La circonscription de Chicoutimi a basculé dans le camp péquiste ce lundi 23 février 2026. Marie-Karlynn Laflamme l’emporte avec une avance de 2 976 voix, envoyant un message aux formations politiques à quelques mois des élections générales.
Avec 45,35 % des suffrages (6 999 votes), la candidate du Parti Québécois (PQ) a devancé ses adversaires. Ce résultat confirme la remontée du PQ dans ses anciens bastions, mais souligne surtout l’effondrement de la Coalition Avenir Québec (CAQ), reléguée au troisième rang, et la montée du Parti conservateur du Québec (PCQ) comme principal challenger.
Sommaire des résultats officiels (22h02)
| Personne candidate | Appartenance politique | Votes | Pourcentage |
| Marie-Karlynn Laflamme | Parti Québécois | 6 999 | 45,35 % |
| Catherine Morissette | Parti conservateur du Québec | 4 023 | 26,07 % |
| Francis Tremblay | Coalition Avenir Québec – EFL | 1 848 | 11,97 % |
| Tricia Murray | Parti libéral du Québec | 1 409 | 9,13 % |
| Jeanne Palardy | Québec solidaire | 862 | 5,59 % |
| Olivier Dion | Climat Québec | 223 | 1,44 % |
| François Sabourin | Parti populaire du Québec | 69 | 0,45 % |
Une participation anémique qui en dit long
Le scrutin a été marqué par un taux de participation de 34,22 %, un chiffre sous la moyenne habituelle des élections partielles au Québec (généralement située entre 40 % et 45 %).
Sur les 45 778 électeurs inscrits, seuls 15 663 ont exercé leur droit de vote. Ce désintérêt suggère une démobilisation, particulièrement chez les partisans du gouvernement sortant qui choisissent de « bouder » leur parti plutôt que de migrer ailleurs. À cela s’ajoute un possible désintérêt lié au calendrier : la nouvelle élue ne siègera que pour quelques mois avant la dissolution de l’Assemblée nationale.
Un avertissement pour les générales de 2026
Après la partielle d’Arthabaska en août 2025, ce scrutin agit comme un second laboratoire pour l’élection générale prévue cet automne. Trois tendances majeures s’en dégagent :
- L’effritement du rempart caquiste : En chutant à 11,97 % dans un comté qu’elle détenait, la CAQ subit un revers majeur. Le parti paie l’usure du pouvoir, mais aussi l’incertitude liée à la course à la chefferie en cours pour succéder à François Legault. Ce score indique que le discours gouvernemental peine à résonner dans les régions ressources, autrefois le socle de sa majorité.
- Le PCQ s’installe comme alternative : La performance de Catherine Morissette (26,07 %) confirme que le parti d’Éric Duhaime n’est plus un phénomène marginal, mais une véritable alternative de droite en région.
- Le renouveau libéral en attente : Malgré la nomination récente d’un nouveau chef au PLQ, l’effet de relance ne s’est pas encore matérialisé dans les urnes, Tricia Murray récoltant 9,13 % des voix.
- La consolidation du PQ : Pour le chef péquiste, cette victoire à Chicoutimi prouve que la formation peut transformer ses gains dans les sondages en sièges réels à l’Assemblée nationale.
La nuance du « vote sécuritaire »
Toutefois, l’histoire électorale québécoise démontre que les gains en élection partielle ne se traduisent pas systématiquement par un succès lors d’un scrutin général. En partielle, le vote péquiste est souvent perçu comme un « vote libéré », où l’enjeu d’un référendum sur la souveraineté n’entre pas dans l’équation immédiate des électeurs. À l’inverse, lors d’une élection générale, le retour du projet souverainiste au centre de la campagne peut réactiver des réserves chez l’électorat modéré, une dynamique qui a historiquement limité la progression du parti, comme lors du scrutin de 2014.
Données techniques du scrutin
- Bulletins valides : 15 433 (98,53 %)
- Bulletins rejetés : 230 (1,47 %)
- Bureaux de vote : 142/142 (100 %)
Lundi, la circonscription de Chicoutimi n’a pas seulement élu une nouvelle députée ; elle a redessiné la carte des attentes. Le prochain test sera de voir si les nouveaux leaderships à la CAQ et au PLQ, ainsi que la poussée confirmée du PCQ, parviendront à freiner cette tendance péquiste avant le grand rendez-vous d’octobre 2026.


