L’utopie verte et la centralisation énergétique que l’on nous présente souvent risquent de ressembler à une apocalypse déguisée : une forme de pauvreté institutionnalisée qui touche de plus en plus de Québécois dans leur quotidien.
J’ai moi-même connu les fins de mois difficiles, comptant chaque dollar gagné à la sueur de mon front depuis l’adolescence en boucherie, puis en apprenant sur le tas en Tech dès 1997.
Aujourd’hui, je vois des familles, des travailleurs, des retraités qui peinent à joindre les deux bouts.
Pas parce qu’ils dépensent mal.
Mais parce que les coûts énergétiques grimpent et entraînent avec eux :
- l’épicerie
- les loyers
- les prix de tout ce qu’on achète
Il n’est pas normal qu’au Québec, une personne ne puisse plus se loger et se nourrir décemment.
Année après année, plus de gens glissent vers la pauvreté.
Et la manière dont on gère notre énergie — toujours plus de centralisation de l’État, présentée comme la solution miracle — contribue à ce cercle vicieux au lieu de le briser.
Elle crée de la pauvreté au lieu de générer de la richesse pour tous.
C’est pour cela que je crois qu’on peut — et qu’on doit — regarder le modèle différemment.
Utiliser nos ressources propres de façon pragmatique pour financer une vraie autonomie énergétique, décentralisée, accessible et au service du citoyen.
Une autonomie qui ramène justice, équité sociale et prospérité dans la vie de chaque Québécois.
Le constat que nous partageons tous
Hydro-Québec reste une fierté collective : plus de 94 % de notre électricité est renouvelable, grâce à nos barrages.
Pourtant, les faits sont là.
En 2025, pour les neuf premiers mois (données préliminaires et rapports intermédiaires) :
Exportations limitées à environ 8 TWh (prix avantageux, +600 M$ nets)
Imports atteignant 10 TWh (coût ~553 M$)
→ Québec importateur net
Les surplus abondants comme avant ne sont plus là.
On gère serré, avec des campagnes pour réduire la consommation (LogisVert, thermostats intelligents subventionnés) afin de compenser le manque de vision à long terme de l’appareil étatique et des politiciens — une situation pourtant prévisible depuis plusieurs années malgré les cycles naturels d’hydraulicité qui se répètent depuis les années 1960 et non un déclin dramatique irréversible comme certains le présentent. [1]
Pendant ce temps, les tarifs résidentiels augmentent :
- Plafonnés à 3 % par an (loi 69 de 2025, entrée en vigueur 2026)
- Cumulés avec l’inflation générale, ça pèse
- Une hausse de 3 % = ~2,40 $ à 6,70 $/mois selon le logement
Ça s’ajoute à une précarité énergétique qui touche environ 1 ménage sur 7 (difficulté à payer la facture).
Et ce mythe qu’on nous sert souvent — que les Québécois consomment « trop » d’énergie et qu’il faudrait se serrer la ceinture pour « sauver la planète »?
Regardons les faits sans filtre : on vit dans un des endroits les plus froids d’Amérique du Nord, avec des hivers à -20 °C pendant des mois et une température moyenne annuelle autour de 4 °C à Québec.
Le chauffage n’est pas un luxe ou du gaspillage, c’est une nécessité pour survivre et rester en santé — pour les parents qui rentrent du travail, les retraités seuls, les familles qui veulent un foyer chaleureux.
Notre consommation électrique par habitant est élevée (23 MWh/an, la plus haute au Canada), mais c’est parce qu’on chauffe et éclaire majoritairement à l’hydroélectricité propre et abordable, pas avec des sources sales comme le charbon ou d’autres technologies très polluantes (comme l’huile/mazout dans des contextes où c’est encore dominant).
En énergie totale par habitant (200-220 GJ), on est au 8e rang canadien, derrière les provinces pétrolières comme l’Alberta ou la Saskatchewan. Comparée à des pays froids comme la Norvège ou la Suède, notre consommation résidentielle est comparable (seulement légèrement plus élevée dans certains cas). Ce n’est pas « trop » consommer, c’est vivre dans notre réalité climatique sans se priver — et pour beaucoup de Québécois, le bois reste une solution historique, économique et locale pour le chauffage d’appoint ou principal.
Blâmer les citoyens pour ça, au lieu de réparer le réseau centralisé fragile et de prioriser des solutions durables qui baissent vraiment les coûts, c’est détourner l’attention des vrais problèmes qui font grimper les factures et appauvrir les familles. [2]
Le réseau centralisé reste vulnérable aux aléas.
Et les choix passés de l’État — qui a souvent traité Hydro-Québec comme une vache à lait via des dividendes élevés au lieu de réinvestir massivement dans la capacité et l’entretien — ont limité les marges d’action et contribué aux hausses tarifaires qui pèsent sur les contribuables.
Les répercussions concrètes
Ces coûts énergétiques se répercutent partout :
- Panier d’épicerie prévu en hausse de 4 à 6 % en 2026 (viande +5— 7 %, légumes +5 %)
- Loyers en hausse jusqu’à +7-11 % dans plusieurs régions, malgré les réformes et partiellement à cause de celles-ci
- Logement et nourriture décents de plus en plus inaccessibles
- Revenu viable en hausse (ex. +4 % à Montréal pour une personne seule en 2025)
- Taux de faible revenu qui remonte légèrement post-pandémie
Résultat : la classe moyenne glisse.
Plus de gens en insécurité alimentaire ou budgétaire, même en travaillant.
Ce n’est pas une remise en question de l’hydroélectricité elle-même
Mais un constat partagé :
La centralisation et l’approche « verte forcée » subventionnée, qui dépend d’un réseau unique et de politiques qui priorisent souvent l’image et l’apparence de solutions plutôt que des réparations durables — créant parfois plus de problèmes qu’elles n’en résolvent — finissent par appauvrir au lieu d’enrichir.
Une vision pragmatique : un pont vers l’autonomie et la richesse partagée
Plutôt que d’attendre une transition coûteuse qui creuse les inégalités, imaginons un pont réaliste sur 25 à 40 ans :
Valoriser nos réserves pétrolières et gazières existantes pour générer des revenus substantiels (royalties, emplois régionaux, retombées fiscales).
Ces fonds financeraient directement des technologies accessibles et décentralisées :
Petits réacteurs modulaires (SMR) : production fiable 24/7, bas carbone, adaptable aux régions pour réduire la dépendance au grand réseau
Stockage décentralisé partagé : batteries collectives au niveau des quartiers ou immeubles pour diminuer progressivement la dépendance centralisée et assurer une stabilité au résident/citoyen
L’objectif ?
Rendre chaque Québécois plus prospère (plus d’argent dans les poches grâce à des coûts bas) et autonome (moins exposé aux hausses ou pannes).
Ça contribue aussi à réduire le charbon mondial en exportant notre expertise propre — nos ressources moins polluantes que le charbon exporté à la grandeur de la planète représenteront une grande avancée écologique avec une vision et un impact global réel —, sans fermer nos options par idéologie.
Pas d’utopie : un modèle qui crée de la richesse réelle, équitable, pour tous — familles, travailleurs, retraités.
Une approche qui rassemble
Cette voie n’oppose pas les générations ni les régions :
- Les jeunes y voient un espoir à l’achat d’une maison ou d’un loyer abordable
- Les aînés apprécient la stabilité des coûts et la sécurité
C’est du concret pour l’équité sociale : emplois partout, économies par foyer, un Québec qui finance son avenir avec ses moyens, sans dette supplémentaire ni appauvrissement forcé.
Cette voie est une première étape pour que la ville retourne à ses responsabilités de base : l’entretien des infrastructures nécessaires au confort du citoyen et pour le développement commercial et industriel en priorité, même si cela ne fait pas vendre beaucoup de photos.
En conclusion
Je ne prétends pas avoir toutes les réponses, mais après des années à construire du concret sur le terrain, je suis convaincu qu’une voie réaliste existe.
Si cette perspective vous interpelle — peu importe votre âge ou votre situation —, restez à l’affût.
On continuera à explorer ensemble comment rendre cette autonomie concrète et accessible pour chaque famille québécoise.
Merci de votre lecture.
Vos réflexions et commentaires sont les bienvenus — c’est en discutant ensemble qu’on avance vers un Québec plus juste, prospère et autonome.
Notes de bas de page
[1] Selon des analyses historiques, les périodes de faible hydraulicité reviennent périodiquement depuis les débuts de l’hydroélectricité québécoise (années 1960 et 1980-1990 sèches, compensées par des décennies humides comme les 1970 et 2010). La tendance moyenne des apports en eau est stable ou à la hausse sur le long terme, et la situation 2023-2025 s’inscrit dans ces cycles naturels plutôt qu’un déclin dramatique irréversible (source : Le Devoir, 2025, citant experts et données historiques d’Hydro-Québec).
[2] Données sur consommation énergétique : État de l’énergie au Québec 2025 (MERNR) ; Canada Energy Regulator (CER) 2025 ; Statistique Canada 2025. Potentiel bois renouvelable : Rapport IRENA sur biomasse 2024.

