Mardi, mars 10, 2026

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Remplacement de Phoenix : Ottawa fait le point sur la transition vers Dayforce

Le sous-ministre délégué à Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC), Alex Benay, a tenu un point de presse le 5 mars 2026 au Théâtre national de la presse à Ottawa pour informer les journalistes de l’état d’avancement de la transition vers le nouveau système intégré de ressources humaines et de paye destiné à remplacer le tristement célèbre système Phoenix. Voici les principaux éléments annoncés.

Phoenix plus stable, mais toujours en vie

Dix ans après son lancement catastrophique, le système de paye Phoenix enregistre un taux d’exactitude de 98,8 % et son arriéré de dossiers est passé sous la barre des 100 000 cas — une première dans l’histoire du système, selon M. Benay. Le gouvernement projette ramener cet arriéré à environ 70 000 cas d’ici le printemps 2026.

Le sous-ministre délégué a toutefois rappelé que les erreurs de paye les plus fréquentes ne sont pas attribuables au système lui-même, mais à des données de ressources humaines incorrectes ou soumises en retard par les ministères. « Cela renforce la nécessité de solides pratiques en RH », a-t-il déclaré.

Dayforce configuré à 82 %, tests prévus en juin

La nouvelle plateforme Dayforce — solution infonuagique intégrée de gestion des RH et de la paye retenue par Ottawa pour succéder à Phoenix — a atteint 82 % de sa configuration finale. Les essais à l’échelle de l’entreprise (enterprise testing) sont prévus pour juin 2026.

M. Benay a souligné plusieurs indicateurs de progression : 50 % des ministères ont revu et standardisé leurs processus RH conformément aux exigences de Dayforce, plus de 200 processus ont été normalisés sur la plateforme, et la préparation des données est complète à 80 % — une hausse de 50 points de pourcentage depuis la mise à jour d’octobre 2025.

Les trois ministères dits « Vanguard » — SPAC, Services partagés Canada et la Commission canadienne de sûreté nucléaire — agiront comme sites pilotes pour le déploiement initial de Dayforce. Quelque 70 % de leurs 19 000 cas prioritaires ont déjà été traités, conformément aux objectifs fixés pour juin prochain.

Transparence promise sur les tests

M. Benay a pris un engagement public en matière de transparence : chaque test de roulement de paye effectué sur Dayforce, ainsi que ses résultats, seront rendus publics. « Lorsqu’on va commencer à faire nos tests de Dayforce au mois de juin, vous allez pouvoir voir chaque test qu’on fait et les résultats de chaque test que nous allons faire », a-t-il déclaré.

Consolidation des systèmes RH : des retards reconnus

En parallèle, le gouvernement poursuit la consolidation des multiples systèmes de ressources humaines en usage à travers les ministères fédéraux. Trois organisations ont complété ce processus à ce jour. Dix autres devraient y parvenir d’ici la fin de juin 2026, et huit ministères supplémentaires d’ici décembre 2026.

M. Benay a reconnu ouvertement que cette composante du projet a pris du retard par rapport aux objectifs initiaux et qu’il faut « faire mieux ».

Deux projets pilotes pour repenser le modèle de service

Depuis janvier 2026, le gouvernement teste deux nouveaux modèles de prestation de services en matière de RH et de paye, en anticipation du déploiement de Dayforce.

Le premier, appelé accès direct, permet aux employés de dix ministères — dont Affaires mondiales Canada, l’École de la fonction publique du Canada et le Secrétariat du Conseil du Trésor — de contacter directement des conseillers en rémunération spécialisés, sans passer par les canaux habituels. Les premiers retours sont décrits comme positifs.

Le second modèle, la redistribution, consiste à réintégrer des conseillers en rémunération directement au sein des directions des ressources humaines des ministères, en commençant par SPAC et Services partagés Canada. L’objectif est de déterminer si ce modèle décentralisé améliore la qualité du service et réduit les délais de traitement.

« Nous voulons avoir de vraies données pour prendre des décisions, pas de beaux PowerPoints », a résumé M. Benay. Les résultats des deux projets pilotes seront rendus publics lors de la prochaine mise à jour prévue en juin 2026.

Suppressions de postes et indemnités de départ : inquiétudes sur le terrain

Dans le contexte des réductions d’effectifs au sein de la fonction publique fédérale, des journalistes ont interrogé M. Benay sur la capacité du Centre des services de paye à traiter les indemnités de départ et les paquets de retraite anticipée en temps voulu.

Le sous-ministre délégué a indiqué qu’un service spécialisé — qualifié de service aux « gants blancs » — a été créé au sein du Centre des services de paye pour traiter exclusivement ces dossiers. Des scripts d’automatisation sont également en cours de développement pour accélérer le traitement, tout en maintenant une révision humaine obligatoire.

Interrogé sur la sérénité avec laquelle les fonctionnaires devraient accueillir ces nouvelles, M. Benay n’a pas esquivé la question. « Ils ont raison d’être inquiets », a-t-il déclaré, en reconnaissant le bilan de Phoenix. Il a cependant affirmé croire en la capacité du service dédié à gérer le volume.

Quant aux coupures potentielles au Centre des services de paye lui-même, M. Benay a indiqué qu’il n’y a aucune réduction planifiée à ce stade : « Tout le monde est à plein régime en ce moment. »

Retour sur dix ans de Phoenix

À l’occasion du 10e anniversaire du lancement de Phoenix, M. Benay a livré une réflexion sur les leçons tirées du passé. Il a rappelé que la décision, prise dans les années 2000, de fédérer les fonctions RH dans plus de 100 organisations tout en centralisant la paye à SPAC, avait créé une fragmentation problématique. La situation a été aggravée, selon lui, par le choix ultérieur de découpler une plateforme intégrée RH–paye pour n’en déployer que le volet paye — une décision qui a directement contribué aux défaillances de Phoenix.

« Le problème n’était pas uniquement technologique. C’est pourquoi la transition vers Dayforce ne se fera pas du jour au lendemain », a-t-il insisté, en précisant que 3 000 fonctionnaires ont été consultés dans la dernière année pour façonner la nouvelle plateforme.

Ce qui vient ensuite

La prochaine étape déterminante est le lancement des essais de Dayforce en juin 2026. Ces résultats guideront la décision, attendue à l’hiver 2026–2027, de procéder ou non au déploiement à grande échelle de la plateforme dans l’ensemble de la fonction publique fédérale, qui compte environ 430 000 fonctionnaires actuels et anciens.​

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Maxym Perron-Tellier
Maxym Perron-Tellier
Maxym Perron-Tellier est journaliste pour PiluleRouge.ca. Passionné de politique depuis plus de dix ans, il s'est impliqué à plusieurs reprises sur la scène provinciale. Entrepreneur en informatique, il allie rigueur journalistique et regard critique sur l’actualité. Son approche analytique et son sens de l’humour apportent une perspective unique aux sujets qu’il couvre.

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