Mercredi, janvier 14, 2026

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Statistique Canada sabrera 850 postes d’ici 2028

Statistique Canada éliminera 850 emplois au cours des deux prochaines années, soit 12 % de son effectif actuel de 7 274 employés, a confirmé lundi l’agence fédérale dans un mémo interne obtenu par les médias.​

Les premières notifications toucheront 100 employés dès cette semaine, tandis que les 750 autres suppressions seront échelonnées jusqu’en 2028. La haute direction n’est pas exclue de l’exercice : l’agence abolira également 12 % de ses 99 postes exécutifs.​​

Plus de 3 000 avis d’ajustement distribués

Pour atteindre ces objectifs, Statistique Canada a distribué des avis d’ajustement de l’effectif (Workforce Adjustment) à 3 274 employés, dont 940 membres de l’Institut professionnel de la fonction publique du Canada (IPFPC) et 350 membres de l’Alliance de la Fonction publique du Canada (AFPC).

Ces avis ne constituent pas des licenciements immédiats, mais signalent que les postes pourraient être éliminés si un nombre insuffisant d’employés accepte de partir volontairement. Le processus d’ajustement donne aux employés permanents affectés 12 mois payés pour chercher un autre poste au sein de la fonction publique ou échanger leur position avec un employé non affecté souhaitant partir volontairement. Toutefois, dans un contexte où le gouvernement réduit la fonction publique de 40 000 postes à l’échelle fédérale, les opportunités de repositionnement sont limitées.

Carter Mann, porte-parole de Statistique Canada, a indiqué que les employés concernés seront informés de leur statut « dans les deux prochaines semaines ». Il a précisé que l’agence « demeure déterminée à servir les Canadiens et à s’adapter aux exigences à venir pendant que nous traversons cette transition ».​

Un plan gouvernemental de 60 milliards d’économies

Les compressions à Statistique Canada s’inscrivent dans un plan gouvernemental visant à réduire les dépenses publiques de 60 milliards de dollars d’ici 2029. Le gouvernement prévoit diminuer la fonction publique fédérale de 10 % par rapport au sommet de 368 000 employés atteint il y a deux ans, soit une réduction d’environ 40 000 postes.

Le budget de l’automne a annoncé des économies de 15 milliards de dollars sur quatre ans dans le cadre de l’initiative « Refocusing Government Spending ». Cette révision complète des dépenses prévoit notamment le remplacement de certains travailleurs par l’intelligence artificielle.​

Le gouvernement compte également éliminer 1 000 postes exécutifs dans les deux prochaines années à l’échelle de la fonction publique. Plusieurs ministères informeront leur personnel ce mois-ci des détails concernant leurs propres réductions, notamment Ressources naturelles Canada, la Commission de la fonction publique, Relations Couronne-Autochtones et le ministère des Finances. Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada a déjà annoncé la perte de 3 300 emplois, tandis que l’Agence du revenu du Canada a mis fin aux contrats de 600 travailleurs.

Positions divergentes sur l’impact des compressions

Sean O’Reilly, président de l’IPFPC, a qualifié la situation de « une période sombre pour la fonction publique fédérale ». Dans un communiqué publié lundi, il a déclaré : « ces compressions ne sont pas que des chiffres sur un registre comptable, elles représentent de vrais emplois, une expertise réelle, et des services essentiels qui sont menacés ».

Le syndicat souligne que Statistique Canada produit toutes les données officielles sur l’inflation, le chômage, le logement et la croissance économique utilisées par le gouvernement, les entreprises et les médias. O’Reilly craint que l’expertise perdue ne puisse être facilement remplacée : « une fois cette capacité perdue, elle ne peut pas être rétablie rapidement ni à faible coût ».

Sharon DeSousa, présidente nationale de l’AFPC, a critiqué dans un communiqué de novembre la stratégie gouvernementale : « au lieu d’investir dans les services de première ligne et dans les travailleurs qui font fonctionner le Canada, le gouvernement s’entête dans les suppressions d’emplois et les agents conversationnels d’IA, ce qui affaiblira le filet de sécurité sociale du Canada ».

Les syndicats anticipent un « recul générationnel » des services publics, prédisant des délais prolongés et une diminution de la qualité des données.​

De son côté, le gouvernement soutient que les compressions sont nécessaires pour contrôler les dépenses publiques et réduire le déficit, tout en maintenant les services essentiels grâce à l’automatisation et à l’intelligence artificielle. Carter Mann, porte-parole de Statistique Canada, a affirmé que l’agence demeure engagée à servir les Canadiens pendant cette transition.​

L’automatisation et l’IA au cœur de la transformation

Le gouvernement mise sur l’automatisation et l’intelligence artificielle pour maintenir les services avec moins de personnel. Statistique Canada utilise déjà ces technologies dans certaines de ses opérations.

L’agence a notamment développé des systèmes d’apprentissage automatique pour réduire le fardeau de réponse des agriculteurs dans ses enquêtes et prépare un chatbot pour le recensement de 2026 qui répondra automatiquement aux questions fréquentes des Canadiens. Elle utilise aussi l’IA pour organiser et classifier des données provenant de différentes provinces.

Reste à voir si ces technologies pourront compenser la perte de 850 employés. Selon les propres données de Statistique Canada, 12,2 % des entreprises canadiennes utilisaient l’IA au deuxième trimestre de 2025, comparativement à 6,1 % l’année précédente, ce qui témoigne d’une adoption rapide, mais encore limitée de ces outils.​

Budget réduit de 15 % sur trois ans

Le budget de Statistique Canada diminuera de 15 % sur trois ans : 7,5 % cette année, 2,5 % l’année suivante et 5 % la troisième année. Un employé de l’agence a indiqué que Statistique Canada « fonctionne déjà en régime d’économies depuis environ deux ans ».

Miser sur les départs volontaires

Ottawa compte minimiser les licenciements forcés en encourageant les départs volontaires. Le gouvernement a assoupli les critères d’âge pour la retraite et offre environ 1,5 milliard de dollars en incitatifs à la retraite anticipée.

Les employés qui recevront cette semaine la notification que leur position est excédentaire auront la possibilité de chercher d’autres postes au sein de la fonction publique avant que leur emploi ne soit définitivement éliminé.​

Statistique Canada devra déterminer comment adapter ses opérations avec un effectif réduit. Les enquêtes statutaires sur l’inflation, le chômage et le produit intérieur brut continueront, tandis que l’agence devra évaluer comment l’automatisation et les nouvelles technologies peuvent compenser la réduction de personnel pour les autres programmes.

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Maxym Perron-Tellier
Maxym Perron-Tellier
Maxym Perron-Tellier est journaliste pour PiluleRouge.ca. Passionné de politique depuis plus de dix ans, il s'est impliqué à plusieurs reprises sur la scène provinciale. Entrepreneur en informatique, il allie rigueur journalistique et regard critique sur l’actualité. Son approche analytique et son sens de l’humour apportent une perspective unique aux sujets qu’il couvre.

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