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Musk s’en va, et avec lui, le dernier espoir de la raison

Il fallait s’y attendre. Elon Musk se retire tranquillement du jeu politique américain, admettant candidement avoir « probablement passé un peu trop de temps en politique » et affirmant qu’il en a fait assez. L’homme qui aurait pu redéfinir le rôle de l’État dans une économie moderne quitte la scène, pendant que ceux qui veulent jouer à la guerre froide avec des tarifs douaniers et des plans quinquennaux sur le manufacturier triomphent.

Pendant ce temps, Vivek Ramaswamy — pourtant perçu comme l’un des esprits les plus affûtés de la nouvelle droite américaine — n’a jamais réussi à se tailler une place dans l’équipe dirigeante. Deux figures qui incarnaient une vision d’avenir fondée sur la croissance, la liberté économique et l’innovation se retrouvent sur le banc de touche.

Leurs adversaires, eux, ont gagné. Peter Navarro, Scott Bessent et Howard Lutnick sont désormais les visages d’un nouveau nationalisme économique, populiste et résolument mercantiliste. Un cocktail dangereux, appuyé sur des théories économiques absurdes que même les économistes des années 1930 auraient qualifiées de dépassées. Mais voilà : dans une époque où les idées simplistes se vendent mieux que la complexité nuancée du libéralisme économique, les marchands d’illusions gagnent à tous les coups.

C’est la même chose au Québec.

François Legault et Paul St-Pierre Plamondon incarnent cette coalition improbable de nationalisme économique à la sauce caquisto-péquiste. Ils parlent de souveraineté, d’achat local obligatoire, de subventions comme si l’argent tombait du ciel, et d’une économie où l’État joue à l’investisseur visionnaire… avec notre argent. Pendant ce temps, Éric Duhaime tente, comme Musk, de faire entendre une voix libérale, réaliste et orientée vers la responsabilité budgétaire, la réduction de la taille de l’État et la liberté individuelle.

Mais il faut se rendre à l’évidence : ce genre de coalition, celle qui aurait pu unir les libéraux classiques (ceux du DOGE, de la réforme structurelle, du grand ménage dans les finances publiques) et les nationalistes économiques sur certains points communs (protection de la souveraineté nationale, méfiance envers les institutions globales), ne tient jamais longtemps. Le ver est dans le fruit. Le réflexe de toujours dépenser plus, de protéger les entreprises inefficaces à grands coups de subventions, et d’imaginer qu’on peut planifier l’économie d’en haut finit toujours par prendre le dessus.

Ce sont les libéraux qui perdent. Toujours. Parce qu’ils ont des arguments, pendant que les autres ont des slogans. Parce qu’ils ont des chiffres, pendant que les autres ont des pancartes. Parce qu’ils promettent du travail, pendant que les autres promettent des chèques.

Le retrait de Musk est donc plus qu’une simple décision personnelle. C’est le symbole d’une époque où la rationalité s’efface devant la facilité. Où les idées libérales sont plus nécessaires que jamais, mais où leur défense est un sport de combat dans un ring truqué. Et où, malheureusement, ceux qui veulent réduire l’État doivent toujours se battre contre ceux qui veulent l’utiliser comme distributeur automatique… avec notre argent.

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Ian Sénéchal
Ian Sénéchalhttps://votreconseiller.net
Ian Sénéchal possède un baccalauréat en actuariat de l'Université Laval. En 2011, il crée le site VotreConseiller.net, qui devient un cabinet de services financiers en 2015. En 2017, il publie le best seller D'Endetté à Millionnaire avec David Descoteaux. En 2021, il crée, avec Frank, les Productions Ian & Frank inc. qui donne naissance en 2024 au site PiluleRouge.ca.

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