Mercredi, février 11, 2026

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Quand la haine des hommes devient vertu publique : autopsie d’un féminisme devenu suprémaciste

Élizabeth Lemay : « La solitude masculine, une bonne nouvelle »

En société saine d’esprit, on jugerait inconcevable de se réjouir publiquement de la détresse d’un groupe humain. Pourtant, à Radio-Canada, l’autrice féministe Élizabeth Lemay a osé déclarer sans ciller que « la crise de la solitude masculine est une bonne nouvelle », y voyant « le signe de l’affranchissement des femmes ». Les hommes seuls, isolés, souffrants, sont pour elle un motif de jubilation, la preuve que les femmes se libèrent. Comment une telle déshumanisation décomplexée a-t-elle pu passer pour une analyse à l’antenne?

Lemay ne s’est pas arrêtée là. Dans cette même chronique ahurissante, elle brosse le portrait caricatural d’hommes esseulés qui, sous prétexte qu’ils n’ont plus de compagne, « se radicalisent en ligne, deviennent fascistes, insultent les femmes, fabriquent des deepfakes, [et] utilisent l’IA pour nous agresser ». Aux auditeurs éventuellement choqués par un tel procédé de généralisation haineuse, Lemay prévient d’emblée : « “Pas tous les hommes”? Si vous dites ça, vous êtes une partie du problème. ». Autrement dit, toute tentative de nuance ou de défense de l’individu face à l’amalgame est disqualifiée d’avance. Un tel mépris glacial pour la moitié de la population relève de l’idéologie fanatique : le mal, c’est les hommes.

Faut-il le rappeler : quiconque tiendrait de tels propos sur les femmes par exemple en qualifiant leur détresse de « bonne nouvelle » provoquerait un tollé immédiat. Mais lorsqu’il s’agit des hommes, la misandrie la plus flagrante bénéficie d’une indulgence coupable. Lemay déclare que « les hommes seuls ne méritent pas [son] empathie » et affirme qu’ils sont seuls parce qu’ils l’ont bien cherché : leur vision rétrograde du couple, leur refus d’évoluer et leur violence innée en seraient la cause. Elle va même jusqu’à dire que « les hommes sont seuls parce qu’ils ne cessent d’assassiner leur conjointe ». Comment prétendre favoriser la cohésion sociale en désignant un sexe entier comme menace mortelle?

Suzanne Zaccour : quand le steak devient sexiste

Sur un registre différent mais tout aussi extrémiste, la juriste et essayiste Suzanne Zaccour traque le patriarcat jusque dans nos assiettes. Son dernier essai s’intitule sans détour Pourquoi Trump ne mange pas de tofu?. Zaccour y soutient que la consommation de viande est intimement liée à la domination masculine. « La viande a un effet remasculinisant qui apaise l’égo des hommes fragilisés », avance-t-elle, en s’appuyant sur des études sociologiques. En somme, le bon vieux steak saignant serait le carburant privilégié du « macho » en mal de repères.

Ensuite, elle pousse le bouchon plus loin en établissant un parallèle entre les excuses servant à justifier la consommation de viande et celles invoquées pour excuser les violences sexuelles. « J’aime trop ça… c’est une pulsion » : ce registre de l’instinct irrépressible servirait autant à l’amateur de viande pour se dédouaner qu’au prédateur sexuel pour minimiser ses crimes, selon elle.

D’après Zaccour, les maux du spécisme et du sexisme obéissent à la même logique oppressive : la société conditionnerait les hommes à violenter les femmes tout comme les humains à exploiter les animaux.

La théorie de Zaccour oublie un détail : bon nombre de femmes se régalent aussi de viande sans pour autant se muer en suppôts du patriarcat. Son schéma explicatif universel vire à la bouffonnerie et insulte autant la raison que la gent féminine, réduite à l’éternelle victime ou à une conscience morale supérieure.

Une menace pour l’égalité et la cohésion sociale

Au-delà de leur absurdité, les diatribes de Zaccour et Lemay révèlent une idéologie sous-jacente ouvertement misandre et suprémaciste. Il s’agit de proclamer la supériorité morale d’un sexe sur l’autre, de légitimer la haine et le mépris envers les hommes en tant que groupe, sous couvert de « justice sociale » et de progrès.

Cette rhétorique sombre, qui dépeint les hommes comme un bloc monolithique d’oppresseurs irrécupérables, piétine les fondements de l’humanisme. L’égalité des droits et la dignité humaine impliquent de rejeter les généralisations haineuses, quelle qu’en soit la cible. En traitant la souffrance d’autrui comme une jubilation légitime, on trahit l’esprit même d’égalité et de fraternité.

Qui peut croire que ce féminisme-là serve la cause des femmes ? En attisant la guerre des sexes et en déshumanisant l’ » adversaire » masculin, ces militantes dévoyées sapent les bases mêmes du dialogue social et du respect mutuel.

Elles offrent aux anti-féministes la preuve qu’une « misandrie performative » anime certaines figures médiatiques, discréditant du même coup l’ensemble du mouvement féministe. Comment convaincre un jeune homme d’être solidaire des luttes féministes si on lui martèle qu’il appartient à une engeance violente indigne d’empathie? En réalité, cette quatrième vague du féminisme fait fausse route : à force de détester les hommes, elle finit par desservir tout le monde.

Les femmes ont tout à perdre à une croisade qui aliène leurs alliés naturels et transforme chaque relation en champ de bataille. Quant aux hommes, les accabler ne fera que les enfoncer davantage, au détriment de la société entière.

Il est temps de sonner l’alarme face à ces dérives. J’accuse ce pseudo-féminisme d’avoir renoncé à l’universalisme humaniste pour lui préférer la vengeance et l’essentialisation. Aucune cause juste ne se construit sur la déshumanisation de l’Autre.

Notre société libre et démocratique a tout à perdre si elle légitime la haine sous prétexte de vertu. Face à ces discours, il faut opposer une fin de non-recevoir sans appel : la misandrie n’est pas un progrès, mais un poison. Et comme tout poison, il menace de nous détruire, à commencer par celles et ceux qui le distillent.

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Samuel Rasmussen
Samuel Rasmussen
Samuel Rasmussen, alias Le Blond Modéré, est membre des Trois Afueras et collaborateur du podcast Ian & Frank. Titulaire d'une formation en relations internationales à l'Université de Sherbrooke, il s'intéresse particulièrement à la géopolitique, aux zones d'influence et aux différentes formes de pouvoir.

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