Samedi, janvier 24, 2026

Les Plus Populaires

À lire aussi

La justice pénale canadienne est brisée ; Ottawa favorise la création de deux classes juridiques distinctes de citoyens.

« Tous sont égaux devant la loi ». « La justice est aveugle ». « La loi est la même pour tous ». Voilà des phrases lourdes de sens avec lesquelles j’ai grandis et dont je croyais immuables. Or, depuis quelques années, le système de justice pénale canadien ne respecte plus cette éthique, pourtant fondamentale à la confiance du public envers les institutions juridiques. La semaine dernière, LaPresse nous apprenait qu’un Montréalais a échappé à la prison en raison de ses racines autochtones, et ce malgré un lourd passé criminel1. En octobre dernier, le NationalPost a raconté l’histoire d’un trafiquant d’armes, de fentanyl et de cocaïne jamaïcain dont sa nouvelle sentence a été réduite de moitié pour ne pas nuire à sa demande de citoyenneté canadienne2. En novembre 2025, c’était le Journal de Montréal qui nous informait qu’un jeune autochtone coupable d’avoir causé la mort par la conduite d’un véhicule en état d’ébriété ne fera pas de prison3. Bien loin d’anecdotes isolées, c’est un « pattern » juridique qui devient de plus en plus courant dans la jurisprudence criminelle canadienne.

Si l’analyse du contexte du crime et l’historique de l’accusé ont toujours été pris en compte lors de la détermination de la peine depuis plusieurs décennies, on assiste aujourd’hui à une altération de ce principe pourtant fondamental. Pour certains citoyens et mêmes résidents temporaires, on considère le passé de leur communauté historique pour alléger leur sentence au lieu de se baser sur un examen neutre de leur passé individuel. Ainsi, les caractéristiques individuelles qui constituent des facteurs aggravants ou atténuants (passé criminel, gravité du crime, expression de remords, etc.) sont passées sous le tapis afin de prendre en compte les caractéristiques historiques du groupe d’appartenance. Dans le procès du dealer d’arme et de drogue jamaïcain, le juge a conclu que l’homme a « vécu du racisme systémique en tant qu’homme noir, et cela a certainement joué un rôle dans ses actes criminels » (lire l’article du NationalPost). Cette pratique juridique déresponsabilise l’individu pour excuser et réduire l’ampleur de ses actes criminels en raison de ce que ses ancêtres ont peut-être subi il y a de cela 100 ou 300 ans. Un système juridique de pays civilisé ne peut pas fonctionner de cette façon.

C’est aussi un jeu dangereux auquel se prêtent les juges, puisqu’il ne se termine jamais. En tant que Canadien français, est-ce que j’aurai aussi droit à une telle clémence si je commets un crime (Dieu m’en préserve), puisque les Anglais ont tué et déporté certains de mes ancêtres hors de la Gaspésie en 1758-1760 ? Évidemment que non, et cela ne me viendrait jamais à l’idée d’invoquer cette idée comme défense. Cela démontre néanmoins toute l’hypocrisie et l’incohérence de cette nouvelle pratique juridique. Le système pénal canadien est ainsi en train de créer deux classes de citoyens. Ceux qui bénéficient d’une clémence de la part des juges et ceux qui auront des sentences « normales ».

Certains pourraient se réjouir d’une telle situation, en invoquant que c’est une justice « réparatrice » et qu’elle est nécessaire pour « corriger » l’Histoire. Or, l’instauration par l’État de traitements juridiques différenciés selon sa communauté ethnique ne fera qu’alimenter les tensions sociales et ériger de nouveaux « eux » contre « nous » en dressant les Canadiens d’origines diverses les uns contre les autres. Comment ne pas ressentir un sentiment d’injustice si un membre de sa famille ou encore un ami reçoit une peine deux fois plus sévère qu’un autre pour un crime similaire, puisque la justice canadienne juge que sa communauté historique n’a pas été brimée dans le passé? Encore une fois, le Canada abandonne un principe occidental fondamental, soit l’égalité de tous devant la loi, au profit de l’idéologie woke qui visiblement ne cesse de causer de réels dommages à la cohésion sociale et au vivre-ensemble.

C’est d’ailleurs surprenant que les partis provinciaux ne soient pas plus vocaux sur cet enjeu, particulièrement le Parti Québécois. La réinstauration d’une réelle justice criminelle neutre et non infectée par l’idéologie woke pourrait convaincre plus d’un indécis d’adhérer au projet souverainiste et rejeter l’emprise d’Ottawa sur la justice pénale de notre société.


  1. https://www.lapresse.ca/actualites/justice-et-faits-divers/2026-01-07/15-ans-apres-un-homicide-involontaire/pas-de-prison-pour-un-vol-qualifie-en-raison-de-son-heritage-autochtone.php ↩︎
  2. https://nationalpost.com/news/canada/cocaine-trafficking-sentence-cut-in-half-for-jamaican-facing-deportation-from-canada ↩︎
  3. https://www.journaldemontreal.com/2025/11/19/une-communaute-peut-parfois-etre-une-prison-un-jeune-atikamekw-qui-a-cause-un-accident-mortel-nira-pas-derriere-les-barreaux ↩︎

YouTube
Rejoignez notre communauté !

Ne manquez aucune de nos vidéos et plongez dans nos podcasts captivants ! Abonnez-vous dès maintenant à notre chaîne YouTube et activez la cloche pour rester informé des dernières sorties.

Patreon
Contenu exclusif pour vous !

Accédez à des épisodes inédits, des coulisses et des bonus exclusifs en rejoignant notre communauté sur Patreon. Votre soutien nous aide à créer encore plus de contenu de qualité !

PayPal
Soutenez-nous avec un don !

Aidez-nous à continuer à produire du contenu de qualité en faisant un don via PayPal. Chaque contribution, grande ou petite, fait une énorme différence pour notre projet !

Abonne-toi au Patreon pour débloquer :

🎙 Tous les podcasts en version intégrale
⏱ Accès en primeur, parfois sans délai
📬 Contenus exclusifs et sans publicité
💬 Accès au Discord privé
🤝 Soutien direct à Ian & Frank

Antoine Arbour
Antoine Arbour
Antoine Arbour est étudiant à la maîtrise en administration des affaires (MBA) à l'Université Laval. Indépendantiste convaincu, il souhaite un Québec qui respecte et met davantage en valeur les libertés et responsabilités individuelles. Ses principaux champs d'intérêts sont l'avenir du Québec au sein du Canada, le mouvement indépendantiste québécois, les politiques publiques et les relations internationales.

Du Même Auteur