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L’élection provinciale de 2027?

Au Québec, les élections provinciales sont à date fixe depuis 2013, mais cette règle reste théorique dans un contexte de gouvernement minoritaire : un gouvernement peut toujours tomber sur un vote de non-confiance ou provoquer sa propre chute pour déclencher des élections anticipées. L’exemple récent du gouvernement Ford en Ontario illustre bien la flexibilité du système. Bien qu’il ait été majoritaire, Ford n’a pas hésité à déclencher des élections hâtives en février 2025 pour consolider son pouvoir.

Comme vous le savez probablement déjà, la prochaine élection québécoise se tiendra le 5 octobre 2026. Entre-temps, la CAQ tiendra sa course à la chefferie et le futur chef caquiste deviendra premier ministre par intérim jusqu’au scrutin. De son côté, le PLQ installera son nouveau chef, et tous les partis se prépareront en conséquence.

Pourtant, un scénario plausible pourrait repousser cette date au 5 avril 2027. Les articles 129.1 et 129.2 de la Loi électorale du Québec permettent au Directeur général des élections de reporter l’élection provinciale si une élection fédérale déclenchée fait chevaucher les périodes électorales des deux paliers.

Normalement, avec un gouvernement majoritaire à Ottawa, ce risque serait faible. Mais dans un contexte minoritaire fédéral comme c’est le cas actuellement, un déclenchement imprévisible reste possible. Si cela arrivait et que le DGEQ appliquait la loi, le chef de la CAQ resterait premier ministre près d’un an, bouleversant les stratégies des partis qui misent sur octobre. En politique un mois c’est long, imaginez six mois, c’est une éternité !

Et si la politique-fiction devenait réalité ?

Imaginons un scénario de politique fiction en se basant sur la situation actuelle. Le Parti québécois domine les sondages. Les libéraux, stabilisés sous un nouveau chef, ne menacent pas vraiment le pouvoir. La CAQ semble fragilisée et lutte pour survivre. Le Parti conservateur du Québec vise une percée à l’Assemblée nationale, tandis que Québec solidaire cherche à retrouver sa pertinence. Dans ce portrait, le PQ remporterait probablement le scrutin, avec les libéraux et les conservateurs se disputant le rôle d’opposition officielle.

Ajoutons la dimension internationale : un monde tendu par l’imprévisibilité de Donald Trump et ses impacts géopolitiques et économiques inquiète une partie de la population canadienne. Si le gouvernement Carney, à Ottawa, jugeait stratégique de déclencher une élection fédérale vers la fin de l’été, ce scénario pourrait basculer dans le réel.

En gros, le fédéral pourrait ainsi profiter de l’occasion pour éviter le « double front » : la menace Trump à l’international et la résurgence souverainiste au Québec. Miser sur l’effet Trump peut rapporter, mais c’est aussi risqué ! Un gouvernement peut vite perdre le contrôle du récit, car l’élection de 2025 nous a montré que les Canadiens sont plus émotifs que l’on aurait pu le penser sur le sujet de la souveraineté canadienne. Pendant ce temps, le PQ pourrait capitaliser sur toute déstabilisation canadienne pour lancer son projet national.

Le gouvernement Carney pourrait alors agir préventivement : déclencher une élection fédérale pour chevaucher la période électorale québécoise, forçant ainsi le report légal de l’élection provinciale au Québec. Ce délai pourrait essouffler le momentum du PQ et il pourrait donner du temps aux autres partis pour se reconstruire et ajuster leurs stratégies!

Pour le nouveau chef de la CAQ, ce serait une aubaine : à la tête d’un parti en difficulté, il resterait au pouvoir plus longtemps, ça pourrait être un atout majeur pour sa survie politique. C’est comme si, à cinq minutes de la fin d’un match de hockey où une équipe tire de l’arrière 3 à 0, on décidait d’ajouter soudainement une quatrième période. Bien que la remontée reste incertaine, cet ajout transforme une défaite quasi assurée en une nouvelle chance de salut.

Le PQ dénoncerait évidemment cette manœuvre comme une « injustice démocratique » si ça devait arriver, surtout si le report devait nuire à ses chances. L’ironie serait cependant à son zénith si ça devait se produire, car il faut se rappeler que cette loi a été déposée le 7 novembre 2012 par Bernard Drainville, alors ministre péquiste responsable des Institutions démocratiques sous Pauline Marois. Le même Bernard Drainville, aujourd’hui caquiste, pourrait en profiter pleinement aux dépens du PQ, surtout s’il devait devenir le prochain chef caquiste!

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