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Un autre possible scandale financier à Ottawa

Le député conservateur de Montmorency—Charlevoix, Gabriel Hardy, monte de nouveau au front pour dénoncer ce qu’il considère comme une utilisation douteuse des fonds publics par le gouvernement fédéral. Cette fois, le parlementaire cible directement les investissements liés au futur développement de plateformes canadiennes de lancement spatial près de Canso, en Nouvelle-Écosse. Selon lui, derrière les ambitions affichées par Ottawa pour l’industrie aérospatiale se cacherait un montage financier difficile à justifier auprès des contribuables.

Lors d’une récente intervention publique, Gabriel Hardy a vivement critiqué les coûts associés au projet de site de lancement spatial lié à l’entreprise Maritime Launch Services. Le député conservateur remet particulièrement en question une entente de location qui permettrait, selon lui, à l’entreprise de réaliser des profits considérables à partir d’un terrain qui ne lui appartient même pas.

« Un chemin de gravier, deux conteneurs maritimes, une dalle de béton de 25 par 35 à 200 millions ? Se doter de plateformes de lancement pour satellites est important pour le Canada. Mais utiliser ce prétexte pour dépenser sans compter et potentiellement enrichir des amis bien connectés n’est pas acceptable ! À ce prix-là, les réponses ne sont pas optionnelles ! », a-t-il déclaré.

Le député conservateur soutient que l’entreprise louerait actuellement le terrain au gouvernement provincial pour environ 13 500 dollars par année avant de le relouer au gouvernement fédéral pour près de 20 millions de dollars annuellement. « Pensez-y là, pendant 10 ans, 200 millions de dollars », a lancé Gabriel Hardy, visiblement outré par la situation.

Pertes financières

Selon lui, les états financiers publics de Maritime Launch Services soulèvent également plusieurs interrogations. Il affirme qu’en 2025, l’entreprise n’aurait généré que 14 900 dollars de revenus, tout en enregistrant des pertes de 47 millions de dollars. Toujours selon les chiffres qu’il cite, l’encaisse disponible de la société se limiterait à environ 70 000 dollars.

« Ça, ces faits-là, c’est public, pis je pense que c’est ça qui attire l’attention sur ces questions », a soutenu le député conservateur. Il ajoute que les propres vérificateurs financiers de l’entreprise auraient eux-mêmes soulevé des inquiétudes concernant sa viabilité financière à long terme. « Il existe une incertitude importante quant à la capacité financière de la société de poursuivre son exploitation », auraient notamment écrit les auditeurs de la société dans leurs observations financières.

Manque de transparence

Gabriel Hardy estime que ces éléments devraient pousser Ottawa à davantage de transparence avant d’aller plus loin dans le financement du projet spatial canadien. Il accuse également le gouvernement fédéral de vouloir limiter les débats parlementaires entourant ce dossier. « Les questions sont sérieuses, les questions méritent des réponses, pis, nos citoyens qui payent les taxes et impôts pis qui voient le gouvernement dépenser leur argent dans des projets comme ça qui coûtent 200 millions $ pour un terrain de camping, ils doivent avoir des réponses », a-t-il affirmé.

C-28

Le dossier s’inscrit dans le contexte du projet de loi C-28, déposé au printemps 2026 par le gouvernement fédéral. Cette nouvelle législation vise à créer le premier cadre juridique canadien encadrant les lancements spatiaux commerciaux. Ottawa affirme ainsi vouloir permettre au Canada de développer une véritable capacité nationale de lancement de satellites et de fusées, dans un contexte mondial où plusieurs puissances investissent massivement dans l’économie spatiale.

Le projet de loi prévoit notamment des mécanismes d’autorisation, des normes de sécurité ainsi que des exigences financières pour les entreprises souhaitant exploiter des sites de lancement au Canada. Le gouvernement soutient également que cette nouvelle industrie pourrait générer des retombées économiques importantes et stimuler le secteur aérospatial canadien, particulièrement au Québec.

Malgré ces ambitions, plusieurs critiques émergent déjà autour des coûts potentiels du projet, des impacts environnementaux et des risques financiers associés à certains partenaires privés. Pour Gabriel Hardy, les contribuables canadiens méritent d’obtenir davantage d’explications avant que des centaines de millions de dollars soient engagés dans ce type d’infrastructure.

Précisons toutefois que le projet de loi C-28 poursuit actuellement son cheminement parlementaire à la Chambre des communes puisqu’il n’a toujours pas été officiellement adopté.

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