Il s’est passé quelque chose de très révélateur dernièrement à l’Assemblée nationale.
Alexa Lavoie, du média alternatif Rebel News, se présente pour une entrevue avec Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti Québécois et potentiel futur premier ministre du Québec.
On parle ici d’une invitation officielle, dans les règles de l’art.
Et pourtant, elle se fait bloquer, non par la sécurité, mais par la Tribune de la presse.
Autrement dit, des journalistes. Ceux-là mêmes qui prétendent défendre la liberté d’informer.
Pendant près d’une heure, on tente de l’empêcher d’entrer.
Pourquoi? Parce qu’elle ne fait pas partie de la « bonne » gang.
Puis l’entrevue sort.
Et là, la réaction est immédiate.
Les médias traditionnels s’indignent.
Radio-Canada ouvre le bal. D’autres suivent.
Le Conseil de presse du Québec s’en mêle.
Même discours partout :
Ce n’est pas un vrai média.
C’est biaisé.
C’est de l’activisme.
Pendant ce temps, Alexa Lavoie reçoit des menaces de mort et des messages haineux.
Pour avoir fait… une entrevue.
Laissez-moi vous dire quelque chose : cette crise-là n’a rien à voir avec Rebel News.
Elle a tout à voir avec la peur.
Les médias traditionnels ne sont pas en colère.
Ils sont en perte de contrôle.
Depuis des années, ils occupaient un monopole implicite sur l’information.
Ils décidaient de ce qui mérite d’exister.
Et surtout, de ce qui doit être ignoré.
Mais ce modèle s’effondre.
Aujourd’hui, des médias alternatifs comme Rebel News prennent de plus en plus de place.
Sans subventions.
Strictement aucun argent public.
Contrairement à CBC/Radio-Canada, qui reçoit environ 1,4 milliard de dollars par année du gouvernement fédéral.
Et malgré ça?
Leurs cotes d’écoute sont en chute libre.
La confiance du public n’a jamais été aussi basse.
Alors quand un média indépendant réussit à obtenir une entrevue avec un chef politique majeur…
Ça déclenche une crise.
Pas parce que c’est grave.
Mais parce que ça prouve une chose : ils ne sont plus indispensables.
On accuse Rebel News d’être biaisé. Très bien.
Mais au moins, ils ne s’en cachent pas.
Leur ligne est claire, visible et assumée.
Peut-on en dire autant de CBC/Radio-Canada? De Québecor Média? Des principaux médias écrits?
Qui prétendent être neutres, objectifs, indépendants…
Tout en affichant, année après année, des angles éditoriaux remarquablement prévisibles?
La réalité, c’est que le problème n’est pas le biais.
Le problème, c’est le mensonge sur le biais. L’hypocrisie évidente des médias traditionnels.
Et c’est exactement pour ça que la confiance s’effondre.
Pas à cause de Rebel News.
À cause d’eux.
Par leur propre faute.
S’ils croyaient vraiment que ces médias alternatifs étaient insignifiants, ils les ignoreraient.
Mais ils ne le peuvent pas.
Parce qu’au fond, ils savent.
Ils savent que quelque chose est en train de basculer.
Et leur réaction est à la hauteur de cette peur :
Bloquer l’accès.
Discréditer.
Délégitimer.
Mais, mauvaise nouvelle pour eux : Ça ne fonctionne plus.
Ce qu’on a vu cette semaine, ce n’est pas un scandale médiatique.
C’est le symptôme d’un système qui perd son emprise.
Un système qui survit encore grâce à l’argent public… mais plus grâce à la confiance du public.
Et pendant qu’ils s’acharnent à décider qui a le droit de poser des questions…
Le public, lui, a déjà commencé à aller chercher ses réponses ailleurs.


