La députation conservatrice du Québec monte au front contre le programme fédéral de rachat d’armes à feu de style arme d’assaut, officiellement déployé à l’échelle du pays. Pour les députés conservateurs du Québec, la chasse et les propriétaires d’armes respectueux des lois ne sont pas le problème. Ce sont plutôt les « vrais criminels » qui devraient être ciblés.
« On voudrait nous faire croire que les armes légales et enregistrées représenteraient un grand danger. Sérieux? Tout le monde sait que ce n’est pas le cas », a déclaré le député fédéral de Montmorency-Charlevoix, Gabriel Hardy.
Dans une récente déclaration, le député fédéral de la circonscription de Côte-du-Sud—Rivière-du-Loup—Kataskomiq—Témiscouata, Bernard Généreux campe le débat sur le terrain des traditions et de la responsabilité individuelle. « La chasse n’est pas le problème. Pour moi, c’est une passion, un sport, et surtout une tradition familiale transmise de génération en génération, ici comme partout au Québec et au Canada. Les chasseurs sont des citoyens responsables, formés et encadrés. Ils respectent des règles strictes, et contribuent à la gestion durable de la faune. J’en resterai un fervent défenseur », a-t-il expliqué sur sa page Facebook.
Mais c’est surtout la logique et le prix de la mesure qui font bondir le député. « Pendant que les libéraux pointent du doigt les chasseurs et les propriétaires d’armes respectueux des lois, ils lancent un programme de rachat extrêmement coûteux (740 M$), qui ne s’attaque pas aux vraies sources du problème », ajoute-t-il.
Mauvaise cible
Pour Bernard Généreux, le programme rate manifestement sa cible. En s’en prenant à des armes détenues légalement, déjà encadrées par un régime de permis, Ottawa pointe du doigt des citoyens respectueux des lois. « Les véritables criminels, eux, continuent d’agir. On dépense l’argent des contribuables au lieu de protéger les victimes et d’assurer réellement la sécurité publique. La priorité devrait être claire : laissons les chasseurs en paix ; concentrons-nous sur les vrais criminels, et respectons les traditions de ceux qui font les choses correctement », explique-t-il.
Un programme de plusieurs centaines de millions
Sur le plan budgétaire, Ottawa a prévu plus de 740 millions de dollars pour le coût global du programme depuis 2020, selon des informations rapportées par La Presse canadienne. Des responsables fédéraux ont aussi indiqué qu’environ 250 millions sont réservés à l’indemnisation des particuliers — une enveloppe censée couvrir autour de 136 000 armes. « Fait troublant : seulement 248 millions serviront au rachat des armes. Le reste ira à… roulement de tambour… l’administration du programme [et à la] bureaucratie », a quant à lui précisé avec ironie Gabriel Hardy.
À propos du programme
Dans le cadre de son engagement de longue date à lutter contre la violence armée dans les communautés canadiennes, le gouvernement du Canada a interdit plus de 2500 marques et modèles d’armes à feu de style arme d’assaut depuis mai 2020.
Le Programme d’indemnisation pour les armes à feu de style arme d’assaut (PIAFSAA) a été élaboré afin de donner aux entreprises et aux particuliers admissibles, qui possèdent ces armes à feu et dispositifs interdits, la possibilité de se conformer à la loi. Les entreprises et les particuliers qui choisissent de participer au programme pourraient recevoir une indemnisation sous réserve de la disponibilité des fonds du programme.
La participation au programme est volontaire, mais il est obligatoire de se conformer à la loi. Les entreprises et les particuliers propriétaires d’armes à feu doivent se départir en toute sécurité de leurs armes à feu de style arme d’assaut, ou les neutraliser définitivement avant la fin de la période d’amnistie, soit le 30 octobre 2026, faute de quoi ils s’exposent à des poursuites pénales pour possession illégale d’une arme à feu prohibée.
« En fin de semaine, j’étais avec la Fédération des chasseurs et pêcheurs du Québec. Plusieurs me disaient être très mécontents de ce programme fédéral. Mais savez-vous ce que je n’ai pas vu en fin de semaine? Aucun criminel. Aucun gang de rue n’était présent à ce déjeuner, et les seuls “motards” étaient des motoneigistes accompagnés de leurs enfants. Trois quarts de milliard…, il me semble que ça pourrait être dépensé autrement. Il est temps de mettre l’argent public là où il sera vraiment payant : soutenir nos forces de l’ordre », a conclu le député fédéral de Montmorency-Charlevoix.


