Jeudi, janvier 29, 2026

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Ils ont échoué. Ils sont félicités.

Le pouvoir sans facture

Dans toute organisation normale, l’échec a un coût.
Un gestionnaire qui multiplie les mauvaises décisions, gaspille les ressources et détériore les résultats finit par être tenu responsable. Il rend des comptes. Il paie le prix.

En politique, cette règle semble ne plus exister.

On peut ruiner des finances publiques, affaiblir des institutions, trahir des engagements majeurs… puis quitter sans jamais en subir les conséquences personnelles.
C’est là le nœud du problème : un pouvoir sans imputabilité réelle.

Le Québec, et le Canada, en offrent aujourd’hui une démonstration troublante.

2018 : une victoire historique, un chèque en blanc

En 2018, François Legault remporte une victoire électorale écrasante.
Majorité solide, opposition éclatée, carte électorale presque entièrement bleue.
La Coalition Avenir Québec reçoit un véritable chèque en blanc de la population.

Le message est clair : les Québécois veulent du changement.
Ils veulent rompre avec les vieux partis, avec la politique de façade, avec l’immobilisme.

Dans la région de Québec, une promesse domine toutes les autres : le 3e lien.
Projet phare de la CAQ, présenté comme indispensable à la mobilité, au développement économique et à l’équité régionale.

Ce projet n’est pas un détail de programme.
Il est au cœur de la légitimité électorale du gouvernement.

Promettre pour gagner, abandonner sans répondre

La suite est révélatrice.

Le 3e lien est annoncé avec assurance, puis redéfini, repoussé, transformé, abandonné… avant d’être périodiquement ressorti selon les besoins politiques du moment.
Sans explication claire. Sans reddition de comptes sérieuse.

Une promesse centrale, utilisée pour gagner une élection, puis diluée jusqu’à l’oubli.

Dans le secteur privé, ce genre de manœuvre serait considéré comme une faute grave.
En politique, c’est devenu une stratégie.

La pandémie : l’excuse parfaite

La COVID n’a pas créé les dérives.
Elle les a normalisées.

Gouvernance par décrets, décisions prises en vase clos, mesures autoritaires prolongées, Parlement relégué à l’arrière-plan.
Mais surtout : une explosion des contrats de gré à gré, sans appels d’offres, sans concurrence, sans transparence durable.

L’urgence a servi de justification à tout.
Puis, une fois l’urgence passée, les pratiques sont restées.

L’exception est devenue la règle.

Une accumulation de fiascos

Les dossiers problématiques se sont empilés, année après année.

SAAQclic, symbole d’un échec informatique majeur : services paralysés, citoyens pris en otage, coûts hors de contrôle.
Northvolt, engagement financier colossal, vendu comme visionnaire, mais entouré de zones d’ombre et de risques assumés presque exclusivement par l’État.
Des contrats publics de plusieurs milliards sans appel d’offres, accordés à huis clos.
Des campagnes publicitaires coûteuses, au rendement plus que discutable.
Des tests PCR facturés à prix d’or, sans justification claire a posteriori.
Une augmentation de 30 % du salaire des députés, pendant que le coût de la vie explose.
Et, en toile de fond, des déficits records, malgré une situation financière enviable à l’arrivée au pouvoir.

Chaque scandale est traité comme un incident isolé.
Jamais comme le symptôme d’un problème de gouvernance plus profond.

L’argent public sans conséquence

Le rôle de Pierre Fitzgibbon cristallise cette logique.
Des milliards investis dans des projets mal encadrés, des paris industriels douteux, des fonds publics dilapidés sans mécanisme réel de responsabilité en cas d’échec.

Dans le secteur privé, une telle gestion mènerait à des congédiements rapides.
En politique, elle mène à des reconductions ou des « remaniements ministériels ».

Une élite qui échoue, mais se protège

Le problème dépasse largement un seul gouvernement.

Justin Trudeau, durant son mandat, a doublé la dette du Canada en imprimant de l’argent et causé une inflation monstre, sans jamais en assumer personnellement les conséquences.
François Legault est passé de surplus budgétaires à des déficits records.
Christian Dubé a achevé de désorganiser ce qui restait d’un système de santé déjà fragile.
Pierre Fitzgibbon a dilapidé des milliards en investissements bidons aujourd’hui perdus.

Et pourtant.

Aucun d’eux ne sera personnellement tenu responsable, au contraire ils auront droit à leur pension de retraite dorée, à une sortie confortable, à une place dans des conseils d’administration ou des cercles d’influence. Justin Trudeau a ruiné l’économie du pays et maintenant se fait dorer au soleil avec Katy Perry.

Ils gaspillent. Ils mentent. Ils ruinent. Mais ils ne sont jamais imputables à rien.

Selon moi, ce n’est pas qu’un échec politique. C’est le symptôme d’une société malade, qui tolère l’irresponsabilité au sommet tout en exigeant la rigueur absolue de ceux d’en bas.

Et pire encore que ce manque d’imputabilité : l’aplaventrisme et l’hypocrisie des instances médiatiques et politiques, tous horizons confondus.
Depuis la démission de François Legault, on assiste à un concert d’éloges, à une réécriture complaisante de son passage au pouvoir, comme si les déficits, les scandales, les fiascos et l’appauvrissement collectif pouvaient être effacés par quelques formules creuses.

Son legs n’est pas mitigé ni « complexe » et certainement pas « nuancé ». Son legs est une catastrophe du début à la fin. Soyons honnêtes. François Legault était un premier ministre à la petite semaine, gouvernant par sondages, girouette qu’il était au gré du vent d’actualités. Il représente tout ce qui me rend cynique face à la politique moderne ; aucune vraie conviction, aucune intention de changer les choses. Simplement une autre pancarte qui remplace celle d’avant, gardant le même statu quo.

Une démocratie où le pouvoir n’a pas de conséquences, et où l’échec est célébré par ceux qui devraient le questionner, n’est plus pleinement fonctionnelle.
C’est un système d’immunité pour une élite politique et médiatique  profondément déconnectée de la réalité qu’elle impose aux autres. Une élite qui gouverne la classe moyenne, sans comprendre leur réalité.

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