Après avoir la chronique de Frédéric Bérard au complet, honnêtement, j’ai encore de la difficulté à croire qu’un docteur en droit puisse se permettre autant d’inepties dans un seul texte.
Qu’on se comprenne bien :
Donald Trump est une figure profondément polarisante. Il y a des décisions que je désapprouve totalement, d’autres avec lesquelles je suis en accord, et plusieurs qui méritent d’être questionnées sérieusement. Les agissements récents de la ICE (U.S. Immigration and Customs Enforcement) soulèvent aussi de vraies préoccupations, notamment certains cas de bavures, et c’est parfaitement légitime d’en débattre.
Mais ce que fait Bérard ici, ce n’est pas de l’analyse.
C’est de la caricature idéologique.
Comparer la ICE à la Gestapo, ce n’est pas seulement faux : c’est indécent.
C’est une insulte directe à la mémoire des véritables victimes du nazisme, des gens qui ont été arrêtés, torturés et exécutés par une police politique opérant hors de tout cadre juridique, dans un régime totalitaire exterminateur. Assimiler ça aux États-Unis de 2026, aussi imparfaits soient-ils, relève d’un aveuglement historique grave.
Les États-Unis demeurent une démocratie, avec des contre-pouvoirs réels : tribunaux, médias, élections, séparation des pouvoirs.
Oui, Donald Trump pousse les limites de ses pouvoirs.
Oui, certaines politiques sont plus que questionnables.
Mais non, on n’est pas dans un régime fasciste et non, la ICE n’est pas la Gestapo.
Des bavures policières et institutionnelles, il y en a eu sous tous les présidents : Bush, Obama, Biden. Faire semblant que le problème est né avec Trump est intellectuellement malhonnête.
Sur l’immigration aussi, il faut arrêter l’hypocrisie.
Un pays n’est pas un bar ouvert. Il a des frontières. L’administration précédente a laissé entrer des millions de personnes illégalement et parmi elles, une minorité — certes — mais réelle, de criminels violents. Des crimes graves ont été commis. Faire le ménage entraîne des erreurs, des abus, parfois des drames. Ça doit être encadré, critiqué et corrigé, mais pas transformé en fantasme nazi.
Le vrai problème ici, c’est le Trump Derangement Syndrome.
Chez Bérard, dès qu’il est question de politique américaine, toute rigueur disparaît. L’émotion remplace l’analyse. L’enflure verbale tient lieu d’argument. Quand on connaît le parcours académique et professionnel de l’auteur, lire un tel texte relève moins de la controverse que de la honte intellectuelle.
Je reconnais que Frédéric Bérard est capable d’analyses fortes pertinentes.
Mais sur la politique américaine, il décroche complètement. Et à un moment donné, il faut appeler les choses par leur nom.
En 2026, LES MOTS VEULENT ENCORE DIRE QUELQUE CHOSE !
On peut critiquer Trump.
On peut critiquer la ICE.
Mais banaliser le nazisme pour marquer des points idéologiques, c’est carrément une faillite intellectuelle.
Il serait temps de redescendre du piédestal moral, de revenir sur le plancher des faits et de se rappeler qu’en démocratie, la crédibilité repose sur la nuance, pas sur l’hystérie.


