenant que c’est dit, what’s next?

Premièrement, le plan de transition américain est loin d’être clair. Trump disait hier que c’est « lui » qui allait diriger le Venezuela en attendant la suite. C’est vraiment mauvais comme affirmation, surtout considérant l’expérience bâclée en Irak et en Afghanistan. On le rappellera jamais assez, faire du Nation Building de force, ça ne marche pas.

Disons que Trump a été assez clair qu’il avait autorisé l’opération pour l’accès américain au pétrole. Il y a un aspect géostratégique d’enlever une source d’énergie à la Chine, mais la justification est dégoulinante d’opportunisme. Le pays a aussi de vastes réserves en minéraux, mais on sent que le profit de tout ça n’ira pas au peuple local.

Deuxièmement, comment tu veux dire à Poutine que son invasion en Ukraine est injuste quand Trump va faire sensiblement la même chose (avec plus de succès) en Amérique du Sud? La Chine avec Taïwan? Tous les leaders ambitieux et autoritaires se lèchent les babines en ce moment.

Ah et non, les USA n’iront jamais capturer Poutine à Moscou, pour plein de raisons. J’ai vu l’idée passer, c’est absurde.

Ma crainte est que le Venezuela va tomber en crise politique permanente pour plusieurs années dans cette transition mal pensée (ou du moins, mal communiquée). Sans l’armée sur place, les USA n’auront pas le plein contrôle sur la situation. Imposer un président pro-américain sans élections va revenir au même qu’avec Maduro, mais sans le vernis marxiste.

Il faut impérativement que le gouvernement en place (les relicats de Maduro) accepte de quitter le pouvoir et que des élections soient organisées au plus vite. Sans ça, on va remplacer une dictature par une autre et c’est le jour de la marmotte. Personne ne veut ça, même les plus heureux de l’arrestation de Maduro.

Il faut que la transition vienne du peuple et que ce soit légitime d’un point de vue démocratique. Il est critique que les venezuéliens sentent que le changement amène une vraie légitimité et que ce n’est pas seulement un coup d’État. Les élections doivent être propres et rapides et, surtout, ne pas imposer un candidat à genou devant l’Amérique.

C’est finalement ça le point de base. Retirer un dictateur apparait toujours positif, mais c’est le « après » qui compte beaucoup plus. Saddam Hussein était le pire chien galeux, Al-Assad mériterait de se faire pendre et Gaddafi a commit des crimes contre l’humanité, mais le après a toujours été bien pire finalement.

J’imagine qu’au moins, on pourra se dire que les profits d’Exxon ou de Chevron vont être bons pour les actionnaires…

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David Chabot
David Chabot
David Chabot, professionnel des relations publiques et de la gestion politique, a d’abord été restaurateur avant de se réorienter vers la politique municipale, sa passion. Aujourd’hui Chef des communications et Directeur du bureau du président d’une grande entreprise immobilière, il collabore avec des décideurs politiques et économiques. Titulaire d’un baccalauréat en science politique, il complète une maîtrise en affaires publiques et un MBA en gestion immobilière à l’Université Laval. Pragmatique et stratège, il excelle en négociation, planification et influence.

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