La députée de Rimouski et seule élue du Parti conservateur du Québec (PCQ) à l’Assemblée nationale, Maïté Blanchette Vézina, a tenu un point de presse le 5 mai 2026 afin d’annoncer le dépôt d’une motion visant à défendre la liberté d’expression et à condamner toute forme d’intimidation ou de censure dans l’espace public québécois.
Une motion aux contours larges
La motion déposée par la députée demande à l’Assemblée nationale de rappeler que « la liberté d’expression constitue un pilier fondamental de notre démocratie », de constater « la montée d’un climat d’intolérance alimenté par certains courants idéologiques radicaux » et de dénoncer « toute forme d’intimidation, de discrimination ou de pression » exercée contre des entreprises ou des individus en raison des idées qu’ils diffusent. La motion réaffirme également que le débat d’idées doit se tenir « dans le respect des individus, sans discrimination et sans recours à la censure ou à la coercition, tel qu’encadré par la Charte des droits et libertés de la personne ».
Interrogée sur l’absence de référence explicite au « wokisme » dans le libellé, contrairement à ses déclarations orales, Mme Blanchette Vézina a soutenu vouloir « s’élever au-dessus de la mêlée » en traitant la liberté d’expression comme un enjeu démocratique transpartisan. Elle a néanmoins précisé que les incidents déclencheurs des derniers jours impliquaient « clairement des groupes de gauche qui tentaient d’atteindre aux idées de droite ».
Deux incidents en toile de fond
Le point de presse a été convoqué dans la foulée de deux événements survenus au cours des semaines précédentes. Le premier concerne la tentative d’annulation du livre Destination Autonomie du chef du PCQ Éric Duhaime, publié aux éditions LibreMédia. Le second vise l’annulation d’une projection du documentaire Génération trans de Jean-Pierre Roy au Cinéma Quartier, dans la Capitale-Nationale, sous la pression de groupes militants.
La voix d’un éditeur invité
Jérôme Blanchet-Gravel, auteur et rédacteur en chef des éditions LibreMédia — la maison qui publie le livre d’Éric Duhaime —, a pris la parole aux côtés de la députée. Il a soutenu que « la liberté d’expression se porte extrêmement mal au Québec » et a déploré que les médias financés par des fonds publics contribueraient au « verrouillage du débat public » en marginalisant les voix dissidentes. M. Blanchet-Gravel a également salué l’intervention du chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, qui avait pris position en faveur de la librairie La Liberté lors de la controverse.
Conservatisme progressiste et rentrée parlementaire
Mme Blanchette Vézina a aussi profité du point de presse pour préciser sa vision d’un « conservatisme progressiste » : conservateur sur le plan fiscal et économique — notamment en faveur de l’abolition de la taxe carbone et de l’introduction du privé en santé —, tout en maintenant des positions progressistes sur des enjeux comme l’égalité hommes-femmes et le droit à l’avortement. Elle a souligné que le PCQ ne souhaite pas importer le modèle des républicains américains, axé sur la religion, mais défend plutôt un conservatisme économique assumé.
Sur la question de la Constitution du Québec, la députée a dit appuyer le projet gouvernemental tout en s’opposant à l’utilisation d’une procédure d’exception parlementaire — le bâillon — pour en accélérer l’adoption, estimant que le processus ne devrait pas être précipité.
La ligne à ne pas franchir
Un journaliste a demandé à la députée comment elle conciliait sa défense de la liberté d’expression avec une manifestation récente où une effigie du ministre Boulay avait été représentée guillotinée. Mme Blanchette Vézina a condamné le geste sans équivoque, affirmant qu’« une tête coupée envoie un message violent qui encourage à la haine » et que la Cour suprême a déjà établi que certaines formes d’expression peuvent faire l’objet de restrictions légales.

