Mercredi, janvier 28, 2026

Les Plus Populaires

À lire aussi

L’antisémitisme, l’éléphant dans la pièce

Contrairement à ce qui serait logique de penser si seulement les nouvelles télévisées étaient regardées, que l’antisémitisme n’a plus l’importance qu’il avait lors des années 1930 en Europe, ainsi qu’en Amérique. Même en Amérique du Nord, l’antisémitisme est en montée, et ce, même au XXIe siècle. Pourtant, dans ces pays, l’antisémitisme est illégal. Or, si ce type de discours est réprimé pénalement en Occident, pourquoi est-il sur une pente ascendante?

Éclatement depuis le 7 octobre 2024

Il importe de constater que depuis l’attaque du Hamas sur Israël le 7 octobre 2023, il y a une explosion de l’antisémitisme même au sein des sociétés occidentales. En effet, les attaques antisémites se poursuivent, des campus aux partis politiques, de la parole aux actes.

Afin de rationaliser l’antisémitisme, il y a ce discours, qui est souvent entendu : « On n’est pas antisémite, mais antisioniste. ». Or, les commerces juifs qui se font vandaliser à Montréal, l’école juive victime de tirs en 2024, étaient-ils sionistes ? On n’en sait rien ! En attendant, les vandales n’ont toujours pas été arrêtés et courent toujours. Il y a aussi eu ce chargé de cours de l’Université Concordia demandant à une étudiante juive de retourner en Europe en ajoutant une épithète peu flatteuse à son endroit. Certes, il est possible d’être anti-sioniste sans pour autant être antisémite, sauf que ces actes sont condamnables. Dans ce cas, où sont les partis politiques et groupes de pression qui sont les grands défenseurs des opprimés ?

Premier attentat antisémite des années 2020 à Manchester

Le dernier acte antisémite remonte à l’attentat de Manchester commis le 2 octobre 2025. Cet attentat a été commis par un islamiste ayant foncé au volant de sa voiture sur des piétons avant d’en poignarder à l’aide d’un couteau, ce qui a coûté la vie à deux personnes et en a blessé trois autres. Cela se produisit lors du Yom Kippour, qui est considéré par le judaïsme comme « le jour le plus saint ». Comme à chaque tragédie, le Premier ministre britannique Keir Starmer avait présenté ses condoléances aux familles des victimes et avait déclaré se tenir aux côtés de la communauté juive.

La suite à l’attentat de Bondi Beach

Le 14 décembre 2025, une fusillade à Bondi Beach se déroula lors de la célébration de la fête juive d’Hanukkah. Un père et son fils avaient tiré dans la foule, causant 15 morts. Il faut aussi ajouter l’intervention courageuse d’un entrepreneur syrien qui avait fait face à un terroriste et l’avait désarmé, puis avait été blessé par la suite.

À la suite de la fusillade, le Premier ministre australien Anthony Albanese ainsi que le Premier ministre de la Nouvelle-Galles du Sud Chris Minns déclaraient que le principal problème étant la circulation des armes à feu en Australie. Ainsi, les deux dirigeants passent à côté des enjeux principaux : le radicalisme religieux et l’antisémitisme.

Indifférence médiatique… ou presque

Les médias officiels couvrent très peu les actes antisémites commis en Occident. En revanche, l’antisémitisme vire même à un certain niveau de paranoïa dans le milieu médiatique. En effet, cela peut se constater lorsque la journaliste couvrant la politique américaine Élisa Serret répond à l’animateur Christian Latreille sur Radio-Canada à propos d’une question portant sur le fait que les États-Unis ont du mal à se distancer d’Israël. En effet, celle-ci lui répondit en ne parlant non pas des « pro-Israéliens », mais « des juifs », prétendant que « Hollywood est contrôlé par les juifs ». Elle n’a écopé que d’une suspension avec solde. Bien que n’étant pas en faveur d’une quelconque sanction envers ses propos, il faut se demander si au lieu de parler des juifs en ces termes, elle aurait eu la même sanction si elle avait parlé ainsi d’une autre religion.

Inaction… ou presque dans les campus

Les exemples, tel que mentionné plus haut concernant l’Université Concordia, sont aussi visibles aux États-Unis. En effet, cela se constate aussi à l’Université Harvard, qui est considérée comme une des plus prestigieuses universités dans le monde. Dans cette université, l’antisémitisme n’est pas puni, alors que la grossophobie et mégenrer le sont. Lorsque des étudiants juifs sont harcelés et se plaignent auprès de l’université, rien n’est fait concrètement pour réprimer ce comportement.

L’insulte est aussi ajoutée à l’injure lorsque devant un comité du Congrès américain à propos de l’antisémitisme en 2023. Les présidents des trois plus grandes universités des États-Unis sont appelés à témoigner : Harvard, University of Pennsylvania et MIT. Interrogée par la représentante républicaine Elise Stefanik, Claudine Gay, présidente de Harvard, déclare qu’à Harvard, l’antisémitisme brisait le code de conduite « dépendamment du contexte ». La présidente de l’University of Pennsylvania avait tenu des propos similaires. Ces personnes auraient-elles tenu le même discours à propos de l’islamophobie ? Il faut en douter.

Inquiétant…

L’antisémitisme est presque aussi vivant qu’il ne l’était au début du XXsiècle pendant l’affaire Dreyfus. En effet, durant cette période où il était possible de crier dans la rue « Mort aux juifs! » sans aucune conséquence légale. Il est évident de constater que des prédicateurs religieux, notamment Adil Charkaoui, puissent inciter à la mort de sionistes et de juifs sans qu’aucunes représailles d’ordre judiciaire ne soient tombées sur eux.

Il est inquiétant de remarquer que les juifs sont de plus en plus persécutés, même en Occident. Il s’agit d’un endroit où beaucoup de juifs s’étaient installés pour fuir les pogroms russes et les persécutions nazies. Il est normal d’être en désaccord avec la politique d’Israël. Cependant, rien ne justifie les attaques contre des juifs, ainsi que leurs assassinats ou encore le saccage de leurs entreprises et écoles.

Les universités manquent de fermeté face à ce problème, les médias officiels ne couvrent que trop peu ce problème, et les politiques ne peuvent que présenter des condoléances, ce qui est loin d’être suffisant. Tant que les autorités ne prendront pas d’actions concrètes pour lutter contre ce fléau, il n’y aura que des dépôts de couronnes de fleurs et discours funèbres.

YouTube
Rejoignez notre communauté !

Ne manquez aucune de nos vidéos et plongez dans nos podcasts captivants ! Abonnez-vous dès maintenant à notre chaîne YouTube et activez la cloche pour rester informé des dernières sorties.

Patreon
Contenu exclusif pour vous !

Accédez à des épisodes inédits, des coulisses et des bonus exclusifs en rejoignant notre communauté sur Patreon. Votre soutien nous aide à créer encore plus de contenu de qualité !

PayPal
Soutenez-nous avec un don !

Aidez-nous à continuer à produire du contenu de qualité en faisant un don via PayPal. Chaque contribution, grande ou petite, fait une énorme différence pour notre projet !

Abonne-toi au Patreon pour débloquer :

🎙 Tous les podcasts en version intégrale
⏱ Accès en primeur, parfois sans délai
📬 Contenus exclusifs et sans publicité
💬 Accès au Discord privé
🤝 Soutien direct à Ian & Frank

Nicolas Drolet
Nicolas Drolet
Nicolas est politologue de formation, étant détenteur d’un baccalauréat en Science politique à l’Université Laval. Il est actuellement étudiant au baccalauréat en Communication publique à la même université. Il s’intéresse à la politique fédérale et à la communication politique.

Du Même Auteur