Vendredi, avril 3, 2026

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Donald Trump : De l’isolationnisme au faucon néoconservateur ?

La politique étrangère de Trump a fait un virage vers le néoconservatisme. Lors de son premier mandat, le président Trump ne voulait plus que son pays intervienne dans des conflits à l’étranger. Mais, il est maintenant devenu un faucon qui veut renverser le régime islamique iranien. Comment expliquer le virage drastique du leader républicain? Je me suis entretenu avec un expert de la politique américaine, Donald Cuccioletta.

Simon Leduc : Comment décrivez-vous la politique étrangère du président Trump lors de son premier mandat?

Donald Cuccioletta : « De 2017 à 2021, Donald Trump s’est vraiment concentré sur la politique intérieure, surtout l’économie. Le leader républicain désirait que son pays arrête d’être la police du monde et d’intervenir dans des conflits lointains. Il a tenté un rapprochement avec le leader de la Corée du Nord. Il fut le premier président à le rencontrer depuis la Guerre de Corée. De plus, M. Trump ne voulait plus que son pays paie pour la défense de ses alliés canadiens et européens. Aucun conflit militaire n’a eu lieu durant son premier mandat. C’est un phénomène très rare dans l’histoire américaine. En matière de politique extérieure, le président républicain était un modéré contrairement aux néoconservateurs qui sont des faucons. On a pu les voir à l’œuvre lors de la présidence de George W. Bush de 2001 à 2009.

De plus, le président avait un œil sur le régime communiste chinois durant son premier terme et il a tenté un rapprochement avec le président russe Vladimir Poutine.

Le président Trump s’est inspiré de la fermeté de Ronald Reagan dans sa gouvernance. Trump considère M. Reagan comme un grand président qui a redonné de la force et du prestige à l’Amérique après la période sombre des années 70. Il tente de faire la même chose aujourd’hui : « Make America Great Again. »

Comment expliquer le virage va-en-guerre du président Trump lors de son mandat actuel?

Donald Cuccioletta : « Je pense que le président Trump est influencé par la frange néoconservatrice du Grand Old Party. Cette dernière estime que l’Amérique doit intervenir à l’étranger pour renverser des régimes qui représentent une menace aux valeurs américaines et tenter d’implanter des régimes pro-démocraties. On a pu le voir lors de la Guerre en Irak de 2003. L’administration Bush a décidé de renverser le régime de Saddam Hussein à cause de la présence d’armes de destruction massive en sol irakien. Les États-Unis ont tenté de mettre en place un régime démocratique après la chute de l’ancien régime. On peut observer que le président Trump veut faire la même chose en Iran. C’est-à-dire de renverser le régime des Mollahs et d’en instaurer un nouveau qui serait un allié des États-Unis dans cette région. Donald Trump est très proche du leader israélien. Je pense que Benjamin Netanyahou a mis de la pression sur le président américain pour que les Américains interviennent en Iran et qu’ils contribuent au renversement du régime islamiste. Les États-Unis ont attaqué le régime des Mollahs pour aider son précieux allié israélien.

Je ne sais pas que ces derniers vont réussir à se débarrasser de la République islamique. J’estime que le président Trump pourrait se retirer de ce conflit s’il constate que la chute du régime iranien n’est pas imminente.  Les Américains risquent de demander aux Israéliens de poursuivre eux-mêmes les combats. Il faut savoir qu’une majorité de la population s’oppose fortement à cette guerre. Les Américains pensent que leur pays n’a pas d’affaire à intervenir dans un conflit lointain qui ne les concerne pas. Le peuple américain veut que son président  se concentre sur les affaires internes au lieu de jouer à la police à l’étranger. Cela risque de pousser le président Trump à se retirer de conflit qui pourrait devenir un bourbier. Cette guerre pourrait coûter aux Républicains le contrôle des deux chambres du Congrès lors des élections de mi-mandat de novembre prochain. Donc, le président cherche une porte de sortie.

D’autre part, les forces armées américaines ont capturé le président du Venezuela Nicolas Maduro pour que ce pays soit beaucoup moins hostile aux États-Unis. Trump est devenu un faucon qui n’a pas peur que son pays intervienne à l’étranger. Mais, sa position pourrait changer à cause de l’impopularité de sa nouvelle vision en matière de politique étrangère. »

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Simon Leduc
Simon Leduc
Titulaire d'un Baccalauréat en science politique a l'Université de Montréal. Il est chroniqueur et journaliste pour Libre Média, le Podcast Ian et Frank et de Québec Nouvelles. Vous pouvez le suivre sur Facebook.

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